Catégorie : Polars et Romans Noirs

Robe de mari

Note/4 etoiles

robe de marieSophie est une jeune et jolie parisienne qui a tout pour être heureuse. Mais petit à petit elle devient folle. D’abord de petits  trous de mémoire sans conséquences, mais  qui deviennent de plus en plus fréquents et graves. Sa vie lui échappe de manière insidieuse, et elle finit par accomplir des gestes irréparables dont elle ne garde aucun souvenir. Elle perd son boulot, sa famille est décimée, ses amis s’éloignent, et Sophie se retrouve seule. Alors qu’elle croit avoir enfin retrouvé un semblant d’équilibre en devenant la nounou sans histoires d’un petit garçon, elle commet à nouveau un meurtre effroyable et entame une cavale sans fin.

En commençant ce roman, je n’imaginais pas dans quel piège diabolique j’allais tomber! La première partie est assez déstabilisante, on plonge avec Sophie dans la spirale infernale de la folie. Mais quand bien même elle sème sur son passage plus d’un cadavre, on se prend à éprouver de la pitié, voire même de la compassion pour cette jeune femme perdue, impuissante à lutter contre elle-même. Et puis soudain un retournement de situation inattendu (dont je ne vous dirais rien bien sûr) bouleverse toutes nos certitudes et change radicalement la perspective du roman, vous laissant le souffle coupé. A ce stade le lecteur est ferré, et bien ferré, impossible alors de lâcher ce redoutable thriller. J’ai passé un excellent moment avec ce livre même s’il faut bien avouer que  tout ça n’est pas toujours très crédible, certains éléments sont vraiment peu vraisemblables. Autre bémol, la fin m’a un peu déçue, je m’attendais à quelque chose de différent, de plus spectaculaire peut-être. Mais Pierre Lemaître sait en tous cas merveilleusement jouer avec nos nerfs, et « Robe de marié » est un très bon page-turner!

Le livre de poche 2009, 314 pages, 6,50€. Ce livre m’a été offert par l’éditeur.
Lu aussi par Cuné, Stephie, Kathel, Canel

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Meurtres en copropriété – Deborah Crombie

Note/ 2 étoiles

Meurtres en copropriétéRécemment promu, le superintendant Duncan Kincaid compte bien profiter d’une semaine de congés bien méritée en ce mois de septembre. Le voilà donc dans le Yorkshire dans une belle résidence en copropriété, pas vraiment le style du bonhomme, mais cette semaine tout confort  lui a été cédée par son cousin, qui ne peut quitter Londres. Mais notre superintendant ne va pas avoir le temps d’apprécier ce cadeau: Le lendemain de son arrivée, le jeune directeur adjoint est retrouvé mort dans la piscine de la résidence… Si la police locale penche pour un suicide,  Duncan Kincaid lui comprend vite qu’il s’agit d’un meurtre.

Une directrice séduisante et ambitieuse, deux vieilles filles, une jolie et mystérieuse scientifique, un député en pleine ascension et sa femme un peu trop portée sur la bouteille, un couple de rétro-hippies, un homme en instance de divorce et sa fille adolescente, un ancien militaire et sa discrète épouse: Tous les résidents cachent de gros secrets ou de petites lâchetés, mais lequel d’entre eux a donc assassiné le jeune homme?

Meurtres en copropriété est la première aventure d’un duo d’enquêteurs de Scotland Yard, Duncan Kincaid et son acolyte Gemma James (qui n’a ici qu’un rôle secondaire). Une ambiance très british (la photo de couverture annonce la couleur), une vaste demeure, et pas mal de suspects potentiels, voilà qui suffit sans doute à situer ce premier tome dans la lignée d’Agatha Christie, même si le résultat s’avère bien en dessous de ce qu’a pu produire la vieille dame du polar anglais. Car ce roman policier tombe vite dans tous les travers du genre, une galerie de personnages superficiels et caricaturaux, pas mal d’approximations et de facilités dans l’intrigue, beaucoup de clichés, et un style très lourd. Pourtant, malgré tous ces défauts, j’ai trouvé que ce premier tome se laissait lire sans déplaisir, ce n’est pas un roman follement original, mais il est parfois assez agréable de se balader ainsi sur des sentiers balisés et peu risqués. Alors si vous cherchez un polar classique et facile à lire, pourquoi pas?

Le livre de poche 2009, 318 pages, 6€. Titre original A share in death, traduction d’Anne Crichton.
Les avis de Keisha, Fashion (un roman écrit avec les pieds et roulé sous les aisselles!), Lilibook, Uncoindeblog.

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Etat de choc – Margaret Murphy


Un jeune garçon est retrouvé errant en pleine nuit dans les rues de Liverpool, muet et terrorisé. Il est confié à une infirmière, Jenny, et à son compagnon, Fraser, qui accueillent depuis de nombreuses années des enfants en difficulté. Un autre enfant qui disparaît, un couple de petits voyous en possession de cartes bancaires volées, une femme qui se vide de son sang sur le sol de sa cuisine, et une jeune standardiste très  perturbée… Existe t-il un lien entre tous ces personnages?

