En 1936, un couple de basques espagnols, Ama et Aïta, doivent brutalement fuir leur pays avec leur famille, leurs trois fils, les parents d’Ama, ainsi que ses deux frères, des activistes. Ils abandonnent tout derrière eux et se réfugient un temps à Hendaye chez une amie, Mademoiselle Eglantine. Mais les deux frères d’Ama sont arrêtés et enfermés dans des camps. En 1939, la famille déménage une nouvelle fois pour suivre Aïta qui a trouvé un poste de metayer dans une ferme des Landes.
« Rêves oubliés » raconte d’abord l’attachement à une terre et la douleur de l’exil : « Nous sommes ici depuis de si nombreux mois et je réalise seulement au soir de cette triste journée que nous avons vécu uniquement dans l’espoir du retour. Ce rêve a lentement embrumé nos esprits, et maintenant la réalité nous frappe de plein fouet, fermant brutalement les frontières. Tant que le dictateur sera au pouvoir, nous ne pourrons pas revenir, nous le savons. Je ressens une blessure vive, une blessure de chair indescriptible, l’amour d’une terre, de ses odeurs, de ses rires, de sa langue que je perds irrémédiablement. J’y laisse mon insouciance, une légèreté de l’âme qui depuis trois ans s’est plombée de silences et de faux espoirs. » (extrait du journal d’Ama)
Mais c’est aussi un roman d’amour (du couple Aïta/Ama se dégage une force tranquille qui illumine tout le récit) et un hymne à la famille, qui est ici un socle inébranlable sur lequel on peut se reposer quoi qu’il arrive. Le roman alterne les extraits du journal d’ Ama et un récit plus distancié. J’ai beaucoup aimé les passages du journal dans lequel la mère de famille livre ses sentiments et qui ajoutent une touche plus personnelle au roman. Je suis plus mitigée en ce qui concerne le reste du livre, très dense, trop dense: Le franquisme, les menaces, l’exil, la guerre, l’amour d’un des oncles pour une jeune juive, les camps, les drames personnels, cela fait beaucoup, surtout que le tout est concentré sur seulement 169 pages… On a un peu l’impression de courir après l’histoire et les personnages, ce qui est assez frustrant pour le lecteur. Une lecture qui avait du potentiel mais me laisse un petit goût d’inachevé.
» Il faut être souple si vous voulez espérer un jour devenir danseuse. Si vous n’êtes pas souple à 6 ans, vous le serez encore moins à 16 ans. La souplesse et la grâce ne s’apprennent pas. C’est un don. Suivante… » Polina Oulinov, jeune danseuse russe de 6 ans, intègre une prestigieuse école de danse. Au fil des années, elle devra faire des choix difficiles pour trouver son chemin et sa vérité d’artiste.
« Polina » est une immersion totale dans l’univers de la danse, sur l’exigence physique et morale qu’elle implique. « Même si tu as mal, surtout, ne le montre pas », c’est le terrifiant conseil que la petite fille reçoit de sa mère dès la 1ere page, alors qu’elle se rend à une audition. J’ai beaucoup aimé suivre le cheminement artistique de cette jeune danseuse très attachante: C’est une histoire de passion, de souffrance, de déceptions, de doutes, de dépassement de soi. Au cœur de cet album il y a aussi et surtout la relation de la danseuse avec son professeur, son mentor, l’intimidant Nikita Bojinski. Une relation de travail et de rigueur qui laissera peu à peu place à un respect réciproque et à une certaine tendresse (les dernières pages sont très émouvantes)
C’est le 3ème album de Bastien Vivès que je lis (Après Le goût du chlore et Dans ses yeux), et on y retrouve bien sa patte, son goût notamment pour la décomposition des mouvements et le décryptage des émotions. Au niveau du scénario j’ai trouvé que cet album était plus abouti que les précédents, l’histoire est plus solide. Le dessin a lui aussi évolué, vers le noir et blanc d’abord (alors que la couleur était vraiment mise en avant dans ses autres albums), et il est plus épuré. Il y a beaucoup de flous, certains traits, certains visages sont gommés. De ce point de vue j’avais préféré les albums précédents… J’ai aussi regretté le manque de repères temporels dans les premières pages, on a du mal à savoir l’age de Polina (il y a de grands sauts dans le temps). Malgré ces quelques réserves,« Polina » est vraiment un très bel album, sensible et délicat.
