[Film] Joy – David O. Russel

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Jeune mère de famille, Joy a depuis longtemps perdu ses illusions et ses rêves de petite fille, malgré les encouragements de sa grand-mère. Après avoir sacrifié ses études pour s’occuper de sa famille, elle doit désormais gérer ses deux enfants, mais aussi son ex-mari qu’elle continue d’héberger dans son sous-sol, et sa mère dépressive qui passe ses journées à regarder en boucle des soap-opéras à la télévision. Quand son père, propriétaire d’un petit garage qui périclite, s’installe aussi chez elle après avoir été jeté dehors par sa petite amie, c’est la goutte d’eau !  Joy décide alors de reprendre sa vie en main et de commercialiser l’une de ses inventions, la « serpillière magique ». Mais le chemin vers le succès sera semé d’embûches: Les portes ne s’ouvrent pas facilement et le monde des affaires lui réservera bien des mauvaises surprises. Et si en plus sa famille s’en mêle…

Ce film s’inspire de la vie de Joy Mangano, business woman américaine qui se fit connaître grâce au télé-achat, qui n’en était encore qu’à ses balbutiements, au début des années 90. Le casting est prestigieux: Jennifer Lawrence dans le rôle principal, toujours juste et charismatique, Robert de Niro qui joue son père, Bradley Cooper et  Isabelle Rossellini, entre autres, et même l’apparition de Donna Mills, figure incontournable des soap-opéras (elle jouait Abby Ewing dans Côte Ouest) ! J’ai beaucoup aimé le ton décalé du film, entre drame et comédie, la famille névrosée de Joy permettant des scènes ubuesques. Un ton qui donne un supplément d’âme à ce joli film qui traite du thème un peu rebattu de l’American DreamJoy est au final un bon divertissement sur le parcours d’une femme d’exception et les vertus de la ténacité.

Et puis si comme moi vous avez aimé ce film, je vous conseille aussi le roman Une héroïne américaine (éditions Charleston), sur une autre self-made-woman à l’américaine,  Brownie Wise, qui a popularisé le Tupperware dans les années 50.

Joy de David O. Russel, sorti en décembre 2015. Disponible en DVD.

La bande-annonce:

 

 

 

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[New Romance] Maybe not – Colleen Hoover

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Warren vit en colocation avec Brennan, un musicien du groupe dont il est le manager, et Ridge, le frère sourd de celui-ci. Mais une jeune et jolie femme, Bridgette, va bousculer leur quotidien testostéroné en s’installant dans la chambre à côté de Warren. Et elle et lui vont même devoir partager la même salle de bains… Warren va vite être déchiré entre une irrésistible attirance pour Bridgette et l’attitude rebutante de celle-ci, froide et agressive. Warren arrivera-t-il à briser l’armure de sa belle colocataire?

Je n’ai pas l’habitude de lire de la New Romance, mais quand les éditions Hugo et cie m’ont invité à découvrir ce genre, je me suis laissée tenter par cette proposition et j’avoue que j’ai été la première surprise de me laisser vraiment embarquer dans cet univers qui n’est a-priori pas ma tasse de thé. Maybe not est en fait le spin-off d’un autre roman, Maybe Someday qui racontait l’histoire entre Ridge, le colocataire de Warren, et Sydney (que l’on croise ici aussi, dans la deuxième moitié du roman). Maybe not peut cependant tout à fait se lire indépendamment.

Bridgette est un personnage féminin atypique, au fort caractère, Warren est lui redoutablement séduisant. Entre nos deux personnages c’est vraiment l’amour vache, les assiettes et les insultes volent sans arrêt, ils se détestent, succombent, avant que la jalousie ne s’en mêle, l’ambiance est électrique, et l’auteur parvient à maintenir une tension constante du début à la fin du roman. Le climat est aussi chargée d’érotisme et de tension sexuelle (c’est un peu dans le cahier des charges du genre),  quelques scènes très hot rythment le roman et elles sont plutôt bien écrites (je trouve que ce type de scène est toujours un peu périlleux, on peut vite tomber dans le ridicule ou le cliché, mais l’auteur s’en sort très bien ici). J’ai bien aimé aussi le style: nos colocataires étant adeptes des blagues potaches, il y a pas mal d’humour et de dérision dans ce petit roman. Bref j’ai passé un moment très agréable avec cette lecture légère, émoustillante et diablement sexy, et si vous ne connaissez pas encore la New Romance, c’est à mon avis une bonne porte d’entrée pour découvrir ce genre!

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[Roman] Etta et Otto (et Russell et James) – Emma Hooper

ette et ottoA 83 ans, Etta n’a jamais vu la mer. Alors un jour, sans prévenir personne, elle quitte sa province canadienne du Saskatchewan pour parcourir seule et à pied les 3232 kilomètres qui la séparent de l’océan. Elle laisse juste un petit mot à son mari Otto,  « J’essaierai de ne pas oublier de rentrer« .  Etta, qui perd un peu la tête, est accompagnée durant tout son voyage par un coyote qui lui parle et prénommé James, comme son neveu unique qu’elle n’a pas connu.  Otto  décide d’attendre patiemment le retour de sa femme, il lui écrit des lettres qu’elle ne lira pas, confectionne les recettes qu’elle lui a laissées, se lance dans d’impressionnantes sculptures en papier mâché… En revanche leur voisin Russel, qui a toujours été secrètement amoureux d’Etta, va se lancer à sa recherche.

