Catégorie : Sorties Poches

Sorties Poches Février 2009



Festin
de miettes
de Marine Bramly
« Elle traversa le vestibule sur la pointe des pieds, s’appliquant comme par le passé à ne marcher que sur les cabochons noirs du carrelage en damier, moins par superstition que par crainte de
laisser des traces de son passage sur le marbre blanc. Elle retrouvait ses vieux réflexes. De peur que les Rausbœrling ne se lassent de sa présence […]. »
Sophie la provinciale, la mal-aimée, idolâtrait Deya, fille de grands bourgeois protestants, décadents et singuliers.Puis Sophie a été chassée du paradis. Les années ont passé, et soudain ce coup
de fil de Deya… Roman d’amour et d’amitié, de démence et de ténèbres, ce Festin de miettes nous entraîne de Saint-Germain-des-Prés à la brousse sénégalaise, dans une épopée contemporaine
haletante. (11 février, Le livre de poche)
Lu par Clarabel, Choupynette, La muse
agitée
, et la critique de Lire.


Madeleine d’Amanda Sthers
 » Il l’a vouvoyée. Il n’a parlé de rien. Ni de maisons, ni de ce lit, ni de cette fois. Est-ce un rendez-vous ? Une deuxième visite ? Il a donné l’heure d’arrivée de son avion. Le même, même
jour. Déjà deux mois plus tard. Le souvenir est bien là, brûlant sur les cuisses de Madeleine. Est-ce qu’il faut aller chez le coiffeur ? Du noir, ça mincit mais la peur aussi, le lointain. Du
marine ? Du marron ? Du temps, pas beaucoup ? Que dit-elle ? Elle dit oui, je vous attendrai. Le silence est long. « Vous me reconnaîtrez ? » essaie-t-elle. Il ne répond même pas. Elle ne sait pas
comment on attrape un homme, ils lui glissent entre les doigts comme du vif-argent, et celui-là est bien plus qu’un homme. Il est celui qu’elle aime, celui qu’elle attendait.  »  (11 février,
le livre de poche)
Lu par Lily



Odette Toulemonde d’Eric Emmanuel Schmitt
«Cher monsieur Balsan, Je n’écris jamais car, si j’ai de l’orthographe, je n’ai pas de poésie. Or il me faudrait beaucoup de poésie pour vous raconter l’importance que vous avez pour moi. En
fait, je vous dois la vie. Sans vous, je me serais tuée vingt fois.»
Odette Toulemonde.
La vie a tout offert à l’écrivain Balthazar Balsan et rien à Odette Toulemonde. Pourtant, c’est elle qui est heureuse. Lui pas. Leur rencontre fortuite va bouleverser leur existence.
Huit récits, huit femmes, huit histoires d’amour. De la petite vendeuse à la milliardaire implacable, de la trentenaire désabusée à une mystérieuse princesse aux pieds nus en passant par des
maris ambigus, des amants lâches et des mères en mal de filles, c’est une galerie de personnages inoubliables qu’Eric-Emmanuel Schmitt poursuit avec tendresse dans leur quête du bonheur. (le
livre de poche, 4 février)
Lu par
Deedee, Bernard, Laurence



Citoyens clandestins
de DOA
« A circonstances exceptionnelles, mesures exceptionnelles. » Le colonel Montana leva le nez pour observer le ciel qui s’assombrissait. « Croyez-moi, lorsque nous avons évoqué les retombées
éventuelles de l’utilisation de la petite saloperie qui se balade dans la nature… Il ne s’agit pas seulement de sauver quelques vies humaines, Charles, mais de préserver notre crédibilité,
notre influence internationale ainsi que des pans entiers de nos complexes militaro-industriel et pétrochimique. Nous ne pouvons pas nous permettre que des informations sur l’existence et la
circulation de ces armes s’ébruitent. Et encore moins que celles-ci soient utilisées dans le cadre d’une action terroriste. Surtout avec ce qui vient de se passer à New York et à moins d’un an
des présidentielles… » (19 février, Folio policier)