La quatrième de couverture et les premières pages étaient prometteuses, et toutes ces pistes qui s’entremêlent plutôt excitantes. L’intrigue principale est accrocheuse, et il y a même quelques bonnes idées, comme le thème de la « fausse mémoire » (sous l’influence de thérapeutes maladroits, des personnes fragiles se souviennent d’évènements traumatisants n’ayant en fait jamais eu lieu). Malheureusement ce dernier point est bien  mal exploité, comme si l’auteur ne savait pas très bien comment l’intégrer à son histoire. Globalement Margaret Murphy, que je découvre avec ce roman, ne semble pas du tout maîtriser son affaire, elle a beaucoup d’idées mais n’arrive pas à les organiser et à les étoffer: Personnages transparents, multiplication de pistes sans intérêt, scènes inutiles, dialogues à rallonge, accumulation de clichés, platitudes et grosses ficelles. Un dénouement sans surprise souligne encore un peu plus la vacuité de ce roman et son manque de cohérence. Une  vraie  déception.

Le livre de poche 2008, 381 pages, 6,50€
Titre original: Past reason, traduction d’Elishéva Marciano
L’avis de Keisha.

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Les feuilles mortes – Thomas H. Cook


Propriétaire d’un magasin de photos dans une petite ville américaine, Eric Moore mène une vie tranquille avec sa femme Meredith et leur fils de 15 ans, Keith. Ce dernier joue parfois les baby-sitters pour des voisins. Ainsi un soir, il garde la jeune Amy, mais le lendemain matin, la petite fille est introuvable, et les soupçons de la police se portent aussitôt sur le fils d’Eric.

Après la stupéfaction, le doute va aussi faire son chemin chez Eric: cet adolescent solitaire et taciturne avec qui il n’arrive pas à communiquer n’est certes pas le fils dont il rêvait. Est ce que cela en fait un coupable pour autant? Puis insidieusement, comme la gangrène, le soupçon va grignoter la vie d’Eric, il se met à douter de tout et de tous, de sa femme, de lui même: Sa propre enfance lui revient en pleine figure, sous un éclairage nouveau qui lui laisse penser que toute sa vie pourrait n’être qu’une succession de mensonges… En ouvrant ce livre, je m’attendais clairement à un polar, mais ce n’est pas tout à fait le cas, on est ici plutôt dans le roman noir, très axé sur la psychologie du personnage principal. Contre toute attente, la disparition de la petite Amy n’est pas le point central du récit, mais plutôt un déclencheur: La prise de conscience d’Eric, sa souffrance, les sentiments confus qu’il éprouve envers ses proches sont le véritable moteur de ce roman. Même si cet aspect est intéressant, et le point de vue original, j’ai un peu regretté quand même le manque de consistance de l’enquête qui passe souvent au second plan, et qui réserve finalement peu de surprises.

Gallimard Série Noire, 275 pages, 22,50€

livres, critiques citations et bibliothèques en ligne sur Babelio.com

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L’interprétation des meurtres – Jed Rubenfeld


Freud est invité en 1909 à donner une série de conférences aux Etats-Unis, et à son arrivée à New-York, il est accueilli par Younger, un psychanalyste
issu de la grande bourgeoisie américaine. Au même moment une jeune new-yorkaise est assassinée dans une luxueuse résidence, puis une autre jeune fille est sauvagement agressée. Alors que
l’inspecteur Littlemore et le médecin légiste Hugel s’associent pour trouver des indices, Younger, avec l’aide de Freud, entame une psychanalyse avec la deuxième victime afin de l’aider à
recouvrer la mémoire.

Si Freud a finalement un rôle mineur dans l’enquête elle-même, contrairement à ce que laisse entendre la 4ème de couverture, la
psychanalyse n’a pourtant ici rien d’un gadget: La façon dont les théories de Freud étaient perçues en ce début de siècle, entre méfiance, désapprobation et fascination,

les tentatives diverses visant à déstabiliser le psychanalyste viennoisla
rupture avec son héritier désigné Carl Jung, le complexe d’Oedipe, l’interprétation du monologue d’Hamlet (Etre ou ne pas être)…  Des digressions accessibles, même lorsqu’on
n’y connait pas grand chose dans ce domaine,  et pas inintéressantes mais qui alourdissent le propos au détriment de l’intrigue. J’avais envie de connaître le fin mot de l’histoire mais
j’avoue que j’ai eu un peu de mal à aller au bout de ma lecture. L’interprétation des meurtres est un roman ambitieux, qui mélange faits réels et
imaginaires, et qui a sans doute nécessité un travail de recherche titanesque, non seulement sur la psychanalyse mais aussi sur le New-York du début du XXe. Mais à vouloir trop en mettre,
l’auteur s’est à mon avis laissé un peu manger par son histoire… Un premier roman avec quelques failles donc, mais un auteur à suivre!


2007, Editions du Panama, 473 pages, 22€  (Traduction Carine Chichereau, Titre original: The Interpretation of
Murder
)


Lu aussi par Chaperlipopette, Michel, Pascal
& Laure


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