[Expo Rennes] The Amusement Park – Hans Op de Beeck

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Je ne sais pas si on peut vraiment parler d’expo ici, du moins au sens habituel du terme, puisque The Amusement Park, imaginé par l’artiste plasticien belge Hans Op de Beeck, consiste en une seule et  unique scène, un parc d’attraction pendant une nuit d’hiver. Au bout d’un long couloir plongé dans le noir on accède à la représentation du parc, protégée par une vitre. Un manège couvert et quelques chaises en plastique, une petite caravane qui semble habitée, un feu de bois, quelques attractions que l’on devine au loin…

Libre alors au visiteur d’interpréter ce qu’il voit ici, d’y investir son histoire, ses fantasmes, ses peurs et ses angoisses. Est ce un parc d’attraction abandonné? Est-il juste mis en sommeil pour la nuit ou pour la saison? Est ce qu’il s’est passé quelque chose ici? Le décalage entre la raison d’être de ce lieu de réjouissance  et l’absence de vie peut donner lieu à pas mal de spéculations. Si l’on s’attarde un moment, les sensations fluctuent, évoluent. Le calme, la tristesse, la mélancolie, l’anxiété… J’ai d’abord pris un certain plaisir à observer la scène, je la trouvais reposante avant que mon imagination ne s’emballe (est-il possible que quelqu’un sorte de la caravane?), que l’angoisse ne me gagne, et j’avoue que je suis finalement sortie de la pièce avec un certain soulagement.

Une expérience troublante et fascinante, à voir impérativement si vous passez à Rennes! En sortant je vous conseille aussi de jeter un œil sur le livre d’or qui permet de mieux se rendre compte à quel point l’interprétation de cette scène peut être différente d’une personne à l’autre, selon son âge et ses références culturelles.  (Aux Champs Libres, Salle Anita Conti jusqu’au 31 octobre – entrée gratuite)

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Source images: 40mcube

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[Roman] Ma mère du Nord – Jean-Louis Fournier

Ma-mere-du-nordAprès avoir évoqué son père (Il n’a jamais tué personne, mon papa), ses deux fils (Où on va papa?), sa femme (Veuf) et sa fille (La servante du seigneur), Jean-Louis Fournier revient une nouvelle fois avec un récit familial, celui-ci étant consacré à sa mère.  « Elle est la seule que je n’ai pas encore eue dans mon collimateur. Pourquoi maintenant? Parce que je suis vieux. C’est toujours chez leur mère que se réfugient les gangsters après leur dernier coup. Surtout, je voulais garder le meilleur pour la fin ».

Elle n’a pas eu une vie facile, Marie-Thérèse. Restée presque toute sa vie sous la coupe d’une bonne-maman envahissante, elle est poussée dans les bras d’un médecin alcoolique, dans l’espoir fou qu’elle pourra le remettre sur le droit chemin. C’était une femme discrète, hypocondriaque – comme le sont souvent les gens en mal d’amour – et qui rechignait à exprimer ses sentiments. Mais c’était aussi une femme solide, pugnace, indépendante, malgré la forte opposition de son mari (une femme de médecin ça ne travaille pas!), qui s’occupait quasiment seule de ses 4 enfants, et qui a toujours maintenu sa famille à flot malgré les tempêtes. C’était un rocher auquel ses enfants pouvaient s’agripper.

Le livre est une succession d’instantanés, il alterne les souvenirs de l’auteur et les descriptions de photos, invite aussi parfois les petits-enfants à évoquer un souvenir marquant de leur grand-mère.  J’aime beaucoup le style brut de Jean-Louis Fournier,  sans concessions ni fioritures, cette succession de phrases très courtes, comme s’il énonçait juste des faits alors qu’il en dit tant et plus entre les mots, cette ironie grinçante sous laquelle affleurent les sentiments. Il est aussi parfois espiègle, avec ce titre à double sens (Ma mère du Nord évoque à la fois la froideur apparente de sa mère, et le fait qu’elle était originaire d’Arras) et cette métaphore filante autour de la météo marine (Chaque titre de chapitre est rédigé à la manière d’un bulletin météo, « Pour Pas-de Calais, vents variables, la mer sera belleGrand frais en cours sur Pas-de-Calais, etc…). Ma mère du Nord est un livre simple, mélancolique, un récit très personnel mais tout en pudeur. Une lettre d’amour délicate, gorgée de tendresse, et de regrets aussi, d’un fils qui n’a jamais su dire à sa mère à quel point il l’aimait.