Tom est mort
de Marie
Darrieussecq
Voici dix ans que son fils est mort, il avait quatre ans et demi. Pour la première fois depuis ce jour quelques moments passent sans qu’elle pense à lui. Alors, pour empêcher l’oubli, ou pour
l’accomplir, aussi bien, elle essaie d’écrire l’histoire de Tom, l’histoire de la mort de Tom, elle essaie de s’y retrouver. Tom qui est devenu mort, Tom à qui on ne pense plus qu’en sachant
qu’il est mort. Elle raconte les premières heures, les premiers jours, et les heures et les jours d’avant pareillement, comme s’il fallait tout se remémorer, elle fouille sans relâche, elle veut
décrire le plus précisément et le plus profondément possible, pas tant les circonstances de la mort de Tom que ce qui a précédé, que ce qui s’en est suivi, la souffrance, le passage par la folie,
et le fantôme de son enfant. Le plus concrètement aussi parce que, c’est sûr, la vérité gît dans les détails. C’est la raison pour laquelle ce texte qui devrait être insoutenable et qui va si
loin dans l’interrogation de la douleur est si convaincant, si proche. (19 février, Folio)
Lu par Bernard, Thom, Flo, Laure, Sophie, Sylire, Gawou



La chaussure sur le toit
de Vincent Delecroix
Au centre du roman, une chaussure abandonnée sur un toit parisien. Tous les personnages du livre fréquentent le même immeuble, à proximité des rails de la gare du Nord. On rencontrera un enfant
rêveur, un cambrioleur amoureux, trois malfrats déjantés, un unijambiste, un présentateur vedette de la télévision soudain foudroyé par l’évidence de sa propre médiocrité, un chien mélancolique,
un immigré sans papiers, une vieille excentrique, un artiste (très) contemporain, un narrateur au bord du suicide… et une chaussure pleine de ressources romanesques. L’imbrication des histoires
les unes dans les autres à l’intérieur du roman permet à Vincent Delecroix d’aborder des registres très différents, du délire philosophique à la complainte élégiaque en passant par la satire de
mœurs et par la peinture drolatique de la solitude – thème de prédilection de l’auteur. (12 février, Folio)
Lu par
Laurence, So



Cercle
de Yannick Haenel (Prix Décembre 2007)
Un homme décide, un matin, de ne plus aller à son travail. Il rompt ses attaches et se met à errer librement dans Paris. Il découvre ce qu’il nomme l' »existence absolue ». Des phrases ruissellent
dans son corps; des extases surgissent à chaque instant. Il rencontre une danseuse de la troupe de Pina Bausch, qui l’ouvre à la dimension poétique. Cette expérience de liberté lui donne accès à
un étrange phénomène – l’événement -, dans lequel se concentrent à la fois le secret de la jouissance et la destruction qui régit le monde. Son odyssée le conduit à travers l’Europe de l’Est.
Elle passe par Berlin, Varsovie et Prague, et fait l’épreuve de l’invivable contemporain. Elle réveille la mémoire du mal : le « cauchemar de l’Histoire » dont parle Joyce, mais aussi un monde
qu’il est possible de réenchanter par l’opération érotique des phrases. (19 février, Folio)
La critique de
Lire.



José
de Richard Andrieux
José a neuf ans. Ce bout de chou n’a jamais connu son père ; il vit avec sa mère, avec un lit qu’il appelle  » voyage « , et un bougeoir rebaptisé le  » colonel  » Dans sa chambre, il s’invente un
univers qui n’existe que pour lui. Personne n’y a accès, pas même sa propre mère. Reviendra-t-il indemne de cet ailleurs dans lequel il se mure ? Le docteur dit de ne pas trop s’inquiéter, alors
sa mère attend, sans trop y croire. Avec une infinie pudeur, Richard Andrieux explore l’imaginaire d’un enfant à part, qui tient par un fil, suspendu entre deux mondes. (Pocket)
Lu par Lily, Gawou, Florinette, Eric, Fab, Mimienco, Laure, Martine



Coeur de pierre
de Pierre Peju
Leïla, une lycéenne ardente et audacieuse, troublée par un cours de philosophie sur les âmes et les sorts, décide de tout quitter, famille, études, banlieue, pour partir sur les routes. Schulz,
un homme errant, au bout du rouleau, entraîne la jeune fille dans une fatale randonnée. Il y a aussi Ellen, belle Irlandaise, Juliette, comédienne en quête d’un rôle, Mahler, psychanalyste
détraqué, et Larsen, le romancier aux prises avec l’une de ses créatures… Qui manipule ces personnages ? Seule Mémé la Noire, la « femme oracle », connaît le secret des destins croisés. Roman
captivant, Cœur de pierre est aussi un récit ironique et métaphysique, qui parle du Destin, de l’incertitude des relations et des pouvoirs de l’écriture. (12 février, Folio)
Lu par
Florinette, So



