Figure de la télévision française dans les années 60 (elle présentait l’émission « Discorama » tous les dimanches) Denise Glaser a été licenciée en 1975 pour ses prises de position politiques, et après avoir espéré pendant des années pouvoir revenir sur les petits écrans, mourra finalement dans la plus grande solitude en 1983. Trente ans plus tard, Jeanne Rosen, journaliste et romancière, compare son parcours chaotique à celui de Denise Glaser, et s’interroge sur la célébrité.

Colombe Schneck se cache à peine sous le masque de Jeanne Rosen: Toutes deux romancières, Jeanne a écrit un livre sur sa grand-mère quand Colombe en a écrit un sur son grand-père (L’increvable Monsieur Schneck), ont travaillé pour la télé et la radio, ont essuyé beaucoup de critiques, notamment sur leur élocution…  On imagine donc que les données plus personnelles (Jeanne a un mari alcoolique, un enfant différent, et un grand critique littéraire comme amant) concernent aussi l’auteur et elles revêtent du coup un côté très impudique. Si vous souhaitiez en savoir plus sur Colombe Schneck donc, vous serez ravis, si vous vous intéressiez plutôt à Denise Glaser en revanche, vous serez fort déçus! Alors que la quatrième de couverture lui accorde une large place, les quelques lignes qui lui sont consacrées dans le roman sont en fait bien maigres.  Et hormis le fait qu’elles ont évolué dans le même milieu, difficile de comprendre en quoi Jeanne Rosen/Colombe Schneck s’est reconnu en Denise Glaser et de leur trouver des points communs… Reste donc  la sensation désagréable que cette pauvre Denise n’est qu’un faire-valoir, un prétexte pour que la narratrice puisse  mieux parler d’elle-même.  La construction est confuse et hachée, un vrai cache-misère qui tente maladroitement de camoufler le manque de matière.  Car si l’on déshabille un peu ce roman, qu’on le débarrasse de ses prétentions gluantes, il ne reste rien ou presque, si ce n’est l’histoire banale d’une femme qui s’interroge sur sa carrière et sa vie amoureuse, un livre désespérément creux, superficiel et égocentrique.

Editions Stock 2010, 150 pages, 15€.

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14 comments on “[Roman] Une femme célèbre – Colombe Schneck”

  1. Je ne suis absolument pas d’accord avec la critique du livre de Colombe Schneck qui est faite ici. J ‘ai ressenti un réel plaisir à lire cet ouvrage ou la vulnérabilité de ces deux femmes me parait la thématique, évoqué cependant avec pudeur et courage. J’ai découvert les deux personnages que je connaissais peu (Denise Glaser et Colombe, a peine cachée derrière Jeanne) avec bonheur. On perçoit toute l’admiration que l’une porte à l’autre qui, au contraire de s’y comparer, la définie comme son maître, sa référence, l’être libre qu’elle tend elle-même d’être.
    Je conseille vraiment cet ouvrage.

  2. @In Cold Blog: Si c’est Denise Glaser qui t’intéresse, tu fais bien de passer car tu serais effectivement fort déçu! C’est quasiment de la publicité mensongère…

    @Karine & Readpocket: Denise Glaser était une animatrice de la télé française dans les années 60/70 http://fr.wikipedia.org/wiki/Denise_Glaser

    @L’ogresse: Oui il y a sûrement des choses bien plus intéressantes à lire dans cette rentrée littéraire!

    @Lily: Je pensais lire « Val de grâce » mais je pense qu’on ne me reprendra pas de sitôt à lire cet auteur 😉

  3. Le seul côté qui m’aurait intéressé, c’est justement la figure de Denise Glaser qui, si j’ai bien compris, n’est ici qu’un prétexte. Je passe donc volontiers mais j’attends toujours avec impatience qu’un producteur se décide de sortir un jour en DVD les Discorama de la grande Denise.

  4. @George: L’idée de départ n’est pas mauvaise et le parallèle entre ces deux femmes aurait pu être intéressant, le résultat est d’autant plus décevant!

    @Keisha: J’avoue que je ne connaissais pas Denise Glaser, le seul mérite du livre de Colombe Schneck est de la remettre sur le devant de la scène, même si cet « hommage » est plutôt râté.

    @Clara: Je n’aime pas être trop dure, même quand je n’ai pas apprécié un livre j’essaye de trouver des points positifs, mais là vraiment il n’y a rien à sauver à mon avis!

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