Ma Pile à Lire Eté 2017

Je ne suis pas très présente ces derniers temps mais avant les vacances j’avais envie de partager avec vous ma Pile à Lire de l’été. Je glisserai donc dans mes valises (vous pouvez cliquer sur les titres pour en savoir plus) :

Des romans familiaux, mon genre de prédilection pendant la période estivale. Les filles au lion de Jessie Burton (auteur de « Le miniaturiste »), Une bobine de fil bleu d’Anne Tyler (finaliste du Man Booker Prize en 2015), Assez de bleu dans le ciel de Maggie O’Farrell (un auteur qui ne me déçoit jamais), Les Mandible : Une famille, 2029-2047 de Lionel Shriver (auteur du best-seller Il faut qu’on parle de Kevin, adapté au cinéma), No home de Yaa Gyasi (qui se passe entre le Ghana et l’Amérique au 18e siècle) et Belgravia de Julian Fellowes (qui vient de sortir en poche).

 

Un peu d’imaginaire aussi avec Le purgatoire de Chuck Palahniuk (Après sa mort, une jeune fille de 13 ans revient sur Terre et va tenter de comprendre pourquoi elle s’est retrouvée en Enfer), Good morning, Midnight de Lily Brooks-Dalton (le dialogue entre un scientifique isolé en Arctique et une jeune femme astronaute qui ne parvient plus à reprendre contact avec la Terre), Dans la forêt de Jean Hegland (la survie de 2 sœurs en pleine forêt alors que la civilisation s’effondre), et Le sommeil des géants de Sylvain Neuvel (1er tome de la trilogie Les dossiers Thémis, entre World War Z et Seul sur Mars promet la couverture !)

Les premiers tomes de séries que je me promets de lire depuis longtemps : L’amie prodigieuse de l’italienne Elena Ferrante, Vernon Subutex de la sulfureuse Virginie Despentes, et le 1er volume de la série jeunesse Le Passe-Miroir (Les fiancés de l’hiver) de Christelle Debos.

Avec un peu d’avance (de l’avantage d’être blogueuse !) je vais aussi lire certains titres de la Rentrée Littéraire en commençant par La maison des Turner d’Angela Flournoy (sortie le 31 août aux éditions Les escales).

Et puis j’espère que j’aurais aussi le temps de lire au moins un polar (peut-être Au fond de l’eau de Paula Hawkins, auteur de La fille du train que j’avais bien aimé), et un ou deux classiques (Les années de Virginia Woolf, et un des romans de Barjavel que j’ai envie de (re)lire depuis longtemps).

Et vous, quel est votre programme de lectures pour cet été ?

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Chance – Kem Nunn [Roman]

Chance Kem NunnLe Dr Eldon Chance est un neuropsychiatre d’une cinquantaine d’années qui vit à San Francisco. Son activité consiste à évaluer des patients pour livrer son expertise auprès des tribunaux. Sa vie personnelle est un naufrage, sa femme vient de le quitter pour un jeune coach sportif, le divorce l’a mis sur la paille, et il ne peut plus payer l’école privée de sa fille ado, avec qui il tente tant bien que mal de maintenir une relation. Face à sa situation financière délicate il est tenté par la magouille d’un antiquaire qui lui propose de vendre quelques-uns de ses meubles bien au-dessus de leur valeur réelle. Tout comme il est tenté par Jacklyn Blackstone, une de ses patientes. A moins que ce ne soit par son double, car Jacklyn souffre d’un dédoublement de personnalité. Quand on sait que la belle est en plus affublée d’un mari violent et jaloux, qui s’avère être un policier véreux, les chemins sur lesquels Chance est sur le point de s’aventurer semblent plus que tortueux.