Le serment des limbes
de Jean-Christophe Grangé
Quand Mathieu Durey, flic à la brigade criminelle de Paris apprend que Luc, son meilleur ami, flic lui aussi, a tenté de se suicider, il n’a de cesse de comprendre ce geste. Il découvre que Luc
travaillait en secret sur une série de meurtres aux quatre coins de l’Europe dont les auteurs orchestrent la décomposition des corps des victimes et s’appuient sur la symbolique satanique. Les
meurtriers ont un point en commun : ils ont tous, des années plus tôt, frolé la mort et vécu une « Near Death Experience ». Peu à peu, une vérité stupéfiante se révèle : ces tueurs sont des «
miraculés du Diable » et agissent pour lui. Mathieu saura-t-il préserver sa vie, ses choix, dans cette enquête qui le confronte à la réalité du Diable ? (le livre de poche)
Lu par
Coeurdechene
(Biblioblog)
, So



L’amour comme par hasard d’Eva Rice

1954. Pénélope et Charlotte, de
jeunes Anglaises issues de familles aristocratiques mais désargentées, sont folles du chanteur Johnnie Ray, qui fait fureur des deux côtés de l’Atlantique. Harry, le cousin de Charlotte, essaie
de reconquérir une extravagante actrice américaine qui s’est fiancée avec un autre. Pénélope, elle, est subjuguée par l’irrésistible Rocky Dakota, un imprésario hollywoodien de vingt-cinq ans son
aîné. Mais Rocky s’intéresse-t-il à elle ou à sa mère, une veuve éblouissante qui ne s’est jamais remise de la mort de son mari bien-aimé au champ d’honneur ?
Un marivaudage, dans lequel Eva Rice réinvente avec esprit les jeux de l’amour et du hasard, dans une Angleterre attachée à ses traditions, sur fond de rock’n roll…(Le livre de
poche)

Lu par Virginie, Clarabel



Le seigneur de Bombay de Vickram
Chandra
Bombay est un monstre. Cruelle aux misérables, douce aux corrompus, elle grouille, vibre, enfle et dévore les imprudents qui gênent sa croissance. Pourtant, ceux qui goûtent trop longtemps à
l’air vicié de ses rues défoncées ne peuvent plus s’en passer. Bombay est une drogue. Et le lieux de tous les possibles. Là, vivent deux hommes qui ne se connaissent pas : Ganesh, un gangster,
roi de la pègre – le seigneur de Bombay ; Sartaj, flic de quartier sur le retour, ancien play-boy vieillissant, qui a perdu ses ambitions et ses illusions. Le grand bandistisme n’est pas de son
ressort. Mais un jour, Sartaj se trouve face au cadavre de Ganesh. Pourquoi le seigneur de Bombay s’est-il mis une balle dans la tête dans le sous-sol de son bunker flambant neuf ? De la réponse
dépend la vie de vingt-six millions de personnes – de tous les citoyens de la région de Bombay. (le livre de poche, 5 février)
Lu par
Val, Agnès, Callyrhoé



Perte et fracas de Jonathan Tropper
J’avais une femme. Elle s’appelait Hailey. Aujourd’hui, elle est morte. Et je suis mort aussi. Doug a 29 ans et il est veuf. Depuis deux ans. Depuis que l’avion dans lequel voyageait Hailey a
explosé en plein vol. Et depuis, Doug se noie dans l’autoapitoiement comme dans le Jack Daniel’s… Jusqu’à ce que sa petite famille débarque en force. Son beau-fils, Russ, en conflit avec
l’humanité entière. Sa jumelle, enceinte, qui décide de s’installer chez lui. Et sa plus jeune sœur, qui s’apprête à épouser l’ex-meilleur ami de Doug… rencontré à l’enterrement de Hailey !
Sans oublier son père, qui commence à perdre la tête et lui demande régulièrement des nouvelles de sa femme, ou encore sa voisine qui s’obstine à lui susurrer des mots cochons à l’oreille… Et
que dire de ses allures d’écrivain ténébreux qui lui attirent les faveurs de la gent féminine et des grands éditeurs, grâce à sa chronique hebdomadaire  » Comment parler à un veuf  » qui a fait de
lui une star ! Qu’il le veuille ou non, plus question de se couper des autres. Pourtant, ce n’est que lorsque Russ est précipité dans les pires ennuis que Doug reprend réellement les choses en
main. Et son retour à la vie ne se fera pas sans perte et fracas… (10-18, 5 février)
Lu par
Clochette