Une petite fille trouve un long fil rouge : Que peut-il bien y avoir au bout ? Elle tire, tire, tire, et hop voilà que les 3 petits cochons lui tombent dessus. Aidée par les trois petits potelés, elle continue à tirer, et cette fois c’est le loup qui déboule ! Et à chaque page c’est ainsi un nouveau personnage de conte qui apparaît. En unissant leurs forces, ils vont enfin découvrir qui se cache au bout de ce fameux fil rouge…
… Un Père Noël dans une tenue pas très réglementaire puisque c’est son beau costume que ces petits coquins ont détricoté !
« Le fil rouge » est un très joli album qui revisite l’univers des contes de fées et mélange les personnages sans complexes, les trois petits cochons, le loup, la sorcière ou l’ogre vont même s’associer pour découvrir le fin mot de l’histoire. J’aime particulièrement les albums qui jouent avec les pages, j’ai donc beaucoup apprécié l’idée de ce fil rouge (presque) sans fin qui permet de modifier l’espace de la page, d’en repousser les limites. C’est un album qui plaira à tous les petits lecteurs (même les plus petits puisqu’il joue plus sur l’image que sur le texte), ils pourront s’amuser à reconnaître les différents personnages et à deviner qui se cache à la page suivante.
De 1979 à 2002, l’écrivain et journaliste rock Rob Sheffield déroule la bande son de sa vie, et surtout celle de son couple avec Renée. Renée, disparue trop tôt après 5 ans de mariage, et avec qui il partageait une folle passion pour la musique.
En commençant ce livre j’ai d’abord été un peu effrayée par le nombre important de références musicales (essentiellement du rock des années 80-90, il y a beaucoup de noms ou de titres que je connaissais pas) et j’ai eu peur que cette lecture devienne vite rébarbative. Mais ce n’est pas le cas du tout, tous ces titres de chansons finissent par se fondre très naturellement dans l’histoire, par la rythmer. L’auteur raconte sa vie, son couple, son amour pour Renée sur fond sonore, chaque période de sa vie correspondant à une série de chansons.
Avouons le, si j’ai aimé ce livre, c’est d’abord parce qu’il a su titiller ma fibre nostalgique. Les cassettes rangées dans des boîtes à chaussures, les compilations sauvages enregistrées à la radio (avec des bouts de jingle dedans) ou les cassettes que l’on s’échangeait entre amoureux m’ont rappelé bien des souvenirs ! (Je vous parle d’un temps, que les moins de 20 ans…)
Le bandeau annonce « Le roman rock de la génération Nirvana ». Ce n’est pas faux, mais je trouve cette accroche un peu réductrice, elle ne traduit pas la richesse de ce texte: « Bande originale » est certes un livre générationnel, qui séduira particulièrement les lecteurs nés dans les années 60-70 et les amateurs de rock, mais c’est surtout un roman d’amour, entre un homme et une femme, entre un couple et la musique. Une lecture qui m’a beaucoup touchée.
Livre offert par l’éditeur. « Bande originale » de Rob Sheffield, Le livre de poche, 260 pages/
2ème participation au Top Ten Tuesday organisé par Iani (sur une idée originale de The Broke and the Bookish). Cette semaine le thème est Les 10 livres que vous garderiez à tout prix dans votre bibliothèque s’il ne devait rester qu’eux.
1. Notre Dame de Paris de Victor Hugo
Parce qu’avant d’être une comédie musicale, c’est un superbe roman.
À New York, Alma pense pouvoir surmonter la mort de son père en lisant un livre que sa mère lui traduit de l’espagnol. Léo, un vieil homme, reprend l’écriture et ressuscite la Pologne de son enfance ; et au Chili, bien des années plus tôt, un exilé compose un roman. À travers ces trois destins intimement liés au mystérieux manuscrit, Nicole Krauss signe un roman lumineux, une méditation puissante sur la mémoire et le deuil.
Un roman magnifique, et une chute vertigineuse qui me hante encore.