L’avis de Laure, celui de Grégoire Delacourt.
Editions Stock (Septembre 2015), 198 pages – Note/4 etoiles

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[Roman] L’héritage – Katherine Webb

l-heritage-katherine-webb1902, Caroline, jeune New-Yorkaise de bonne famille, tombe amoureuse de Corin, un éleveur de bétail qui s’est installé dans l’Ouest. Ils se marient rapidement mais les conditions difficiles de sa nouvelle vie, bien loin du confort new-yorkais, ses problèmes pour avoir un enfant, la cohabitation craintive  avec les employés indiens du ranch, et sa solitude dans ces espaces sauvages vont progressivement avoir raison de la santé mentale et physique de Caroline.

De nos jours. Les arrière-petites-filles de Caroline, Beth et Erika, reviennent s’installer dans le  manoir anglais dont elles viennent d’hériter à la mort de leur grand-mère Meredith. Mais le souvenir de leur cousin Henry, mystérieusement disparu 23 ans plus tôt lors de vacances au manoir continue de les hanter. Erika est persuadée que l’état dépressif de sa soeur date de cette époque et qu’elle cache quelque chose à propos de la disparition d’Henry.

Voilà longtemps que je voulais découvrir l’œuvre de Katherine Webb, jeune romancière anglaise devenue en quelques années une référence en matière de sagas familiales. J’ai choisi ce titre un peu par hasard (c’était le seul disponible dans ma bibliothèque), et il se trouve que L’héritage est son tout premier roman.

Le livre s’ouvre en 1905, sur une scène percutante: Caroline y abandonne un jeune enfant nu, enveloppé dans une taie d’oreiller brodée d’iris jaunes (la précision aura son importance), à proximité d’un camp de gens du voyage. Qui est cet enfant? Pourquoi l’abandonne-t-elle?  Le reste du roman s’emploie à raconter les trois années qui ont précédé cette tragédie, entre New York, le grand Ouest Américain et un vieux manoir anglais. En contrepoint il y a l’histoire de Beth et Erika, où là aussi il est question d’un enfant, disparu au cours d’une après-midi de jeux avec ses cousines. Deux lourds secrets de famille, d’un siècle à l’autre, qui se répondent et finiront par se rejoindre, Erika cherchant à savoir ce qu’est devenu l’enfant inconnu découvert sur une vieille photo de famille. L’héritage c’est à la fois le manoir, mais surtout ces secrets, ces douleurs que l’on se transmet d’une génération à l’autre, une ligne funeste qu’Erika va tenter de briser pour sauver sa soeur dépressive… J’ai bien aimé l’alternance entre les deux époques (Katherine Webb en a un peu fait son fonds de commerce puisqu’elle use du même procédé dans deux autres romans, Pressentiments et A la claire rivière). J’ai cependant préféré la partie mettant en scène Caroline, j’ai trouvé celle concernant Beth et Erika un peu paresseuse et redondante (l’auteur revient sans arrêt sur la dépression de Beth), le rythme s’en ressent. Mais on continue à tourner les pages parce qu’on meurt d’envie de savoir ce qui s’est passé… Le double dénouement sera à la fois tragique et amer. Malgré quelques réserves, si comme moi vous êtes amateur de sagas familiales, ce roman devrait vous combler!