Mort aux cons de Carl Aderhold

« Contrairement à l’idée répandue,
les cons ne sont pas réformables. Une seule chose peut les amener non pas à changer, mais du moins à se tenir tranquilles : la peur. Je veux qu’ils sachent que le temps de l’impunité est révolu.
Je compte à mon actif cent quarante meurtres de cons. Afin qu’ils ne soient pas morts pour rien, je vous enjoins de lire ce manifeste. Il explique le sens véritable de mon combat. » Qui n’a
jamais rêvé de tuer son voisin le dimanche matin quand il vous réveille à coups de perceuse ? Ou d’envoyer dans le décor l’automobiliste qui vous serre de trop près ? Mais passé les premiers
meurtres d’humeur qui le débarrassent des cons de son entourage, le héros prend peu à peu conscience de l’ampleur de sa mission. (Le livre de poche, 4
février)

Lu par Clochette



Tribulations d’un précaire
d’Ian Levison
C’est dans la mythique et sulfureuse ville de Chicago, dans le microcosme d’un département d’université, qu’Alaa El Aswany recrée une little Egypt en exil. Avec son art de camper de multiples
personnages et de bâtir des intrigues palpitantes, il compose un magnifique roman polyphonique, entrecroisant des vies qui se cherchent et se perdent dans les méandres du monde contemporain, des
existences meurtries d’avoir été transplantées dans un univers à la fois étrange et étranger.
Alors que la visite officielle du président égyptien à Chicago est annoncée, le système policier de l’ambassade se met en branle pour protéger et rassurer une Amérique traumatisée par les
attentats du 11 Septembre. Cette dimension politique confère au passionnant Chicago l’ampleur d’un roman choral propre à exprimer le monde dans la douceur de ses rêves comme dans la violence de
ses contradictions. (Liana Levi)
Lu par
Laurent, Flo



Chicago
d’Alaa El Aswany
C’est dans la mythique et sulfureuse ville de Chicago, dans le microcosme d’un département d’université, qu’Alaa El Aswany recrée une little Egypt en exil. Avec son art de camper de multiples
personnages et de bâtir des intrigues palpitantes, il compose un magnifique roman polyphonique, entrecroisant des vies qui se cherchent et se perdent dans les méandres du monde contemporain, des
existences meurtries d’avoir été transplantées dans un univers à la fois étrange et étranger. Alors que la visite officielle du président égyptien à Chicago est annoncée, le système policier de
l’ambassade se met en branle pour protéger et rassurer une Amérique traumatisée par les attentats du 11 Septembre. Cette dimension politique confère au passionnant Chicago l’ampleur d’un roman
choral propre à exprimer le monde dans la douceur de ses rêves comme dans la violence de ses contradictions. (Babel)
Lu par
So



Indian
Tango
d’Ananda Devi
 » Elle s’est tournée pour partir sans même me voir, rentrée en elle-même, inatteignable. Elle a resserré le pan de son sari sur ses épaules. Sous la finesse du tissu, l’échancrure de la blouse
laisse entrevoir une poitrine abondante. Peut-être n’est-elle même pas consciente de son attrait ? Peut-être n’y a-t-il eu personne pour le lui apprendre et réveiller en elle quelque orgueil
endormi, quelque secrète vanité ? J’ai perçu en elle la promesse d’une musique qui n’avait pas encore été jouée et qui, même désaccordée, contiendrait sa secrète harmonie. Suffirait-il de jouer
en virtuose de l’instrument pour l’allumer de lumières et de couleurs nouvelles et franchir ses ténèbres ?  » Avril 2004. New Delhi. L’Inde est en pleine campagne électorale. Sonia Gandhi –
l’Italienne, l’étrangère – deviendra-t-elle le prochain Premier ministre ?… Mais pour Suhhadra, cinquante-deux ans, grande, plutôt ronde, une femme ordinaire, la préoccupation est autre :
ira-t-elle à ce pèlerinage de renoncement des femmes ménopausées que lui propose sa belle-mère pour marquer la fin de sa féminité ? Ou cédera-t-elle au contraire à la mystérieuse séduction de
l’autre qui la suit depuis un mois dans les rues de Delhi ? Un étrange pas de deux, chassé-croisé amoureux qui lui offre une chose que personne ne lui a jamais offerte : son propre corps… (12
février, Folio)