Le grand voyage d’Etta est l’occasion de revenir sur sa vie, sa jeunesse, et sa rencontre avec Otto, sur cet amour plus qu’improbable entre une jeune fille issue d’un milieu favorisé, qui a perdu sa sœur unique, qui se destine à devenir institutrice, et un jeune homme illettré, fils de fermiers, perdu au milieu d’une fratrie de 14 enfants, auxquels on donne des numéros pour mieux s’y retrouver. C’est donc un roman d’amour et d’amitié, puisque Russel n’est jamais loin, le roman d’une génération aussi, marquée par la guerre en Europe. C’est un roman sur la vie et la mort, les drames et des joies, les occasions et les choix, sur la mémoire aussi, celle qui reste et celle qui s’en va. Etta et Otto (et Russel et James) est un livre doux et tendre, émouvant mais jamais vraiment triste, bien qu’il tourne autour de thèmes graves comme la fin de vie. Mais il y a chez notre trio d’octogénaires une part d’innocence et de folie qui rend cette lecture légère, malgré tout,  et très attachante.

Etta et Otto (et Russel et James) d’Emma Hooper
Editions Les escales, 327 pages, Octobre 2015 –Note/4 etoiles

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[Roman] Transatlantic – Colum McCann

transatlanticJe n’avais pas lu Colum McCann depuis son Danseur publié en 2003, dont je gardais un souvenir un peu mitigé, mais je m’étais promis que je tenterais un autre titre de cet auteur.

J’ai beaucoup hésité entre un recueil de nouvelles et un roman (j’avais aussi envie de lire Et que le monde poursuive sa course folle, élu meilleur livre de l’année en 2009 par le magazine Lire). J’ai finalement choisi Transatlantic, un roman… qui commence comme un recueil de nouvelles. La première partie comporte trois histoires distinctes, qui se déroulent à 3 époques différentes et qui ne semblent pas avoir de lien entre elles, si ce n’est de mettre en avant l’idée d’un pont entre les Etats-Unis et l’Irlande.

Il y a d’abord Alcock et Brown, deux rescapés de la Grande Guerre, qui vont tenter de traverser l’Atlantique à bord d’un biplan en 1919. Puis on suit Frederick Douglass, un ancien esclave, qui débarque en 1845 à Dublin pour y convaincre la bonne société irlandaise de l’aider dans sa lutte contre l’esclavage, mais qui va aussi découvrir l’extrême pauvreté de l’Irlande. Le dernier récit met en scène George Mitchell, ancien sénateur américain qui tente de mener le processus de paix en Irlande du Nord en 1998. Alcock et Brown, Douglass, Mitchell,  4 personnages qui ont réellement existé et qui ont marqué l’histoire du lien entre les deux pays.

Il faut donc attendre un peu pour plonger dans la partie purement fictionnelle sur les pas de Lily, jeune irlandaise partie tenter sa chance en Amérique en 1845, et que l’on retrouve 16 ans plus tard, en pleine guerre de sécession. La première d’une lignée de personnages féminins qui marchent sur ce fil invisible entre les Etats-Unis et l’Irlande, 4 générations de femmes qui verront tomber les hommes des deux côtés de l’Atlantique. Lily, Emily, Lottie, Hannah. Au fil de l’histoire on retrouve les personnages de la première partie:  c’est sous l’impulsion de Douglass que Lily a quitté Cove pour New-York, Emily et Lottie ont couvert le départ d’Alcock et Brown lors de leur traversée de l’Atlantique… La petite histoire et la grande histoire se mêlent inextricablement au fil des pages. J’ai regretté que cette 2ème partie ne soit pas plus longue, j’aurais aimé accompagner un peu plus longtemps ces personnages féminins. Mais malgré ce petit bémol Transatlantic reste un roman étonnant et riche, une saga familiale atypique, servie par une écriture flamboyante, qui brode avec délicatesse sur le thème du lien.

Transatlantic de Colum McCann, éditions 10/18, septembre 2014, 360 pages – Note/4 etoiles
Vous pouvez retrouver la biographie de McCann sur le site des éditions 10/18

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[Expo Rennes] The Amusement Park – Hans Op de Beeck

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Je ne sais pas si on peut vraiment parler d’expo ici, du moins au sens habituel du terme, puisque The Amusement Park, imaginé par l’artiste plasticien belge Hans Op de Beeck, consiste en une seule et  unique scène, un parc d’attraction pendant une nuit d’hiver. Au bout d’un long couloir plongé dans le noir on accède à la représentation du parc, protégée par une vitre. Un manège couvert et quelques chaises en plastique, une petite caravane qui semble habitée, un feu de bois, quelques attractions que l’on devine au loin…

Libre alors au visiteur d’interpréter ce qu’il voit ici, d’y investir son histoire, ses fantasmes, ses peurs et ses angoisses. Est ce un parc d’attraction abandonné? Est-il juste mis en sommeil pour la nuit ou pour la saison? Est ce qu’il s’est passé quelque chose ici? Le décalage entre la raison d’être de ce lieu de réjouissance  et l’absence de vie peut donner lieu à pas mal de spéculations. Si l’on s’attarde un moment, les sensations fluctuent, évoluent. Le calme, la tristesse, la mélancolie, l’anxiété… J’ai d’abord pris un certain plaisir à observer la scène, je la trouvais reposante avant que mon imagination ne s’emballe (est-il possible que quelqu’un sorte de la caravane?), que l’angoisse ne me gagne, et j’avoue que je suis finalement sortie de la pièce avec un certain soulagement.

Une expérience troublante et fascinante, à voir impérativement si vous passez à Rennes! En sortant je vous conseille aussi de jeter un œil sur le livre d’or qui permet de mieux se rendre compte à quel point l’interprétation de cette scène peut être différente d’une personne à l’autre, selon son âge et ses références culturelles.  (Aux Champs Libres, Salle Anita Conti jusqu’au 31 octobre – entrée gratuite)

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Source images: 40mcube

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