Le rapport de Brodeck de Philippe Claudel
Au lendemain de la seconde guerre mondiale, dans un petit village frontalier d’Alsace Lorrraine, isolé par les montagnes, Brodeck établit de brèves notices sur l’état de la flore, des saisons, un
travail sans importance pour son administration. Il ne sait même pas si ses rapports parviennent à destination. Depuis la guerre, les courriers fonctionnent mal. Le maréchal-ferrant du village
lui demande de consigner les événements qui ont abouti au dénouement tragique sans ajouter de détails inutiles. Miraculé des camps de concentration, Brodeck s’est appliqué à tout oublier et
surtout, il n’a jamais essayé de lever le voile sur l’éventuelle culpabilité des villageois dans les horreurs qui ont touché son entourage. (Le livre de poche)

Lu par Caroline, Chaperlipopette, Sophie, Le
Bibliomane
Madame Charlotte,Stephie,Tamara,
Sole, Sylire, Clochette





On n’est pas là pour disparaitre
d’Olivia Rosenthal
On n’est pas là pour disparaître part du portrait d’un homme atteint de la maladie d’Alzheimer pour saisir sur le vif ce qu’est la perte de la mémoire, de la parole et de la raison. Avec ce
septième livre optimiste et désespéré, Olivia Rosenthal confirme son talent et son inventivité langagière. (Folio, 2 avril)
Lu par Yvon, Laure, Joëlle, Lily, Sylvie






La chanson de Charles Quint
d’Erik Orsenna (Le livre de
poche)
L’histoire de deux frères qui vivaient dans la même ville, mais chacun d’un côté du fleuve. L’aîné, qui avait vécu de nombreuses histoires d’amour, savait qu’il n’avait pas aimé. Le cadet n’avait
connu qu’un amour de jeunesse et avait fini par l’épouser trente ans plus tard.
Lu par Laurent, Praline






Comme une mère de Karine Reysset
Elles sont venues seules et se retrouvent côte à côte dans la salle des naissances. Pour l’une comme pour l’autre, ce jour doit inaugurer un nouveau départ. La très jeune Émilie accouche sous X
et espère « tout recommencer à zéro « . Judith, elle, attend avec une impatience teintée d’inquiétude la naissance de son fils, Camille, un miracle après tant d’années de grossesses déçues. Mais,
pour l’une comme pour l’autre, rien ne se passe comme prévu. Judith perd son bébé et, dans un geste de détresse, enlève l’enfant promis à l’abandon de la chambre voisine. Dès lors, le destin de
ces deux femmes est irrémédiablement lié. Karine Reysset explore tout en finesse les promesses que recèle pour les mères l’arrivée d’un enfant, les inévitables blessures et la folie qui s’empare
d’elles quand la maternité leur est refusée. Un récit mené tambour battant, un sujet qui bouscule, un suspense prenant: Comme une mère ressemble à ces contes maléfiques et merveilleux qui vous
hantent longtemps. (Points, le 16 avril)
Lu par Laure, Cathulu, Amanda,
Aproposdelivres, Lily, Clarabel.

Après, Fred Chichin est mort de Pascale Clarke
Ma France d’après, c’est la vie sans toi. En jours, en heures, en minutes sans toi. J’avais un amour et subitement, du jour au lendemain, après, j’ai eu un chagrin. Nicolas Sarkozy n’avait pas
menti, sa rupture, c’était le jour et la nuit. La nuit pire que le jour. La faute au lit, au drap, à la couette encore imbibés de toi, à ta taie atone. Depuis ton départ, ton absence prenait
toute la place. Plus Sarkozy envahissait l’espace, moins je supportais ta disparition. Je m’étais légèrement fait avoir dans l’histoire. Lui tout le temps, toi plus jamais. (Points)
Lu par Papillon



La mécanique du coeur
de
Mathias Malzieu
Le jour de la naissance de Jack, en 1874 à Edimbourg, est si froid que son coeur en reste gelé. La sage-femme qui l’a mis au monde, mi-sorcière mi-chamane, remplace l’organe défectueux par une
horloge qu’il ne faut pas oublier de remonter tous les matins. Le garçon doit aussi éviter toute émotion : pas de colère, pas d’amour. Mais il va rencontrer une chanteuse de rue au regard de
braise…  (J’ai lu)
Lu par Val, Anna Blume, Clochette