Un homme
de Philip Roth
Un homme. Un homme parmi d’autres. Le destin du personnage de Philip Roth est retracé depuis sa première et terrible confrontation avec la mort sur les plages idylliques de son enfance jusque
dans son vieil âge, quand le déchire la vision de la déchéance de ses contemporains et que ses propres maux physiques l’accablent. Entre-temps, publicitaire à succès dans une agence à New York,
il aura connu épreuves familiales et satisfactions professionnelles. D’un premier mariage, il a eu deux fils qui le méprisent et, d’un second, une fille qui l’adore. Il est le frère bien-aimé
d’un homme sympathique dont la santé vigoureuse lui inspire amertume et envie, et l’ex-mari de trois femmes, très différentes, qu’il a entraînées dans des mariages chaotiques. En fin de compte,
c’est un homme qui est devenu ce qu’il ne voulait pas être. Ce roman puissant – le vingt-septième de Roth – prend pour territoire le corps humain. Il a pour sujet l’expérience qui nous est
commune et nous terrifie tous. (5 février, Folio)
Lu par Yohan (Biblioblog), Cathe, Bernard



Cochon d’allemand
de Knud Romer
Que signifie être allemande dans une petite ville danoise, quelques années après la fin de la Seconde Guerre mondiale ? Que ressent-on quand on se fait traiter de « cochon d’Allemand » à chaque
récréation ? Quand on est témoin de l’ostracisme permanent à l’égard de sa mère ? Pour avoir été ce « cochon d’Allemand » à Nykobing Falster où il est né en 1960, KNUD ROMER le sait. À partir de
ses souvenirs, il compose un récit déchirant sur l’enfance réduite malgré elle à se fondre dans un conformisme de survie. En évoquant sa famille, l’auteur dresse une galerie de portraits
pathétiques et nous fait remonter dans le temps : le roman autobiographique se transforme en une fresque historique, celle du Danemark et de l’Allemagne au cours du XXe siècle. Lauréat en 2006 de
nombreux prix, Cochon d’Allemand dépeint dans un style dense et enlevé une époque teintée de rancœur et de culpabilité. (12 février,
Folio)
Lu par Bernard, Elfe, Sentinelle, Lily, Thom, Papillon, Florinette, Chaperlipopette, Cathulu, Fashion, Sébastien

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Sorties poches Janvier 2009



Dictionnaire egoïste de la littérature française de Charles Dantzig

« A » comme «
Apollinaire », mais aussi comme « Âge des lectures ». « B » comme «Balzac », mais aussi comme « Bibliothèques de maison de campagne », « Belle du seigneur».« C » comme « Corneille», mais
aussi comme «Commencer (par quoi)». «D» comme «Du Deffand», mais aussi «Décadence et mort d’un écrivain» ou «Del Dongo»… De François Villon à Françoise Sagan, le Dictionnaire égoïste de la
littérature française
rassemble des auteurs célèbres et d’autres méconnus, des œuvres lues et d’autres qui pourraient l’être davantage, des personnages de fiction, des notions. Ce n’est pas
un dictionnaire comme les autres. Il est érudit, allègre, partial, drôle, s’intéressant aux êtres et pas seulement aux écrits, brillant, inattendu. Bref, il est à part. C’est un exemple achevé de
gai savoir. Cet ouvrage a obtenu le prix Décembre, le prix de l’Essai de l’Académie française et le Grand Prix des lectrices de Elle. (Le livre de poche, 7
janvier)




Un homme accidentel de Philippe Besson
L’un est un inspecteur de police de Los Angeles, marié et sans histoires. L’autre est la nouvelle coqueluche d Hollywood, celui dont les tabloïds s’arrachent les photos. Sans l’assassinat d’un
jeune prostitué dans un des quartiers les plus riches de L.A, ils ne se seraient jamais rencontrés… Alors que deux mondes opposés se télescopent dans un jeu de cache-cache mêlé de fascination
et de faux-semblants, l’enquête policière va révéler bien plus que l’identité du coupable. Derrière le cliché d’une existence bien rangée, ou celui des paillettes et du glamour, se cachent la
vulnérabilité et la solitude de deux êtres. Aucun n’avait prévu l’attirance violente qui les pousse soudain l’un vers l’autre. Comment ces deux hommes, icônes d’une certaine Amérique et symboles
de la virilité, vont-ils faire face à l’inédit ? Et combien de temps un amour, même absolu, peut-il se maintenir en marge de la morale et des lois ? Tantôt roman noir, tantôt road movie, cet
hommage aux films hollywoodiens est aussi le récit d une ville mythique, Los Angeles, où l’omniprésente lumière californienne irradie tout, des rues aux villas de stars, en passant par les motels
de Venice Beach et les rivages du Pacifique. Cette lumière vengeresse semble n’avoir qu un seul but : révéler le mensonge des apparences, confronter les êtres à leurs secrets enfouis et à leur
vérité nue. (10/18, 8 janvier)
Lu par
Dda, Kathel, Caroline



