Auteur/autrice : Solenn

[Roman] Le temps n’efface rien – Stephen Orr

La vie est douce et paisible dans la petite ville australienne de Croydon, où vit Henry, même si les disputes entre ses parents et les coups d’éclat de sa mère dépressive deviennent de plus en plus fréquents. Objet de moqueries  à cause de son pied bot, Henry est un garçon solitaire qui se réfugie souvent dans la lecture, et sa voisine, Janice, ainsi que son frère Gavin et sa soeur Anna, sont ses seuls amis. Le jour de la fête nationale, Henry refuse de les accompagner à la plage. Janice, Gavin et Anna ne reviendront jamais de leur expédition.

Ce roman est inspiré d’un fait-divers qui a bouleversé l’Australie des années 60, la disparition des enfants Beaumont,  et qui n’a jamais été élucidé. Et c’est peut être pour éviter le piège du voyeurisme que Stephen Orr a choisi de peindre d’abord en détails la petite ville australienne où a eu lieu le drame.

La première moitié du roman est donc amplement consacrée à décrire une société métissée où se mêlent natifs du pays et immigrés européens, les petites histoires de chacun, les anecdotes de voisinage, l’entraide et les conflits du quotidien, les jeux des enfants. Une vie presque banale que viendra bouleverser à tout jamais la disparition des enfants Riley. Cette mise en place souffre de quelques longueurs (sans doute parce que le lecteur connaît déjà l’issue du livre) et est alourdie par certaines histoires secondaires. Mais elle permet de mieux découvrir le personnage attendrissant de Henry, handicapé par son pied bot et devant subir au quotidien les humeurs changeantes d’une mère lunatique. Le portrait qu’il dresse de son père, policier et héros ordinaire, est très touchant.

L’évènement majeur, la disparition des enfants Riley, n’intervient finalement qu’au milieu du roman. Commence alors l’enquête, les fausses pistes et les questions sans réponses, l’attente et le chagrin. Au bout du chemin, le monde ne sera plus jamais le même et bien au delà du fait divers, ce roman raconte la fin d’une époque, celle où l’on laissait les enfants vagabonder à leur guise et où les portes des maisons restaient toujours ouvertes.  Le feu rouge qui viendra remplacer le dévoué Gino et sa guérite à côté de la voie de chemin de fer à la fin du livre est lui aussi tout un symbole de cette époque qui s’achève… Le temps n’efface rien est un récit bouleversant et empreint d’une enivrante nostalgie, un roman que l’on referme à regret, le cœur serré et les larmes aux yeux.

Editions Presses de la cité, 586 pages/

Lu dans le cadre de l’opération Rentrée Littéraire du site Entrée Livre.
3ème chronique pour le challenge 1% Rentrée Littéraire

Donnez votre voix pour la 3ème édition du livre audiosolidaire

Je l’ai déjà évoqué ici je crois, mon petit frère est non-voyant. Il n’est pas aveugle de naissance, et il aimait beaucoup lire avant de perdre la vue. Ne plus pouvoir le faire a été difficile à accepter pour lui, mais heureusement il a  pu se tourner vers le livre audio. Il a retrouvé le plaisir de lire, d’une façon différente certes, mais l’essentiel est là, avoir accès à des histoires qui lui permettent de ressentir des émotions, de rire, de s’évader. Je suis donc particulièrement sensible à l’opération lancée par l’association Valentin  Haüy, la 3ème édition du livre AudioSolidaire, qui a pour objectif de  sensibiliser le grand public au handicap visuel.

L’Association Valentin Haüy, au service des aveugles et des malvoyants, défend le droit d’accès à la culture pour tous. En France, 1,3 million de personnes sont aveugles ou très malvoyantes. Depuis plus de 120 ans l’Association Valentin Haüy (reconnue d’utilité publique) lutte avec et pour les personnes déficientes visuelles pour le développement de leur autonomie au quotidien.

Du 1er au 31 octobre 2012,   vous êtes invités  à « donner » votre voix pour les personnes aveugles ou malvoyantes à travers l’enregistrement d’un extrait du roman La délicatesse de David Foenkinos.