L’interprétation des meurtres de Jed Rubenfeld

1909. Freud, accompagné de Ferenczi et Jung, ses disciples, débarque dans l’effervescente New York. Venu
donner une série de conférences, il est accueilli par Younger, jeune médecin qui lui fait découvrir la ville en pleine construction, les bas-fonds de Chinatown et les hôtels particuliers de
Gramercy Park. Une visite d’autant plus mémorable que le psychanalyste viennois prend part à une enquête surprenante : le cadavre d’une jeune fille torturée et étranglée vient d’être retrouvé.
Nora Acton, autre victime du même agresseur, a miraculeusement survécu mais est frappée d’amnésie et de mutisme. Dans l’ombre de Younger chargé de la soigner, Freud va habilement s’immiscer dans
l’esprit de Nora, explorer son inconscient et de nouveaux champs d’application : l’interprétation des meurtres… (Pocket, 16 avril)
Mon commentaire ici. Lu aussi par Pimpi (Biblioblog), Chaperlipopette, Le Bibliomane, Laure,
Sentinelle


L’ombre du caméléon de Minette Walters
On ne revient jamais sain et sauf de l’enfer. De retour d’Irak, où son tombés ses hommes, le lieutenant Charles Aucland ne voit plus la vie du même œil. À moitié amnésique, le visage barré d’un
éclat d’obus, l’homme doux que ses amis connaissaient n’est plus qu’une plaie ouverte, violente. Des haines coupables, des phobies nouvelles ternissent l’uniforme héroïque de miraculé qu’on
voudrait lui passer. Aussi la police londonienne, complètement dépassée par une vague de meurtres homophobes, voit-elle en cet être marginalisé, un tueur idéal. Toutes les victimes ne sont-elles
pas d’anciens soldats gays, violés puis battus à mort ? Le profil colle à la perfection : humeur changeante, terreur vis-à-vis de la sexualité, personnalité à facettes… Le caméléon pourrait bien
avoir pris, là-bas en Irak, la couleur du sang…(Pocket, 09 avril)

Lu par Laurence, Cathulu



Le café Julien
de Dawn Powell
Dans le New York des années 1940, le charme désuet du Café Julien attire les âmes vagabondes en quête de luxe ou d’inspiration. Écrivains ratés, étudiants bohèmes, mondains en goguette, tous se
retrouvent autour d’un Pernod pour disserter sur le monde. Certains possèdent un attachement tout particulier au lieu, comme Rick et Ellenora, un couple qui se cherche autant qu’il se fuie ou
encore Elsie Hookley, une aristocrate excentrique qui prend un malin plaisir à s’immiscer dans la vie des autres. À travers ces portraits sans fard de la bonne société new-yorkaise, Dawn Powell
épingle comme personne les mœurs d’une époque révolue, mais étrangement familière. (10/18, 16 avril)
Lu par Joëlle, Rory




La balade de l’impossible de Haruki Murakami
Au cours d’un voyage en avion, le narrateur entend une chanson des Beatles : « Norwegian Wood ». Instantanément, il replonge dans le souvenir d’un amour vieux de dix-huit ans. Quand il était
lycéen, son meilleur ami, Kizuki, s’est suicidé. Kizuki avait une amie, Naoko. Ils étaient amoureux. Un an après ce suicide, le narrateur retrouve Naoko. Elle est incertaine et angoissée, il
l’aime ainsi. Une nuit, elle lui livre son secret, puis disparaît… Hommage aux amours enfuies, « La Ballade de l’impossible » est un magnifique roman aux résonances autobiographiques, d’une
tendresse et d’une intensité érotique saisissantes.
(10/18, 2 avril)
Lu par PapillonErzebeth