Les fous ne sont pas toujours ceux qu’on croit, tel pourrait être le crédo de ce thriller psychologique. Si au départ les choses semblent  limpides, et les troubles psychiatriques réservés aux patients de Chance, plus on avance dans le roman, plus on se demande si les autres personnages sont réellement sains d’esprit, y compris notre bon docteur qui va se laisser embarquer dans une histoire rocambolesque à plusieurs niveaux. Le roman s’appuie surtout sur une belle galerie de  personnages secondaires, à commencer par la mystérieuse Jacklyn, dont on ne sait  si elle est manipulée ou manipulatrice. Il y a aussi l’imposant D., restaurateur de meubles, mercenaire des bas-fonds de San Francisco à ses heures perdues, et qui va devenir l’allié improbable du Dr Chance.

J’ai beaucoup aimé la première partie de ce roman, rythmée par l’inclusion des expertises psychiatriques menées par Chance, mais le soufflé est ensuite un peu retombé et je me suis perdue au fil du roman dans les choix douteux de Chance, et sa longue (longue, trop longue) descente aux enfers. C’était plutôt bien parti donc mais ce roman ne m’a finalement pas complètement convaincue, dommage ! A noter que ce roman a fait l’objet d’une adaptation en série (avec Hugh Laurie dans le rôle principal).

Chance de Kem Nunn, éditions Sonatine, 384 pages,  janvier 2017 – 21€ sur Amazon

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[Film] Joy – David O. Russel

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Jeune mère de famille, Joy a depuis longtemps perdu ses illusions et ses rêves de petite fille, malgré les encouragements de sa grand-mère. Après avoir sacrifié ses études pour s’occuper de sa famille, elle doit désormais gérer ses deux enfants, mais aussi son ex-mari qu’elle continue d’héberger dans son sous-sol, et sa mère dépressive qui passe ses journées à regarder en boucle des soap-opéras à la télévision. Quand son père, propriétaire d’un petit garage qui périclite, s’installe aussi chez elle après avoir été jeté dehors par sa petite amie, c’est la goutte d’eau !  Joy décide alors de reprendre sa vie en main et de commercialiser l’une de ses inventions, la « serpillière magique ». Mais le chemin vers le succès sera semé d’embûches: Les portes ne s’ouvrent pas facilement et le monde des affaires lui réservera bien des mauvaises surprises. Et si en plus sa famille s’en mêle…

Ce film s’inspire de la vie de Joy Mangano, business woman américaine qui se fit connaître grâce au télé-achat, qui n’en était encore qu’à ses balbutiements, au début des années 90. Le casting est prestigieux: Jennifer Lawrence dans le rôle principal, toujours juste et charismatique, Robert de Niro qui joue son père, Bradley Cooper et  Isabelle Rossellini, entre autres, et même l’apparition de Donna Mills, figure incontournable des soap-opéras (elle jouait Abby Ewing dans Côte Ouest) ! J’ai beaucoup aimé le ton décalé du film, entre drame et comédie, la famille névrosée de Joy permettant des scènes ubuesques. Un ton qui donne un supplément d’âme à ce joli film qui traite du thème un peu rebattu de l’American DreamJoy est au final un bon divertissement sur le parcours d’une femme d’exception et les vertus de la ténacité.

Et puis si comme moi vous avez aimé ce film, je vous conseille aussi le roman Une héroïne américaine (éditions Charleston), sur une autre self-made-woman à l’américaine,  Brownie Wise, qui a popularisé le Tupperware dans les années 50.

Joy de David O. Russel, sorti en décembre 2015. Disponible en DVD.

La bande-annonce:

 

 

 

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[New Romance] Maybe not – Colleen Hoover

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Warren vit en colocation avec Brennan, un musicien du groupe dont il est le manager, et Ridge, le frère sourd de celui-ci. Mais une jeune et jolie femme, Bridgette, va bousculer leur quotidien testostéroné en s’installant dans la chambre à côté de Warren. Et elle et lui vont même devoir partager la même salle de bains… Warren va vite être déchiré entre une irrésistible attirance pour Bridgette et l’attitude rebutante de celle-ci, froide et agressive. Warren arrivera-t-il à briser l’armure de sa belle colocataire?

