Auteur/autrice : Solenn

[Album] Les oiseaux d’Hamina – Elizabeth Senechal et Veronique Abt

Il y a très longtemps de cela, existait au-delà des vastes océans un royaume merveilleux au parfum de jasmin. On raconte qu’un roi, qu’on appelait le bon maharadja l’avait construit de ses mains. Il paraît que ce roi avait planté mille arbres et tracé lui-même le lit des rivières. On dit aussi qu’il avait dessiné des jardins si beaux, qu’ils étaient devenus le paradis des oiseaux…

Mais quand le fils désœuvré du maharadja accède au pouvoir à la mort de son père, il chasse tous les oiseaux jusqu’au dernier, et le royaume ne compte plus que des limaces et des escargots, des mouches et des moustiques, des rats et des mulots. Bien des années plus tard, seuls le maharadja devenu vieux et la grand-mère d’Haminâ, la marchande de couleurs, se souviennent encore des oiseaux. Tous les soirs, Haminâ écoute sa grand-mère lui décrire le petit rikiki au plumage gris, le perroquet multicolore qui play free online pokies crie très fort ou l’aigle royal, et elle les dessine sur le trottoir. Un jour le maharadja, qui a compris son erreur, aperçoit les dessins de la jeune fille et se prend à espérer: Haminâ aurait t-elle le coeur assez pur pour  faire revenir les oiseaux?

“Les oiseaux d’Haminâ” est un album dans la lignée des grands contes orientaux. Un paradis disparu, des paysages extraordinaires peuplés d’animaux, un vieux maharadja et une jeune fille au cœur pur, un peu de magie, tous les ingrédients sont là pour nous faire voyager et rêver… C’est un album exotique et enchanteur qui initie le petit lecteur au respect de la nature. Mais ce que j’ai particulièrement aimé dans cet ouvrage, ce sont les magnifiques illustrations au pastel, colorées et chaleureuses!

A contresens éditions, 2011, 14€

Lu dans le cadre de l’opération Masse Critique de Babelio

“Le pacte des vierges” de Vanessa Schneider

Pour écrire Le pacte des vierges, Vanessa Schneider s’est inspiré d’un fait divers survenu en 2008 dans l’Amérique profonde. 17 adolescentes de Gloucester, un patelin du Massachusetts, fréquentant le même établissement scolaire, étaient tombées enceintes suite à un « pacte ».  Quatre d’entre elles, Lana, Cindy, Kylie et Sue, acceptent de se confier à une romancière française. A travers leurs témoignages croisés on découvre comment elles en sont arrivées à mettre en place ce projet fou et absurde.

Au fil des pages la romancière et son lecteur essayent d’assembler les pièces du puzzle. Toutes âgées de moins de 16 ans, ces jeunes filles ont déjà tout vu, tout vécu. La majorité d’entre elles ont grandi avec un entourage familial défaillant, des parents démissionnaires qui n’assument plus leur rôle, absents, en prison, alcooliques, ou accro aux médicaments (Cochez la case correspondante à votre situation). Ou au contraire pour Sue, des parents puritains, exigeants et étouffants. Ajoutez à ça l’oisiveté, et la précarité dans une petite ville frappée de plein fouet par le chômage. Un terreau plus que favorable pour que des jeunes filles influençables, livrées à elles-mêmes, se laissent convaincre par ce projet dément imaginé par la meneuse de la bande, Lana.

J’ai été à la fois consternée par la folle décision de ces gamines, et émue par leur fragilité et leur naïveté. Ces quatre adolescentes brandissent leur grossesse comme un étendard, elles pensent avoir trouvé là l’opportunité de changer de vie : Elles vont élever leurs enfants ensemble, se créer une nouvelle famille, de nouveaux repères. Faire mieux que leurs parents.  Il y a tellement d’espoir dans ces grossesses, l’espoir d’un lien indéfectible que rien ne pourra briser, l’espoir de ne plus jamais être seules. Au fur et à mesure que leurs grossesses avancent, elles comprendront malheureusement que les choses ne sont pas aussi simples.