La mort est un éternel recommencement… Quand Jeff décède d’une crise cardiaque à 43 ans, il se réveille 25 ans plut tôt dans sa chambre d’université, alors qu’il a 18 ans… Tout ce qui appartenait à son présent a disparu… dans le futur. Seuls les souvenirs subsistent. Un peu déstabilisant ? Toutefois, quand on a un quart de siècle d’avance sur l’humanité, on dispose de quelques atouts pour refaire sa vie. Ainsi, Jeff construira une fortune, un couple différent, essaiera en vain de changer le cours de l’Histoire, et ce jusqu’à ses 43 ans où il mourra d’une crise cardiaque… pour se réveiller à 18 ans, cette fois-ci dans un cinéma. Replay! Et ainsi de suite. La raison de ce cycle ? Jeff n’en a aucune idée. Peut-être Pamela, elle aussi sujette à ces retours à la vie, pourra-t-elle l’aider à comprendre. Humour, émotions, rebondissements à la pelle servant une intrigue admirablement ficelée, et Replay donne une dimension multiple au sens de la vie.
Je garde un excellent souvenir de ce roman, divertissant certes, mais qui pose aussi beaucoup de questions sur la vie, le temps et les choix que nous faisons. Je pense que c’est le roman que j’ai le plus prêté autour de moi.
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5. Un long dimanche de fiançailles de Sébastien Japrisot
Parce que s’il ne devait rester qu’un seul roman d’amour, ce serait celui-là.
Parce que rarement une série m’aura fait autant vibrer. Je l’ai lu avant qu’elle ne devienne un phénomène éditorial, et avant que le séduisant Edward Cullen ne prenne définitivement les traits du terne Robert Pattinson.
Richard Papen étudie pour un an dans une université du Vermont. Venu de Californie, ce jeune homme de famille modeste découvre les usages de l’argent facile, la suffisance du pouvoir et des savoirs, la corruption intellectuelle. Mais, avant d’en arriver là, Richard va se lier d’affection pour une bande de cinq étudiants et un professeur de grec ancien. Julian Morrow, le Maître des illusions, est riche, merveilleux causeur, manipulateur d’esprit. Il est un guide pour ces adolescents écartés du monde contemporain, obnubilés par l’étude des textes anciens, hantés par l’extraordinaire puissance du monde helléniste. Cet ouvrage dense, qui répand une atmosphère d’angoisse, est magnifiquement servi par les descriptions psychologiques de chacun des protagonistes. Et puis, sans rien dévoiler de l’intrigue, sachez-le, à la fin de l’année l’un d’eux sera mort.
Un livre à multiples facettes, Campus Novel, Thriller, Roman psychologique. Génial.
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sublime…
Comment un livre « l’histoire de l’amour » bouleverse la vie de trois personnes qui ne se connaissent pas et n’ont, a priori, rien en commun.
NATHALIE de FNAC Metz
Attention Talent!
Bouleversant, poétique et même drôle (!), son ‘Histoire de l’amour’ dit les traumatismes que la Shoah a irrémédiablement laissé sur des vies entières, via un va-et-vient brillant de voix, de temps, d’histoires, entre un vieux juif octogénaire qui a échappé de justesse à l’Holocauste et une ado fantasque. Virtuose!!
ANNE de FNAC Paris – Montparnasse
Un chef-d’œuvre de l’art romanesque.
Le récit hanté par la Shoah, est comme un fil conducteur dont il ne faut jamais perdre la trace, la mémoire. Se laisser porter par la poésie des mots et des phrases, l’extrême sensibilité et l’imagination créatrice de l’écrivain : voilà ce qu’offre ce texte magique.
Avis de la Fnac : L’histoire de l’amour
À New York, Alma pense pouvoir surmonter la mort de son père en lisant un livre que sa mère lui traduit de l’espagnol. Léo, un vieil homme, reprend l’écriture et ressuscite la Pologne de son enfance ; et au Chili, bien des années plus tôt, un exilé compose un roman. À travers ces trois destins intimement liés au mystérieux manuscrit, Nicole Krauss signe un roman lumineux, une méditation puissante sur la mémoire et le deuil.
Le Mot de l’éditeur : L’histoire de l’amour
À New York, la jeune Alma ne sait comment surmonter la mort de son père. Elle croit trouver la solution dans un livre que sa mère traduit de l’espagnol, et dont l’héroïne porte le même prénom qu’elle. Non loin de là, un très vieil homme se remet à écrire, ressuscitant la Pologne de sa jeunesse, son amour perdu, le fils qui a grandi sans lui.
Et au Chili, bien des années plus tôt, un exilé compose un roman…
Trois solitaires qu’unit pourtant, à leur insu, le plus intime des liens : un livre unique, L’Histoire de l’amour, dont ils vont devoir, chacun à sa manière, écrire la fin.