Côte Ouest
de Paula Fox
Annie Gianfala, dix-sept ans, abandonnée par son père, est seule et fauchée. Elle avance vers l’Ouest, comme l’Amérique le fit un jour, mais son voyage se déroule dans les années qui précèdent la
Seconde Guerre mondiale. Elle dérive, portée par les courants de la Dépression, l’enthousiasme des communistes pour le Parti et l’URSS, puis le dégoût que beaucoup ressentent ensuite. Parmi ceux
qu’elle rencontre, et qui font son éducation, sur le plan intellectuel aussi bien que physique, il y a des idiots, des paumés, des intellectuels blasés, des amants en tout genre, aussi bien que
des cadres du Parti, des Noirs, des homosexuels, et toutes sortes d’écrivains ratés ou en train de le devenir. Annie est à la fois une enfant perdue et une femme douée de pouvoir. Ce roman, qui
explore si magnifiquement les sens, les transcende en même temps. (Folio, 9 avril)
Lu par Nanou, Sylvie.


De pierre et de cendre
de Linda Newbery
Lorsqu’un soir brumeux de 1898, le jeune artiste Samuel Godwin pousse les grilles de la propriété de Fourwinds, il est immédiatement envoûté. Engagé pour enseigner l’art aux jeunes filles de Mr.
Farrow, il ignore encore que cette luxueuse demeure sera pour lui le décor de ses plus belles peintures. Intrigué par la personnalité ombrageuse du maître des lieux, séduit par ses filles,
Marianne et Juliana, désarçonné par Charlotte Agnew, leur gouvernante et dame de compagnie, le peintre comprend vite que le raffinement du décor et des personnages dissimule les plus sombres
mystères. Que le vent souffle pour balayer les cendres d’un passé pour le moins scandaleux et les secrets abrités par les pierres. Entre désirs de possession, obsessions et illusions, les deux
demoiselles, leur père, l’ombre de leur mère décédée et leur gouvernante entament devant Samuel une subtile danse aussi fascinante que macabre… (Le livre de poche)
Lu par Cryssilda, Lilly, Lou, Pimpi, Clochette, Romanza.



La perte en héritage
de Kiran Desai
Orpheline à 16 ans, après des années chez les bonnes soeurs, Sai se retrouve chez son grand-père, juge à la retraite dans le nord de l’Inde. Biju, le fils du cuisinier, s’est expatrié à New-York.
Sa quête d’identité passe par la solitude, l’exploitation puis le retour au pays. Des êtres dépouillés de leur culture, déçus par l’Occident, cherchent à recouvrer leur dignité. Aux désillusions
du Nouveau Monde répond la pagaille d’une Inde en proie aux délires nationalistes, prise dans l’étau des traditions.(Le livre de poche)







La première main
de Rosetta loy
Autoportrait de l’auteure mêlant récit intime et histoire de l’Italie dans les années fascistes. Elle évoque son enfance à Rome, Ostia, en Suisse, dans le Val d’Aoste, pour fuir les
bombardements, puis sa vie de femme adulte et les trois hommes qui l’ont marquée. (Le livre de poche)








Paranoïd
Park
de Blake Nelson
Un jeune étudiant, est fasciné par le parc de Portland, Paranoid Park, où se rassemblent les meilleurs skaters. Accidentellement il tue un agent de la sécurité et s’interroge alors sur ses
devoirs et la façon d’assumer les conséquences de cette nuit de cauchemar. Premier roman. (Le livre de poche)








Le mec de la tombe d’à côté de Katarina Mazetti
Désirée se rend régulièrement sur la tombe de son mari, qui a eu le mauvais goût de mourir trop jeune. Bibliothécaire et citadine, elle vit dans un appartement tout blanc, très tendance, rempli
de livres. Au cimetière, elle croise souvent le mec de la tombe d’à côté, dont l’apparence l’agace autant que le tape-à-l’oeil de la stèle qu’il fleurit assidûment. Depuis le décès de sa mère,
Benny vit seul à la ferme familiale avec ses vingt-quatre vaches laitières. Il s’en sort comme il peut, avec son bon sens paysan et une sacrée dose d’autodérision. Chaque fois qu’il la rencontre,
il est exaspéré par sa voisine de cimetière, son bonnet de feutre et son petit carnet de poésie. Un jour pourtant, un sourire éclate simultanément sur leurs lèvres et ils en restent tous deux
éblouis… C’est le début d’une passion dévorante. C’est avec un romantisme ébouriffant et un humour décapant que ce roman d’amour tendre et débridé pose la très sérieuse question du choc des
cultures. (Babel)
Lu par Papillon, Sylire, Clarabel, Virginie, Tamara, Chaperlipopette, Laure, Lilly



