Sorties Poches Février 2006

Quelques sorties poche de ce mois de février!



La vie sauve – Lydie Violet et Marie Desplechin

Le témoignage émouvant d’une femme atteinte d’une tumeur au cerveau. Beaucoup
d’espoir et de dérision dans ce document qui ne sombre jamais dans le pathos. Prix Médicis de l’essai 2005.

(Points) – Lire le commentaire

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SORTIE REPOUSSEE AU MOIS DE MAI !

Ambiguïtés – Eliot
Perlman

Un homme enlève le fils de son ex-petite amie à la sortie de l’école. Sept
personnages viennent expliquer les circonstances et les conséquences de cet événement. Un pavé non dénué d’intérêt, mais beaucoup de longueurs.

(sortie le 16/02, 10/18) – Lire le commentaire



Olivia joules ou l’imagination hyperactive – Helen Fielding

Une jolie et insouciante journaliste rêve de grands reportages et se retrouve
dans une sombre et abracadabrante histoire de terrorisme. Petite sœur de Bridget Jones, Olivia Joules est malheureusement bien moins drôle et séduisante que son aînée.

(sortie le 15/02, j’ai lu) – Lire le commentaire

Non lus, mais à signaler aussi la sortie en poche de:

Court Serpent (Prix de l’académie
française 2004, sortie le 26/01, Folio)

Korsakov d’Eric Fottorino (sortie le
26/01, Folio)

Les vivants et les morts de Gérard
Mordillat (sortie le 1/02 Le livre de poche)

L’éclat de dieu de Romain Sardou
(sortie le 02/02, Pocket)

O Verlaine! de Jean Teulé (sortie le 02/02, Pocket)

Verre Cassé d’Alain Mabanckou (Prix
Ouest-France/Etonnants Voyageurs 2005, sortie le 16/02, Points)

Le pensionnat de Josette Alia (sortie le 11/02, terre de poche)

– Le document Le dernier pour la
route
, témoignage du journaliste Hervé Chabalier sur l’alcoolisme (sortie le 16/02, Pocket)

La petite trotteuse – Michèle Lesbre






Anne, une femme d’âge mûr, s’apprête à visiter une maison à vendre sur la côte Atlantique. La trentième en quelques mois… A chaque visite, elle parvient à voler quelques heures de solitude entre ces différents murs. Qu’y cherche t’elle exactement? Installée dans le petit hôtel du village, elle évoque quelques rencontres éphémères, la douceur d’instants volés, le temps qui suspend sa course. Et lentement le passé se mêle au présent: un père mystérieux, les querelles constantes entre ses parents, une enfance marquée par la guerre…

L’écriture est juste et délicate, créant une belle atmosphère empreinte de mélancolie… Chaque mot est pesé, chaque phrase ciselée, un vrai travail d’orfèvre! Si le style force l’admiration, je reste plus dubitative sur l’histoire elle-même: hormis quelques passages intéressants sur l’enfance de la narratrice, j’ai eu du mal à m’attacher à l’héroïne, à comprendre sa quête. Plus on avance dans le roman, plus les sentiments s’éparpillent et plus le personnage nous échappe. Malgré de jolies qualités de narration, ce roman n’est donc pas vraiment parvenu à me toucher.

Editions Sabine Wespieser 2005, 190 pages, 18 euros
Sélection Roman du Grand prix des lectrices de Elle 2006

La chambre des morts – Frank Thilliez



Vigo et Sylvain, deux informaticiens au chômage, renversent un homme au beau milieu d’un champ d’éoliennes. A côté du cadavre, deux millions d’euros dont les deux amis s’emparent avant de faire disparaître le corps. Le lendemain, une fillette est retrouvée morte près des lieux de l’accident: l’argent était il destiné à payer sa rançon?