Cet admirable roman, hanté par la Shoah, offre une méditation déchirante sur la mémoire et le deuil. Mais c’est avant tout un hymne à la vie, écrit dans une langue chatoyante et allègre, l’affirmation d’un amour plus fort que la perte, et une célébration, dans la lignée de Borges, des pouvoirs magiques de la littérature. Il impose d’emblée Nicole Krauss comme une romancière de tout premier plan.
Fnac définit un Contributeur Majeur comme étant un utilisateur du site qui fournit un grand nombre d’avis très utiles sur les produits. Le nombre de commentaires d’un examinateur et les votes d’utilité reçus pour chaque commentaire sont les deux critères qui déterminent le rang d’un examinateur.
Paris, 26/08/2011
Indispensable – Fabuleux
Avec une écriture parfaite et une émotion constante, Nicole Krauss nous fait partager le destin de plusieurs personnages unis sans le savoir par un livre. Chacune des retrouvailles de Leo et d’Alma au cours des 50 années parcourues est un coup au coeur. Réellement un chef-d’oeuvre.A lire avant « La grande maison »
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Paris, 05/05/2011
A lire Absolument
Nicole KRAUSS, à travers une écriture sublime, nous montre comment les destins de personnes qui ne soupçonnent même pas l’existence de l’autre, en viennent à se croiser. Elle nous fait découvrir comment un livre peut influencer et changer la vie d’une personne. L’histoire de l’amour, c’est l’histoire de la vie.
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À New York, Alma pense pouvoir surmonter la mort de son père en lisant un livre que sa mère lui traduit de l’espagnol. Léo, un vieil homme, reprend l’écriture et ressuscite la Pologne de son enfance ; et au Chili, bien des années plus tôt, un exilé compose un roman. À travers ces trois destins intimement liés au mystérieux manuscrit, Nicole Krauss signe un roman lumineux, une méditation puissante sur la mémoire et le deuil.
Il y a très longtemps de cela, existait au-delà des vastes océans un royaume merveilleux au parfum de jasmin. On raconte qu’un roi, qu’on appelait le bon maharadja l’avait construit de ses mains. Il paraît que ce roi avait planté mille arbres et tracé lui-même le lit des rivières. On dit aussi qu’il avait dessiné des jardins si beaux, qu’ils étaient devenus le paradis des oiseaux…
Mais quand le fils désœuvré du maharadja accède au pouvoir à la mort de son père, il chasse tous les oiseaux jusqu’au dernier, et le royaume ne compte plus que des limaces et des escargots, des mouches et des moustiques, des rats et des mulots. Bien des années plus tard, seuls le maharadja devenu vieux et la grand-mère d’Haminâ, la marchande de couleurs, se souviennent encore des oiseaux. Tous les soirs, Haminâ écoute sa grand-mère lui décrire le petit rikiki au plumage gris, le perroquet multicolore qui crie très fort ou l’aigle royal, et elle les dessine sur le trottoir. Un jour le maharadja, qui a compris son erreur, aperçoit les dessins de la jeune fille et se prend à espérer: Haminâ aurait t-elle le coeur assez pur pour faire revenir les oiseaux?
« Les oiseaux d’Haminâ » est un album dans la lignée des grands contes orientaux. Un paradis disparu, des paysages extraordinaires peuplés d’animaux, un vieux maharadja et une jeune fille au cœur pur, un peu de magie, tous les ingrédients sont là pour nous faire voyager et rêver… C’est un album exotique et enchanteur qui initie le petit lecteur au respect de la nature. Mais ce que j’ai particulièrement aimé dans cet ouvrage, ce sont les magnifiques illustrations au pastel, colorées et chaleureuses!
Pour écrire Le pacte des vierges, Vanessa Schneider s’est inspiré d’un fait divers survenu en 2008 dans l’Amérique profonde. 17 adolescentes de Gloucester, un patelin du Massachusetts, fréquentant le même établissement scolaire, étaient tombées enceintes suite à un « pacte ». Quatre d’entre elles, Lana, Cindy, Kylie et Sue, acceptent de se confier à une romancière française. A travers leurs témoignages croisés on découvre comment elles en sont arrivées à mettre en place ce projet fou et absurde.
