Martin Dressler3 etoiles

« Jadis vécut un homme du nom de Martin Dressler, qui était fils de commerçant et, après des débuts modestes, s’éleva et connut une fortune comme il en existe dans les rêves. C’était vers la fin du XIX e siècle, lorsqu’en Amérique chacun était susceptible de croiser, au premier coin de rue venu, un citoyen apparemment banal dont le destin serait d’inventer un nouveau type de capsule ou de boite de conserve, de lancer une chaîne de boutiques à prix unique, de vendre un ascenseur plus rapide et plus performant, ou encore d’ouvrir un nouveau grand magasin fabuleux dont les vitrines immenses seraient le résultat d’un perfectionnement du système de production des vitres. « 

Fils d’un marchand de cigares new-yorkais, Martin Dressler connaît une réussite fulgurante à la fin du 19ème siècle. Petit employé dans un hôtel, il monte les grades rapidement avant de prendre son indépendance, de lancer une chaîne de cafés, puis d’investir dans des établissements de plus en plus vertigineux. Il est accompagné dans son ascension par un trio de femmes, une veuve, Margaret Vernon,  et ses deux filles, Caroline, la blonde, qu’il épousera, et Emmeline, la brune, qui le secondera dans toutes ses entreprises professionnelles.

L’ambiance de ce roman est étrange et cotonneuse, et semble osciller sans cesse entre rêve et réalité,   sans qu’on sache jamais vraiment dans quelle dimension on se trouve, ce qui est assez déstabilisant.  Martin Dressler est un personnage visionnaire et insaisissable, difficile à cerner. Eternel insatisfait, courant après ses chimères, il anticipe toujours sur sa prochaine réalisation… Mais où puise t’il l’énergie d’innover encore et encore, lui qui ne semble intéressé ni par l’argent, ni par la gloire?  Difficile de comprendre aussi ses choix sentimentaux quand il jette son dévolu sur Caroline, être apathique, sans substance et sans vie, qui ne semble s’intéresser à personne, et traverse le roman comme un fantôme. Martin étant un infatigable observateur, le texte abonde en descriptions, ce qui donne une jolie balade dans le New-York de la fin du 19ème, en pleine expansion. Mais l’histoire semble souvent  au service de la description, plutôt que l’inverse, ce qui rend parfois la lecture un peu fastidieuse, surtout quand le récit s’attarde sur les délires architecturaux imaginés par Martin. Malgré quelques passages intéressants, j’ai finalement eu bien du mal à entrer dans cet univers très particulier et déroutant.

Le livre de poche 2002, 287 pages, 5€ (1ère édition Albin Michel, 2000)
Lu aussi par Keisha, Sylire, Cuné.

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6 comments on “Martin Dressler ou le roman d’un reveur américain – Steven Millhauser”

  1. @Flannie: Les balades de Martin dans New-York sont effectivement le principal intérêt de ce roman!

    @La plume et la page
    : Le résumé ne m’attirait pas vraiment non plus. Je ne regrette pas de l’avoir lu finalement, mais c’est une lecture à part, très particulière.

    @Neph
    : Je ne dirais pas que c’est ennuyeux, mais c’est un style très descriptif et ce n’est vraiment pas ce que je préfère, après c’est une question de gout 😉

    @Keisha: J’avoue que la description du Grand Cosmo notamment m’a parue interminable…

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