Il y a 3 mois, on nous noyait sous 663 livres à l’occasion de la rentrée littéraire de Septembre. Quelques prix littéraires plus tard, voilà déjà la rentrée de janvier qui s’annonce…

Télérama fait un point sur les coulisses et les retombées d’une rentrée déjà oubliée: Le semi-échec de « La possibilité d’une île » de Houellebecq, qui paye une mauvaise stratégie commerciale, le joli coup d’un premier roman (« Waltenberg » d’Hédi Kaddour), quelques succès qui sont autant ceux d’un éditeur que d’un auteur (« La petite trotteuse » de Michèle Lesbre chez Sabine Wespieser ou « L’art de la joie » de Goliarda Sapienza chez Viviane Hamy), le sabordage inévitable d’une grande partie des titres… « Au total, estime Christine Ferrand, rédactrice en chef de Livres Hebdo, le journal de la profession, « 50 % des romans publiés à la rentrée bénéficient d’une réelle visibilité ». Les autres sont relégués dans les rayons et parfois ne sortent même pas des cartons. « A la fin novembre, il y a des titres que j’ai vendus à un ou deux exemplaires. Voire pas du tout », constate Matthieu de Montchalin. »

Lire l’enquête de Télérama, « Par ici la sortie ».

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11 comments on “Une rentrée littéraire en chasse une autre”

  1. Patiente revanche

    L’ombre au tableau n’a pas fait partie des « gros tirages » de la rentrée littéraire, et n’a été ni encensé ni démoli par la presse. Même pas évoqué…  (hormis un  bel  article dans Corse Matin, exception qui…)

    Il suit néanmoins son petit bonhomme de chemin, aidé seulement par celles et ceux qui ont envie de le faire aimer.

    Le gros avantage, c’est que n’ayant pas squatté le devant des tables de libraires, il n’en est pas non plus évacué au bout de quelques semaines. 

    En fait il est écologique, au sens propre du terme… :  pas de gros tirage, non, mais donc pas de pilonage massif non plus… Au contraire, une ré-édition immédiate, dès que le stock diminue. Ecologique, vous dis-je !

    Ce qui fait qu’il va vivre un bon moment, et bien au delà du prochain, même si je devais mettre dix ans à l’écrire. Non, l’ombre au tableau n’a pas de date de péremption, et vous n’êtes donc pas près d’en être débarrassé.

    Le mieux serait peut-être encore de le lire tout de suite…
    😉

  2. oui c’est le côté « kleenex » qui me dérange, mais j’avoue que j’aime aussi cette excitation, cette effervescence du mois de septembre. Soudainement dans les médias ou dans le bus tout le monde se met à parler littérature!

    Malheureusement, ce sentiment laisse vite place à la frustration… je n’achète jamais de livres brochés, il me faut donc attendre que les titres soient dispos à la bibli ou en poche, j’ai l’impression d’arriver après la bataille.

    C’était mon quart d’heure Caliméro 😉

  3. Je suis également d’accord avec les propos de Lorraine. C’est clair que si un livre paru pour la « rentrée » n’est pas lu dans la semaine, le mois à venir, on peut espèrer qu’il aura une ‘tite chance dans les mois qui suivent.
    Mais comme tu le soulignes, Solenn : les maisons d’édition remballent vite (trop vite) leur marchandise, pour faire place à « l’autre rentrée » (en janvier), donc pfff.. à la longue.
    Personnellement j’aime cette ambiance d’excitation, quand BEAUCOUP de livres sortent, de mes auteurs fétiches ou de premiers romans à découvrir. J’aime ça et j’ai l’opportunité de pouvoir en toucher pas mal. Je ne me fie pas trop aux critiques professionnelles, et je me fais ma propre tambouille et j’en suis contente. Si j’en donne envie à d’autres (des lecteurs lambdas, comme moi) : je suis heureuse !
    Mais le sort des livres, là c’est clair que c’est moche. Les éditeurs devraient un peu miser sur les sorties en poche, surtout pour les jeunes auteurs, premiers romans… Mais bon : money is money.

    NB: J’ai relevé cette phrase dans l’article de Telerama : « Même s’il parvenait à lire un livre par jour, il faudrait deux ans à un libraire pour absorber une rentrée de 663 romans. » Pascal Thuot, de la librairie Millepages, à Vincennes.
    Je trouve ça tellement parlant !!!!!!

  4. Je suis tout à fait d’accord avec toi Lorraine.

    En fait c’est un cercle vicieux, il y a une grosse couverture médiatique pour cette rentrée littéraire. Du coup les éditeurs sortent un maximum de titres pour profiter de ce coup de projecteur. Plus les médias en parlent, plus les éditeurs sortent de livres. Et plus les éditeurs sortent de livres, plus les médias en parlent 🙂 J’espère que cette surenchère finira par se calmer…

    Malheureusement pour un certain nombre de livres, si le succès n’est pas au rendez vous au mois de Septembre, leur carrière s’arrêtera bel et bien là. Les libraires retournent les invendus, les éditeurs jettent l’éponge (pas tous heureusement). Pas de sortie en poche, et donc pas de deuxième chance pour ces livres qui n’ont pas rencontré leur public. C’est bien dommage, car s’ils étaient sortis à une autre période de l’année, leur destin n’aurait peut-être pas été le même…

  5. De toutes façons, ce n’est pas le mois de septembre et sa rentrée littéraire qui donne soudain un appétit littéraire vorace aux français !! Il me semble que ceux qui lisent régulièrement le font tout au long de l’année et que beaucoup en profite aussi pendant l’été… Et le livre n’est pas un objet périssable ! Ne pas être acheté dans le mois qui suit sa sortie ne veut pas forcément dire qu’il est voué à être enterré ! Beaucoup n’ont pas les moyens d’acheter des livres neufs et attendent leur parution en poche ou en bibliothèque ou que l’on leur conseille par le bouche à oreille (qui peut se révéler plus sûr que les critiques littéraires surmédiatisés parfois…)
    D’ailleurs je ne sais pas pourquoi cette « rentrée littéraire » est instituée, avec son avalanche de parutions dont fatalement toutes ne seront pas sous les feux de la rampe… Comme le foie gras ou les mirabelles, le livre devrait avoir sa saison!….. Tant mieux si cette artificialité n’est pas respectée…

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