Cette histoire est effrayante, fascinante, mais le roman ne parvient pas à transcender le fait divers. En sait on vraiment plus quand on tourne la dernière page ? Les caractères manquent de consistance, l’angle choisi (ne donner la parole qu’aux jeunes filles) m’a paru souvent réducteur. L’auteur cherche en plus à créer un suspens artificiel et sans beaucoup d’intérêt autour de quelques éléments secondaires (des rendez-vous dans une vieille caravane près de la voie ferrée, le rôle d’un mystérieux « John »). Au fond c’est le fait divers qui est passionnant ici, bien plus que le roman lui-même, et il aurait sans doute mérité mieux que cet habillage un peu trop léger.

Editions Stock 2011, 190 pages/

Lu dans le cadre des matchs littéraires organisés par Price Minister.

Top ten Tuesday – Les 10 livres de votre PAL que vous voulez vraiment lire mais dont vous repoussez sans cesse la lecture

Je participe pour la 1ère fois au Top Ten Tuesday organisé par Iani (sur une idée originale de The Broke and the Bookish). Le principe est de proposer chaque semaine une liste de 10 livres autour d’un thème. Cette semaine il s’agit  des 10 livres de votre PAL que vous voulez vraiment lire mais dont vous repoussez sans cesse la lecture. Ma Pal étant conséquente (j’ai renoncé à tenir les comptes), je n’avais que l’embarras du choix pour dresser cette liste!


1 – Les passagers de Jean-Christophe Grangé: reçues en avant-première cet été, les épreuves non-corrigées sont toujours dans ma PAL.  Les 750 pages m’effrayent un peu, et puis j’ai toujours peur que l’univers de Grangé soit trop noir et violent pour moi (je n’ai lu jusqu’ici que “Le vol des cigognes”).

2 – Sa majesté des mouches de William Golding: Un grand classique que je n’ai pas encore  jamais lu.  Je m’étais dit que ce serait une lecture idéale pour les vacances,  mais comme cela fait deux ans que je ne suis pas partie en vacances… CQFD.

3 – L’enfant du Danube de Janos Székely: L’un des plus anciens livres de ma PAL, d’ailleurs c’est une édition France Loisirs, et je ne fais plus partie du club depuis plusieurs années. Je l’avais acheté suite à un conseil du libraire Gérard Collard je crois. “L’hallucinante saga d’un gamin et de sa mère pour survivre dans la Hongrie des années 20“. J’ai envie de lectures plus légères en ce moment, je crois qu’il va rester encore un moment sur ma PAL.

4 – Une veuve de papier de John Irving: Un auteur que j’adore, mais on m’a dit plusieurs fois que ce n’était pas son meilleur livre, et  j’ai peur d’être déçue.

5 – The power of flowers de Vanessa Diffenbaugh: J’aimerais bien lire plus souvent en VO, donc dès que j’ai l’occasion d’ajouter un roman dans la langue de Shakespeare, je saute dessus. Sauf que j’ai en général la flemme de lire en anglais…

6 – Les mystères de Paris d’Eugène Sue: 1300 pages dans la collection Bouquins de Robert Laffont, très jolie dans une bibliothèque mais qui n’est pas la plus agréable à lire, car écrit tout petit.

7 – Les pieds dans la boue d’Annie Prouxl: C’est dans ce recueil que figure la nouvelle qui a inspiré le film “Le secret de Brokeback Moutain“. C’est ce qui m’a attiré, mais comme je ne suis pas une grande fan de nouvelles…

8 – Le club de l’adultère de Tess Stimson: Hum, le titre de ce roman de chick-lit est assez peu engageant.