Traduction par Sylvie Schneiter. Première édition française chez Belfond (2011). Disponible en poche chez Pocket (2013) – 523 pages. 3 etoiles

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[Album Jeunesse] Les affreux chandails de Lester – K.G. Campbell

 

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Alors que la maison de Cousine Clara a été mangée par un crocodile, elle doit s’installer avec la famille de Lester (même si personne ne sait au juste de qui Cousine Clara est la cousine). Elle se met alors à  tricoter des chandails au petit garçon. Lui qui avait l’habitude d’être toujours tiré à quatre épingles, si fier de sa cravate nouée, et de ses cheveux bien brossés, le pauvre enfant se retrouve affublé d’un premier chandail jaune avec des pompons violets, à la fois ratatiné et pendant, troué là où il ne fallait pas et fermé là où il devait être troué. Et en plus il va devoir mettre cet AFFREUX chandail pour aller à l’école, ce qui va lui attirer les moqueries d’Enid Measles. Quand le chandail est retrouvé tout rétréci dans le panier à linge (ouf), Cousine Clara lui tricote un nouveau chandail ABOMINABLE, rose dérangeant, avec plein de petites poches placées à l’envers un peu partout…

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Et ainsi de suite, à chaque fois que Lester trouve une façon de se débarrasser d’un chandail, Cousine Clara lui en tricote un encore plus affreux que le précédent. Cet album joue sur le comique de répétition : un sort funeste attend chaque chandail de Lester, qui rivalise d’imagination pour que cela ait l’air d’un tragique accident (celui-ci est déchiqueté par la tondeuse, celui-là tombe dans les égouts, un autre est volé par des bandits de grand chemin…) mais chaque chandail détruit est aussitôt remplacé par une nouvelle création de Cousine Clara.

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Quel régal que cet album à l’univers loufoque et absurde (qui n’est pas sans rappeler celui de Roald Dahl je trouve) dans lequel les crocodiles mangent les maisons et où les chandails se font picorer par des autruches déchaînées. Les illustrations à l’ancienne (tout comme la police d’écriture), sont délicieuses, le vocabulaire recherché et le style ciselé. Et puis je suis tombée totalement sous le charme de Lester, petit garçon curieux qui collectionne les objets trouvés, dresse des listes de choses suspectes commençant par un C (Chenilles, Choux, Chats, Clowns…) et de choses puantes commençant par un B, ou aime mesurer ses chaussettes afin qu’elles soient bien à la même hauteur. Un grand, grand coup de cœur!

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Les affreux chandails de Lester de K.G. Campbell, éditions de La Pastèque, Collection Pamplemousse.

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Faire imprimer son livre sur Copy-média (Article Sponsorisé)

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Mon Carnet de Lectures vient de fêter ses 10 ans (j’ai publié mon tout premier article en mars 2005) et si on mettait bout à bout tous les mails d’auteurs que j’ai reçu depuis que j’ai ouvert ce blog, pour me présenter leurs livres,  je pense qu’on pourrait faire 3 fois l’aller-retour jusqu’à la Lune ! J’adore lire mais je n’ai vraiment aucune prédisposition pour l’écriture, je suis donc toujours surprise par le nombre de gens qui se lancent dans cette aventure. Certains ont une folle idée de roman, d’autres se sentent une âme de poète, d’autres encore ont vécu des choses importantes et ont envie de laisser une trace… pas de doute, ma boîte mail peut en témoigner,  les Français aiment écrire !

D’ailleurs selon un sondage réalisé en 2009 pour Le Figaro Littéraire, 32% des sondés avaient écrit ou pensé à écrire un livre, 1,4 millions de français possédaient un manuscrit, et 37% avaient déjà envoyé un manuscrit à un éditeur! Mais comme les barrières de l’édition traditionnelle sont souvent difficiles à franchir, beaucoup d’écrivains optent pour l’autoédition.

Une fois qu’on a mis un point final à son texte, faire imprimer son livre doit être une étape particulièrement importante et excitante ! Chez Copy Media, une entreprise girondine créée en 1995, vous pouvez imprimer le livre qui vous ressemble, avec la possibilité notamment de personnaliser votre couverture en ligne. Tout est fait pour vous faciliter la tâche. Vous faites une demande de devis en ligne, et un conseiller est à votre disposition par chat si vous avez besoin d’aide.  Votre livre vous sera ensuite livré sous 7 jours.

N’hésitez pas à jeter un œil aux nombreux conseils et infos que l’on trouve également sur le site : par exemple les erreurs à éviter pour que l’impression de votre livre soit optimale, comment maîtriser la bonne pagination sous Word, comment promouvoir votre livre sur les réseaux sociaux, comment obtenir un numéro ISBN, etc…

Et vous, avez-vous un manuscrit dans un tiroir ? 😉

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