Au fil des pages la romancière et son lecteur essayent d’assembler les pièces du puzzle. Toutes âgées de moins de 16 ans, ces jeunes filles ont déjà tout vu, tout vécu. La majorité d’entre elles ont grandi avec un entourage familial défaillant, des parents démissionnaires qui n’assument plus leur rôle, absents, en prison, alcooliques, ou accro aux médicaments (Cochez la case correspondante à votre situation). Ou au contraire pour Sue, des parents puritains, exigeants et étouffants. Ajoutez à ça l’oisiveté, et la précarité dans une petite ville frappée de plein fouet par le chômage. Un terreau plus que favorable pour que des jeunes filles influençables, livrées à elles-mêmes, se laissent convaincre par ce projet dément imaginé par la meneuse de la bande, Lana.
J’ai été à la fois consternée par la folle décision de ces gamines, et émue par leur fragilité et leur naïveté. Ces quatre adolescentes brandissent leur grossesse comme un étendard, elles pensent avoir trouvé là l’opportunité de changer de vie : Elles vont élever leurs enfants ensemble, se créer une nouvelle famille, de nouveaux repères. Faire mieux que leurs parents. Il y a tellement d’espoir dans ces grossesses, l’espoir d’un lien indéfectible que rien ne pourra briser, l’espoir de ne plus jamais être seules. Au fur et à mesure que leurs grossesses avancent, elles comprendront malheureusement que les choses ne sont pas aussi simples.
Cette histoire est effrayante, fascinante, mais le roman ne parvient pas à transcender le fait divers. En sait on vraiment plus quand on tourne la dernière page ? Les caractères manquent de consistance, l’angle choisi (ne donner la parole qu’aux jeunes filles) m’a paru souvent réducteur. L’auteur cherche en plus à créer un suspens artificiel et sans beaucoup d’intérêt autour de quelques éléments secondaires (des rendez-vous dans une vieille caravane près de la voie ferrée, le rôle d’un mystérieux « John »). Au fond c’est le fait divers qui est passionnant ici, bien plus que le roman lui-même, et il aurait sans doute mérité mieux que cet habillage un peu trop léger.
Je participe pour la 1ère fois au Top Ten Tuesday organisé par Iani (sur une idée originale de The Broke and the Bookish). Le principe est de proposer chaque semaine une liste de 10 livres autour d’un thème. Cette semaine il s’agit des 10 livres de votre PAL que vous voulez vraiment lire mais dont vous repoussez sans cesse la lecture. Ma Pal étant conséquente (j’ai renoncé à tenir les comptes), je n’avais que l’embarras du choix pour dresser cette liste!
1 – Les passagers de Jean-Christophe Grangé: reçues en avant-première cet été, les épreuves non-corrigées sont toujours dans ma PAL. Les 750 pages m’effrayent un peu, et puis j’ai toujours peur que l’univers de Grangé soit trop noir et violent pour moi (je n’ai lu jusqu’ici que « Le vol des cigognes »).
2 – Sa majesté des mouches de William Golding: Un grand classique que je n’ai pas encore jamais lu. Je m’étais dit que ce serait une lecture idéale pour les vacances, mais comme cela fait deux ans que je ne suis pas partie en vacances… CQFD.
3 - L’enfant du Danube de Janos Székely: L’un des plus anciens livres de ma PAL, d’ailleurs c’est une édition France Loisirs, et je ne fais plus partie du club depuis plusieurs années. Je l’avais acheté suite à un conseil du libraire Gérard Collard je crois. « L’hallucinante saga d’un gamin et de sa mère pour survivre dans la Hongrie des années 20« . J’ai envie de lectures plus légères en ce moment, je crois qu’il va rester encore un moment sur ma PAL.
4 – Une veuve de papier de John Irving: Un auteur que j’adore, mais on m’a dit plusieurs fois que ce n’était pas son meilleur livre, et j’ai peur d’être déçue.
5 – The power of flowers de Vanessa Diffenbaugh: J’aimerais bien lire plus souvent en VO, donc dès que j’ai l’occasion d’ajouter un roman dans la langue de Shakespeare, je saute dessus. Sauf que j’ai en général la flemme de lire en anglais…
6 – Les mystères de Paris d’Eugène Sue: 1300 pages dans la collection Bouquins de Robert Laffont, très jolie dans une bibliothèque mais qui n’est pas la plus agréable à lire, car écrit tout petit.