Je n’ai pas l’habitude de lire de la New Romance, mais quand les éditions Hugo et cie m’ont invité à découvrir ce genre, je me suis laissée tenter par cette proposition et j’avoue que j’ai été la première surprise de me laisser vraiment embarquer dans cet univers qui n’est a-priori pas ma tasse de thé. Maybe not est en fait le spin-off d’un autre roman, Maybe Someday qui racontait l’histoire entre Ridge, le colocataire de Warren, et Sydney (que l’on croise ici aussi, dans la deuxième moitié du roman). Maybe not peut cependant tout à fait se lire indépendamment.

Bridgette est un personnage féminin atypique, au fort caractère, Warren est lui redoutablement séduisant. Entre nos deux personnages c’est vraiment l’amour vache, les assiettes et les insultes volent sans arrêt, ils se détestent, succombent, avant que la jalousie ne s’en mêle, l’ambiance est électrique, et l’auteur parvient à maintenir une tension constante du début à la fin du roman. Le climat est aussi chargée d’érotisme et de tension sexuelle (c’est un peu dans le cahier des charges du genre),  quelques scènes très hot rythment le roman et elles sont plutôt bien écrites (je trouve que ce type de scène est toujours un peu périlleux, on peut vite tomber dans le ridicule ou le cliché, mais l’auteur s’en sort très bien ici). J’ai bien aimé aussi le style: nos colocataires étant adeptes des blagues potaches, il y a pas mal d’humour et de dérision dans ce petit roman. Bref j’ai passé un moment très agréable avec cette lecture légère, émoustillante et diablement sexy, et si vous ne connaissez pas encore la New Romance, c’est à mon avis une bonne porte d’entrée pour découvrir ce genre!

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[Roman] Etta et Otto (et Russell et James) – Emma Hooper

ette et ottoA 83 ans, Etta n’a jamais vu la mer. Alors un jour, sans prévenir personne, elle quitte sa province canadienne du Saskatchewan pour parcourir seule et à pied les 3232 kilomètres qui la séparent de l’océan. Elle laisse juste un petit mot à son mari Otto,  « J’essaierai de ne pas oublier de rentrer« .  Etta, qui perd un peu la tête, est accompagnée durant tout son voyage par un coyote qui lui parle et prénommé James, comme son neveu unique qu’elle n’a pas connu.  Otto  décide d’attendre patiemment le retour de sa femme, il lui écrit des lettres qu’elle ne lira pas, confectionne les recettes qu’elle lui a laissées, se lance dans d’impressionnantes sculptures en papier mâché… En revanche leur voisin Russel, qui a toujours été secrètement amoureux d’Etta, va se lancer à sa recherche.

Le grand voyage d’Etta est l’occasion de revenir sur sa vie, sa jeunesse, et sa rencontre avec Otto, sur cet amour plus qu’improbable entre une jeune fille issue d’un milieu favorisé, qui a perdu sa sœur unique, qui se destine à devenir institutrice, et un jeune homme illettré, fils de fermiers, perdu au milieu d’une fratrie de 14 enfants, auxquels on donne des numéros pour mieux s’y retrouver. C’est donc un roman d’amour et d’amitié, puisque Russel n’est jamais loin, le roman d’une génération aussi, marquée par la guerre en Europe. C’est un roman sur la vie et la mort, les drames et des joies, les occasions et les choix, sur la mémoire aussi, celle qui reste et celle qui s’en va. Etta et Otto (et Russel et James) est un livre doux et tendre, émouvant mais jamais vraiment triste, bien qu’il tourne autour de thèmes graves comme la fin de vie. Mais il y a chez notre trio d’octogénaires une part d’innocence et de folie qui rend cette lecture légère, malgré tout,  et très attachante.

Etta et Otto (et Russel et James) d’Emma Hooper
Editions Les escales, 327 pages, Octobre 2015 –Note/4 etoiles

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