Dans l’Afghanistan encore paisible des années 70, Amir et Hassan passent une enfance heureuse. Bien qu’ils appartiennent à deux castes différentes (Amir est le fils du maître Pachtoune et Hassan le fils du domestique Hazara), les deux enfants sont inséparables. Prêt à tout pour attirer l’attention d’un père méprisant, Amir tournera pourtant le dos à Hassan quand celui-ci aura le plus besoin de lui. Rongé par la culpabilité, il ne trouvera l’occasion de se racheter que bien des années plus tard…

Khaled Hosseini mêle le charme du conteur oriental à l’efficacité du romancier anglo-saxon dans ce récit initiatique aux thèmes universels, l’amitié, la loyauté et la trahison. On hésite entre compassion et agacement pour Amir, personnage ambigu, à la fois pathétique dans sa faiblesse et désarmant dans sa culpabilité.

Ce roman est aussi un formidable document sur la culture et l’histoire afghanes. L’auteur apporte un point de vue intimiste – et sans doute en grande partie autobiographique – sur ce pays vers lequel tous les regards se sont tournés au lendemain du 11 septembre 2001: Les ravages de la guerre avec les soviétiques, le régime de terreur instauré par les Talibans, mais aussi les affres de l’exil et la façon dont la communauté Afghane s’organise aux Etats-Unis. Une réussite!

Editions Belfond 2005, 383 pages, 20€
Sélection Roman du Grand Prix des lectrices de Elle 2006

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8 comments on “Les cerfs-volants de Kaboul – Khaled Hosseini”

  1. Contente d’apprendre que « les cerfs volants de Kaboul » a obtenu le grand prix  2006 des lectrices de Elle, j’ai adoré ce livre.

    Pas encore lu « Les hirondelles de Kaboul » mais je le rajoute à ma (longue !) liste.

     

  2. J’ai aussi chroniqué ce superbe livre sur mon blog.

    Je viens à la fin de mon article de mettre un lien sur le tien que je trouve intéressant et complémentaire.

    Au plaisir de se recroiser sur le net via nos blogs respectifs.

  3. A propos de Kaboul, as-tu lu Les hirondelles de Kaboul de Yasmina Khadra? Une histoire d’amour entre une femme adultère punie de mort et son geôlier? Terrible et tellement beau !

  4. Un court extrait

    Encore le mal des transports. Le temps d’atteindre le panneau criblé de balles qui indiquait « La passe de Khaybar vous souhaite la bienvenue », j’avais déjà la bouche emplie de salive et l’estomac qui se soulevait et se tordait. Farid, mon chauffeur, me jeta un regard noir dans lequel ne se lisait aucune compassion.
    – On peut ouvrir ? demandai-je.
    Il alluma une cigarette et la coinça entre les deux doigts qui lui restaient à la main gauche, celle qui tenait le volant.
    Chapitre : 19 – Page : 242 – Editeur : Belfond – 2005

    Ils s’entretinrent ainsi un moment. Le dos voûté, un bras sur le toit de la voiture, Baba ne cherchait même pas à s’abriter. Lorsqu’il se redressa, sa mine abattue m’annonça la fin de la vie que j’avais connue depuis ma naissance. Il s’installa au volant. Les phares s’allumèrent, découpant deux rais de lumière sous l’averse. Si nous avions été les protagonistes de l’un de ces films indiens qu’il nous arrivait d’aller voir, je me serais précipité dehors à cet instant. Pieds nus dans les flaques, je les aurais poursuivis en leur hurlant de s’arrêter, j’aurais tiré Hassan de son siège pour lui dire que j’étais désolé, nous nous serions jetés dans les bras l’un de l’autre. Seulement nous n’étions pas au cinéma. Certes j’étais désolé, mais je ne pleurai ni ne courus derrière eux. Je me contentais de regarder la Mustang quitter le trottoir et emmener celui dont le premier mot avait été mon nom. Hassan m’apparut brièvement une dernière fois, juste avant que mon père tourne à gauche à l’angle de la rue où nous avions si souvent joué aux billes.
    Je reculai d’un pas et ne vis plus que le rideau d’argent de la pluie sur mes vitres.

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