Un bref instant de romantisme
de Miranda July
Une jeune femme rompt avec son petit ami parce qu’elle ne lui a jamais avoué que pendant un temps, elle était maître nageuse… et apprenait la natation à des personnes âgées sur le sol de son
salon. Une autre cherche désespérément un moyen de rencontrer le prince William tandis que le chien Patate court à sa perte… Un recueil de nouvelles qui plongent le lecteur dans un univers
décalé. (J’ai lu)
Lu par Sophie









Michael Tolliver est vivant
d’Amistead Maupin
Michael Tolliver est vivant. Ses amis se sont perdus dans l’excès ou sont morts du sida. Lui a survécu à tout. Il a rencontré Ben, l’amour de sa vie. Mais sa famille se refuse toujours à accepter
son homosexualité. Lorsque la mère de Michael tombe malade, c’est pourtant lui qu’elle appelle à ses côtés en Floride. A San Francisco, sa mère spirituelle, Anna Madrigal, réclame sa présence. Il
est alors confronté à un dilemme : dort-il rester auprès d’Anna ou accompagner dans ses derniers instants cette mère qui l’a tant rejeté ? Les six premiers volumes décrivaient le San Francisco
mythique des années 70 et 80, terrain de toutes les expériences amoureuses et sexuelles. Vingt ans après, l’insouciance s’est envolée, le sida est passé par là. Avec ce mélange de drôlerie, de
légèreté et de gravité qui est sa marque, Maupin clôt cette extraordinaire aventure littéraire dans ce septième et dernier épisode des Chroniques de San Francisco. (Points, le 02 avril)
L’interview d’Amistead Maupin chez Incoldblog, les avis de
Lapinoursinette, Cathe

Treize lunes de Charles Frazier
A douze ans, Will Cooper est vendu par son oncle et sa tante. Le jeune orphelin doit rejoindre un comptoir commercial situé dans le  » pays cherokee « . Sur sa route, il croise Bear, un chef
indien, qui fait de lui son fils spirituel. II s’intègre au clan, découvre la Nature, ses lois, sa force. Il trouve aussi l’amour sous les traits de Claire Featherstone : leur relation passionnée
le marquera à jamais. Devenu l’un des leurs, le « chef blanc  » s’engage dans la défense des Indiens. D’abord avocat, luttant contre leur transfert vers l’ouest, puis colonel guidant ses troupes
pendant la guerre de Sécession, il rejoindra finalement le Sénat, en tant que représentant des Cherokees. Treize lunes est le récit d’une destinée hors du commun qui se confond avec la grande
Histoire. Will Cooper, héros et narrateur, retrace le voyage de l’Amérique vers le XXe siècle. Roman d’amour, récit d’aventures, le second livre de Charles Frazier – après Retour à Cold Mountain
– est une épopée digne de Jack London ou de James Fenimore Cooper. (Points, le 23 avril)
Lu par Jules

Et oublié le mois dernier:



Chagrin d’école
de Daniel Pennac
Chagrin d’école, dans la lignée de Comme un roman, aborde la question de l’école du point de vue de l’élève, et en l’occurrence du mauvais élève. Daniel Pennac, ancien cancre
lui-même, étudie cette figure du folklore populaire en lui donnant ses lettres de noblesse, en lui restituant aussi son poids d’angoisse et de douleur. (Folio)
Lu par Google (Biblioblog), Lucie, Laurent, Martine




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12 comments on “Sorties Poches Avril 2009”

  1. J’ai lu « le rapport de Brodeck » et j’ai vraiment aimé ce roman , tout comme « la petite fille de Mr Linh » du même auteur.
    Dans un tout autre genre, j’ai passé un très bon moment avec « le mec de la tombe d’à côté ».
    « Treize lunes » est dans ma PAL !

  2. J’ai bien aimé La chanson de Charles Quint je vais me laissé tenter par  Le rapport de Brodeck , Chagrin d’école et L’interprétation des meurtres merci pour ces infos !

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