9 – Into the wild de Jon Krakauer: Ah je le sais pourtant qu’il ne faut pas que je regarde un film avant de lire le bouquin dont il est tiré. Le film réalisé par Sean Penn était pourtant chouette, et le livre doit être encore meilleur, mais maintenant que je connais l’histoire…

10 – Suite française d’Irène Némirovsky: J’en ai tellement entendu parler que j’ai l’impression de l’avoir déjà lu!

Nina et les oreillers – Maylis de Kerangal

Je m’appelle Nina, j’ai neuf ans.
J’habite au 7ème étage d’un immeuble rococo.
Chez moi le plancher craque,
le couloir est tordu comme un bretzel
et ma chambre petite avec une grande fenêtre.
J’ai 3 copines à la vie à la mort,
un chat, deux grands frères,
et un voisin de mon âge très énervant.
Ma nouvelle vie a commencé le soir
où j’ai trouvé un oreiller tout neuf posé sur mon lit.

Grâce à ce nouvel oreiller, la petite Nina va enfin se mettre à rêver… Elle qui n’avait jamais rêver devient même “la championne du monde des rêves”! Puis elle découvre que quand elle dort avec l’oreiller de quelqu’un d’autre, elle peut aussi s’approprier ses rêves. Si par exemple elle emprunte l’oreiller du calme et timide Tom, son grand-frère de 15 ans, elle devient une rock-star. Avec celui de Basile, son frère de 11 ans, elle joue dans l’équipe de france de foot. Et avec celui de sa maman elle se retrouve à faire un pique-nique dans la brousse avec George Clooney (houhou celui là c’est mon rêve préféré). Et quand son petit voisin lui prête son oreiller… Ah je ne vous révèlerais rien de plus. Nina et les oreillers est le premier album pour la jeunesse de la romancière Maylis de Kerangal (Prix Médicis 2010 pour Naissance d’un pont). On se laisse entraîner avec bonheur dans ce pays des rêves fou et poétique, et j’ai adoré les superbes illustrations douces et douillettes d’Alexandra Pichard. Un coup de cœur!

Editions Helium 2010/

“La maison des singes” de Sara Gruen

En furetant à la bibliothèque, j’ai été surprise de tomber sur un nouveau roman de Sara Gruen.  Malgré l’énorme succès de son précédent roman De l’eau pour les éléphants (adapté au cinéma avec Robert Pattinson dans le rôle titre), j’ai l’impression que ce roman sorti au mois de juin est passé quasiment inaperçu… Il faut dire que la couverture n’est pas très engageante.

Un journaliste de Philadephie, John Tigpen,  se rend à Kansas City pour y rencontrer  la chercheuse Isabel Duncan, qui mène une étude sur le langage chez un groupe de six bonobos,  Sam, Bonzi, Lola, Mbongo, Jelani et Makena, qui comprennent l’anglais et maîtrisent la langue des signes. Mais peu de temps après cette rencontre, un attentat détruit le laboratoire d’Isabel, qui est gravement blessée. Sains et saufs les bonobos sont alors revendus par l’université et vont connaître un destin inattendu… Très attachée à ses bonobos Isabel est bien décidée à les récupérer mais elle va vite découvrir qu’elle ne peut pas faire confiance à tous ses proches.

Rien à voir avec “De l’eau pour les éléphants” qui était un roman intense, tout en émotions. Si ce n’est que l’auteur semble avoir fait des animaux son thème de prédilection puisqu’elle a signé deux autres romans autour des chevaux! Ici même si Sara Gruen a fait pas mal de recherches sur les bonobos et leur apprentissage du langage, sujet fascinant, on est clairement plus dans le divertissement. Mais j’ai aimé cette lecture, c’est vif et prenant, les rebondissements sont assez prévisibles, et on devine assez vite qui sont les gentils et les méchants mais les deux personnages principaux sont vraiment attachants: John, journaliste un peu paumé dans son boulot comme dans sa vie de couple, et Isabel, la chercheuse prête à tout pour sauver ses bonobos. Un roman léger et sympa.

La maison des singes de Sara Gruen, 366 pages, éditions Albin Michel 2011/