7 – Les pieds dans la boue d’Annie Prouxl: C’est dans ce recueil que figure la nouvelle qui a inspiré le film « Le secret de Brokeback Moutain« . C’est ce qui m’a attiré, mais comme je ne suis pas une grande fan de nouvelles…
8 – Le club de l’adultère de Tess Stimson: Hum, le titre de ce roman de chick-lit est assez peu engageant.
9 – Into the wild de Jon Krakauer: Ah je le sais pourtant qu’il ne faut pas que je regarde un film avant de lire le bouquin dont il est tiré. Le film réalisé par Sean Penn était pourtant chouette, et le livre doit être encore meilleur, mais maintenant que je connais l’histoire…
10 – Suite française d’Irène Némirovsky: J’en ai tellement entendu parler que j’ai l’impression de l’avoir déjà lu!
Je m’appelle Nina, j’ai neuf ans.
J’habite au 7ème étage d’un immeuble rococo.
Chez moi le plancher craque,
le couloir est tordu comme un bretzel
et ma chambre petite avec une grande fenêtre.
J’ai 3 copines à la vie à la mort,
un chat, deux grands frères,
et un voisin de mon âge très énervant.
Ma nouvelle vie a commencé le soir
où j’ai trouvé un oreiller tout neuf posé sur mon lit.
Grâce à ce nouvel oreiller, la petite Nina va enfin se mettre à rêver… Elle qui n’avait jamais rêver devient même « la championne du monde des rêves »! Puis elle découvre que quand elle dort avec l’oreiller de quelqu’un d’autre, elle peut aussi s’approprier ses rêves. Si par exemple elle emprunte l’oreiller du calme et timide Tom, son grand-frère de 15 ans, elle devient une rock-star. Avec celui de Basile, son frère de 11 ans, elle joue dans l’équipe de france de foot. Et avec celui de sa maman elle se retrouve à faire un pique-nique dans la brousse avec George Clooney (houhou celui là c’est mon rêve préféré). Et quand son petit voisin lui prête son oreiller… Ah je ne vous révèlerais rien de plus. Nina et les oreillers est le premier album pour la jeunesse de la romancière Maylis de Kerangal (Prix Médicis 2010 pour Naissance d’un pont). On se laisse entraîner avec bonheur dans ce pays des rêves fou et poétique, et j’ai adoré les superbes illustrations douces et douillettes d’Alexandra Pichard. Un coup de cœur!
En furetant à la bibliothèque, j’ai été surprise de tomber sur un nouveau roman de Sara Gruen. Malgré l’énorme succès de son précédent roman De l’eau pour les éléphants (adapté au cinéma avec Robert Pattinson dans le rôle titre), j’ai l’impression que ce roman sorti au mois de juin est passé quasiment inaperçu… Il faut dire que la couverture n’est pas très engageante.
Un journaliste de Philadephie, John Tigpen, se rend à Kansas City pour y rencontrer la chercheuse Isabel Duncan, qui mène une étude sur le langage chez un groupe de six bonobos, Sam, Bonzi, Lola, Mbongo, Jelani et Makena, qui comprennent l’anglais et maîtrisent la langue des signes. Mais peu de temps après cette rencontre, un attentat détruit le laboratoire d’Isabel, qui est gravement blessée. Sains et saufs les bonobos sont alors revendus par l’université et vont connaître un destin inattendu… Très attachée à ses bonobos Isabel est bien décidée à les récupérer mais elle va vite découvrir qu’elle ne peut pas faire confiance à tous ses proches.
Rien à voir avec « De l’eau pour les éléphants » qui était un roman intense, tout en émotions. Si ce n’est que l’auteur semble avoir fait des animaux son thème de prédilection puisqu’elle a signé deux autres romans autour des chevaux! Ici même si Sara Gruen a fait pas mal de recherches sur les bonobos et leur apprentissage du langage, sujet fascinant, on est clairement plus dans le divertissement. Mais j’ai aimé cette lecture, c’est vif et prenant, les rebondissements sont assez prévisibles, et on devine assez vite qui sont les gentils et les méchants mais les deux personnages principaux sont vraiment attachants: John, journaliste un peu paumé dans son boulot comme dans sa vie de couple, et Isabel, la chercheuse prête à tout pour sauver ses bonobos. Un roman léger et sympa.
La maison des singes de Sara Gruen, 366 pages, éditions Albin Michel 2011/