c'était notre terre

Note/ 2 étoiles

Exilée en France, devenue une « pied-noir » que ses voisins méprisent, Claudia se souvient avec nostalgie de son enfance dorée en Algérie et du domaine de Montaigne dans lequel elle a grandi. A sa voix se mêlent celle de sa sœur Marie-Claire, entrée dans les ordres, et celles des autres membres de la famille disparus depuis longtemps, son frère Antoine, leurs parents Hortense et Ernest, et leur domestique, Fatima. Six voix, six points de vues différents qui permettent de dessiner une image complexe de l’Algérie entre les années 40 et les années 60.  Si Claudia et ses parents n’ont jamais douté de leur bon droit à occuper cette terre algérienne, Antoine, lui a décidé de rejoindre les rangs du FLN.

Ce qui frappe d’abord quand on ouvre ce roman c’est son style très particulier, sans aucun point, basé sur un système très travaillé d’interruptions et de répétitions. Il désarçonnera sans doute plus d’un lecteur, mais il ne m’a pas franchement gêné, je l’ai même trouvé plutôt séduisant et poétique. Me laissant porter par ce chant, j’ai beaucoup aimé le début du livre (je suis plutôt friande de ce genre de roman polyphonique).  Mais je me suis vite electronic cigarette testimonials lassée de cette histoire trop répétitive, revenant  sans cesse sur les mêmes faits, le roman tourne en rond, et le lecteur aussi! Hormis peut-être Antoine, les personnages m’ont semblé aussi très caricaturaux: les colons sont arrogants, bien campés sur leurs certitudes, affichant un mépris sans failles envers les algériens. Le roman s’ouvre d’ailleurs sur cette phrase prononcée par Claudia, et qui donne très justement son titre au livre: « C’était notre terre ». Mais les algériens n’en sont pas pour autant plus sympathiques, laissant libre-cours à une violence sans limites dès que le vent tourne… Ce sont certaines scènes particulièrement sauvages qui ont eu raison de ma patience (je pense notamment à ce passage où des algériens ouvrent le ventre d’une femme enceinte avant de dévorer le fœtus). Et j’ai finalement abandonné ce livre au bout de 350 pages.

Le livre de poche 2010 (1ère édition Albin Michel 2008), 507 pages, 7,50€. Ce livre m’a été offert par l’éditeur.

Canel a abandonné elle aussi, pour Antigone il y a dans ce roman « quelque chose d’extrêmement fascinant et de beau », Praline n’a pas aimé le style mais retiendra « l’arrière plan politique et culturel », pour Emmyne c’est « une lecture passionnante ».

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13 comments on “C’”

  1. J’aime beaucoup ce livre mais il faut faire confiance aux lecteurs qui savent que c’est un point de vue et nous savons que dans les colons , il y avait des classes sociales. Lisez, saison violente de Roblès où l’orphelin espagnol ne part pas en France, chaque été ,comme la jeune fille riche qu’il a remarquée.Je trouve que c’est bien écrit. Chaque être humain est différent même chez les pieds-noirs. je trouve, le titre, flatteur pour eux, oui, c’était pour eux »notre terre », au sens SENTIMENTAL , même si ça ne justifie en rien le mépris !car c’était surtout aussi la terre des algériens.Pas facile de débattre!Un bon livre à mon goût.

  2. Quelle caricature monstrueuse des pieds noirs!!!
    Mes parents étaient de pauvres ouvriers d ‘oran , je n ‘ai jamais connu de telles familles, on est parti sans rien en 62 , mon pére a laissé un cabanon dont j ‘ai retrouvé les plans….4 pièces …60 m2!! C ‘était tte notre fortune ! Visiblement Belezi a écrit pour ceux qui pensent  » bien » et il a réussi son coup, relisez plutot le premier homme de Camus.

  3. Je n’ai pu terminer ce roman.Pourtant au fil de la lecture je sentais respirer MA terre car sans la connaître Mathieu Belezi la décrit merveilleuse bien
    mais que de cruauté!quelle image des colons!quelle image des rapports entre les communautés!des personnages de cette trempe existent dans tous les pays mais en faire un roman de 500 pages…c’est détruire l’image d’un si beau pays où les colons ne ressemblaient pas tous aux St André…

  4. Oui, je te rejoins pour « l’arrogance des colons ». De ce fait, aucun personnage ne m’était sympathique, à part Antoine… donc lecture déplaisante (car en plus, le style me rebutait), d’où l’abandon !

  5. @Antigone: En fait quand j’ai ouvert ce livre je m’attendais à quelque chose de beaucoup plus léger (plutôt dans le genre « saga familiale »!), c’est sans doute aussi pour ça que cette lecture, et sa violence, m’ont autant désarçonnée. Mais je ne conteste pas le talent de Mathieu Belezi, le style est vraiment remarquable.

  6. J’ai été révoltée par le passage que tu évoques, difficile à surmonter je suis d’accord, mais dans l’ensemble ce roman m’a fascinée et il est d’une grande richesse. Cet auteur a beaucoup de talent.
    Mais je comprends ton abandon…c’est un titre compliqué à conseiller…
    (Lu pour ELLE moi aussi)

  7. @Valérie et @Sylire: J’ai effectivement trouvé les personnages très caricaturaux, que ce soient les colons ou les algériens, qui sont presque tous présentés comme des rustres et des sauvages. D’un côté comme de l’autre j’aurais aimé plus de nuances dans les caractères. Je ne connais pas assez l’histoire de l’Algérie pour juger sur le fond, mais le fait qu’il s’agisse d’un roman et non d’un document laissait quand même une certaine liberté à l’auteur.

    @Sandrine: Il y a plusieurs scènes de massacre au cours du livre mais ce passage, même s’il est assez court, m’a particulièrement frappé 🙁

  8. Cette lecture est dérangeante, je suis d’accord, mais je crains que la vérité ne le soit tout autant. Je voudrais croire que Mathieu Belezi exagère les faits, que les colons n’étaient pas si terribles. Mais je ne suis pas si sûre. Que je sache, il n’y a pas eu de polémique autour de ce livre.
    A tire personnel cette histoire m’a passionnée. Mon billet dans quelques jours…

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