Dans le duel classique entre le flic et le psychopathe s’immiscent ici deux paumés qui vont bousculer l’ordre des choses… L’occasion pour l’auteur de révéler la part d’ombre des gens ordinaires. Sur un rythme haletant, ce roman invite le lecteur à une plongée macabre dans l’horreur et la folie (âmes sensibles s’abstenir!). Au cœur des paysages ravagés du Nord de la France, l’intrigue oppressante prend vraiment le lecteur à la gorge. “La chambre des morts” est un excellent thriller qui montre que, tout en préservant une forte identité régionale, les auteurs français peuvent rivaliser dans ce domaine avec les anglo-saxons.

Editions Le Passage 2005, 311 pages, 15€
Retrouvez Frank Thilliez sur www.auteursdunord.com

Sélection Polar du Grand Prix des Lectrices de Elle 2006

De chair et de sang – John Harvey



Ancien inspecteur, Frank Elder passe une retraite morose dans un coin retiré des Cornouailles, le plus loin possible de son passé, et notamment de son ex-femme. Un cauchemar récurrent le renvoie sans cesse à une affaire non résolue, la disparition d’une adolescente. La remise en liberté du principal suspect, Shane Donald, condamné pour le meurtre d’une autre jeune fille, pousse Elder à reprendre progressivement l’enquête.

Ce polar est le premier volume de ce qui sera une série, construite autour du personnage de Frank Elder. A l’image de ce vieux loup solitaire et désabusé, “De chair et de sang” est un roman policier plutôt classique. Face à Elder, Shane Donald est quant à lui un personnage ambigu, toujours sur le fil: N’est-il qu’un gamin malmené par la vie, un adolescent influençable que la prison a remis sur le droit chemin? Ou un dangereux pervers prêt à basculer de nouveau dans la folie criminelle? John Harvey joue avec les apparences… Grâce à une intrigue efficace et un rythme savamment entretenu par les rebondissements et les accélérations, “De chair et de sang” est un roman sans temps mort qui ne vous laisse pas le temps de souffler. Un bon polar!

Rivages 2005, 366 pages, 20.99€
Sélection Prix Elle 2006

Si vous avez aimé ce roman, vous aimerez La colline des chagrins de Ian Rankin

Bilan 2005!

A mon tour de me lancer dans un bilan de l’année 2005… Une rétrospective composée d’un top 10 (l’ordre est aléatoire) et de quelques flops!

Le meilleur…

Qui a peur de Victoria About? de Toby Litt: un roman original et drôlissime sous la forme d’un manuscrit annoté. Je vous invite à lire le commentaire de Sophie



La souris bleue de Kate Atkinson: une intrigue à tiroirs pour un excellent polar.

La vie sauve de Lydie Violet et Marie Desplechin: Le témoignage bouleversant d’une femme atteinte d’une tumeur au cerveau.

Tokyo de Mo Hayder : un roman noir terrifiant!

Sobibor de Jean Molla: un roman poignant, qui montre que la littérature jeunesse n’a vraiment rien à envier à la littérature adulte.

La chorale des maîtres-bouchers de Louise Erdrich: une très belle saga familiale entre l’allemagne et les Etats-Unis.

Ensemble c’est tout d’Anna Gavalda : une comédie humaine touchante, beaucoup de sentiments sans mièvrerie.

L’ombre du vent de Carlos Ruis Zafon: Une enquête littéraire teintée de fantastique, un roman envoûtant.

Lucky d’Alice Sebold : Alice Sebold raconte ici le viol qu’elle a subi adolescente et  qui lui a inspiré “la nostalgie de l’ange”. Un témoignage percutant!

Les cerfs-volants de Kaboul de Khaled Hosseini: une fiction touchante qui nous plonge dans l’histoire et la culture afghanes.

…Et le pire!

La photographie de Penelope Lively: mon seul abandon de l’année…

La salamandre de JC Rufin: Une histoire d’amour un brin grotesque, et une écriture indigeste.

L’île enchantée d’Eduardo Mendoza: une balade dans Venise, ennuyeuse et interminable

Marilyn, portrait d’une apparition de Marie-Madeleine Lessana: Une énième biographie plutôt brouillonne.