Il suffit de se connecter sur http://audiosolidaire.avh.asso.fr, de choisir parmi les quelques extraits proposés (très courts) et de s’enregistrer. Je me suis prêté au jeu et c’est vraiment très facile!  J’ai pris le temps de choisir l’extrait qui me convenait le mieux, je l’ai lu à haute voix plusieurs fois, et je me suis lancée. Si vous n’êtes pas satisfait, pas de souci, on efface tout et on recommence: J’ai du moi même m’y reprendre  à plusieurs fois jusqu’à ce que l’enregistrement me convienne, mais j’ai beaucoup aimé ce petit exercice… L’association souhaiterait atteindre les 1000 participations et a donc besoin de vous!

Et petite motivation supplémentaire, sachez que l’association offrira un livre dédicacé par David Foenkinos tous les 100 participants.

[Témoignage] C’est qui Catherine Deneuve? Dominique Resh

Dominique Resh décrit ici son quotidien de prof dans les quartiers nord de Marseille, dans un lycée professionnel réputé « difficile ». Il raconte avec humour comment en vieux briscard de l’enseignement il a appris au fil des années à désamorcer les situations périlleuses, et sans édulcorer les choses, il livre un témoignage plutôt positif dans lequel il met souvent en valeur ses élèves, leur répartie, leur imagination et leur faculté à inventer leur propre langage.  C’est qui Catherine Deneuve ? est un télescopage entre deux univers, et celui qui apprend le plus de cette confrontation n’est pas toujours celui que l’on croit… Dans le sillage d’ Entre les murs de Begaudeau, le sujet de ce livre n’est pas très original, et j’ai parfois été agacée par les digressions de l’auteur (sur les moustiques, le GPS…) mais j’ai été touchée par la tendresse de ce prof pour ses élèves. Une lecture sympathique.

Editions Autrement, Rentrée Littéraire 2012, 184 pages/

Lu dans le cadre de l’opération Rentrée Littéraire du site Entrée Livre
Challenge 1% rentrée littéraire et Challenge Petit Bac (Catégorie Personne connue)

Je peux faire voyager ce livre, si vous êtes intéressés signalez le moi dans les commentaires (offre réservée aux blogueurs ou aux lecteurs que je connais déjà).

[Roman YA] Divergent – Veronica Roth

A 16 ans Béatrice et son frère Caleb doivent désormais choisir la faction à laquelle ils appartiendront pour le reste de leur vie. Rejoindront-ils les  Sincères, les  Audacieux, les  Altruistes, les Fraternels ou les Erudits?  Elevée chez les Altruistes, qui sont entièrement dévoués aux autres, Béatrice ne peut pourtant s’empêcher d’admirer les Audacieux, chargés de protéger la société. Mais le test d’aptitudes qui doit l’aider à faire son choix indique qu’elle est “divergente”, et qu’elle pourrait appartenir à 3 factions différentes. Une information qu’elle doit absolument cacher car cela la met en danger.

Ce premier tome se concentre surtout sur la formation de “Tris” au sein de la tribu qu’elle a finalement choisie, ainsi que sur les tensions qui montent entre les différentes factions, et qui menacent l’équilibre de la société.  Ce volume est bouillonnant et accrocheur, et une fois lancée dans ma lecture, j’ai eu du mal à poser permanent penis enlargement mon livre. Il y a quelques bonnes trouvailles en ce qui concerne l’organisation de cette société post-apocalyptique, des choix osés qui rythment le récit et en relancent régulièrement l’intérêt (pas mal de personnages secondaires disparaissent en cours de route dans des circonstances assez violentes). Alors évidemment avec l’avalanche de dystopie dans les librairies ces derniers mois, certains points – la personnalité de l’héroïne ou l’inévitable histoire d’amour – apparaissent un peu prévisibles et caricaturaux. Mais l’auteur a posé assez de jalons et ouvert assez de pistes pour me donner vraiment envie de lire le prochain tome. J’aimerais surtout savoir ce qu’il y a au-delà de la clôture gardé par les audacieux… Le tome 2 paraîtra en novembre.

Divergent de Veronica Roth, 436 pages, éditions Nathan (collection Blast)/

Lu aussi par Theoma, Hérisson, Mya, Karine, Clarabel
Un livre gagné chez Jess, merci!