Contre-enquête sur la mort d’Emma
Bovary
de Philippe Doumenc
“Assassinée, pas suicidée.” Si Mme Bovary a bien chuchoté cela sur son lit d’agonie, tout est changé et une enquête s’impose – que deux policiers vont mener avec une efficacité redoutable…Elle
s’appelle Emma Bovary et son histoire est célèbre. Amoureuse de l’amour, elle a vécu d’illusions, trompé son mari et ruiné son ménage. Dans un geste de désespoir, elle se tue en absorbant une
forte dose d’arsenic, c’est du moins ce que prétendra Flaubert. Or c’est un fait reconnu que l’arsenic, en une seule prise, n’est presque jamais mortel… Voici ce qui s’est réellement passé :
au chevet de la jeune femme, deux médecins ont été appelés. L’un, le docteur Canivet, relève des traces discrètes de contusions ; l’autre, le professeur Larivière, pourra témoigner des
derniers mots chuchotés par Emma : “Assassinée, pas suicidée.” Deux policiers de Rouen sont dépêchés à Yonville afin d’élucider l’affaire. Et les voilà bientôt nantis de plusieurs suspects
possibles : un mari cocufié, un prêteur sur gages, deux femmes de caractère, un cynique libertin, un pharmacien concupiscent… Dans le décor médiocre et petit-bourgeois où Emma suffoquait
d’ennui, Philippe Doumenc orchestre une contre-enquête brillante et talentueuse, un vrai et noir roman qui nous révèle enfin ce que Flaubert lui-même feignait d’ignorer. (Babel, 7
janvier)
Prix Biblioblog du roman
2008
, lu aussi par Clochette, Papillon, Marie, Laure, Bladelire, Keisha, Liliba.



Lettre à D., histoire d’un
amour
d’André Gorz
«Tu vas avoir quatre-vingt deux ans. Tu as rapetissé de six centimètres, tu ne pèses que quarante-cinq kilos et tu es toujours belle, gracieuse et désirable. Cela fait cinquante-huit ans que nous
vivons ensemble et je t’aime plus que jamais. Je porte de nouveau au creux de ma poitrine un vide dévorant que seule comble la chaleur de ton corps contre le mien.» (Folio)
Lu par Gambadou, Jules, Bernard, Sylvie.



Dans le café de la
jeunesse perdue
de Patrick Modiano
Encore aujourd’hui, il m’arrive d’entendre, le soir, une voix qui m’appelle par mon prénom, dans la rue. Une voix rauque. Elle traîne un peu sur les syllabes et je la reconnais tout de suite : la
voix de Louki. Je me retourne, mais il n’y a personne. Pas seulement le soir, mais au creux de ces après-midi d’été où vous ne savez plus très bien en quelle année vous êtes. Tout va recommencer
comme avant. Les mêmes jours, les mêmes nuits, les mêmes lieux, les mêmes rencontres. L’Eternel Retour. (Folio)
Lu par Bernard, Jules, Fab.


Avant les hommes
de Nina Bouraoui
«Avez-vous des grains de beauté? Des cheveux blancs que vous teignez? Pratiquez-vous un sport? Prenez-vous des coups de soleil? Faites-vous l’amour la veille ou le matin de nos séances? En
gardez-vous une trace? Est-ce que je suis jalouse? Avez-vous eu des relations sexuelles avec une autre femme? Avez-vous peur de la nuit? De l’amour? Comment se prénomment vos enfants? Êtes-vous
une mère douce? Combien de baisers par jour? Quels sont vos mots sur moi? Quel est mon dossier? Me trouvez-vous jolie? Intelligente? Perdue? Avez-vous fixé ma voix sur une bande magnétique?
Dois-je vous avouer qu’il m’arrive de rêver de vous?»  Dans un style ample et fluide, Nina Bouraoui restitue cette parole propre à la thérapie, cet abandon qui reste tenu, contrôlé, dans une
frénésie de vitesse, et révèle la géographie intime, physique et amoureuse d’une «déracinée». Un «roman-confession» d’une grande maîtrise. (Folio, 11 janvier)
Lu par Laure.


Le nouvel amour
de Philippe
Forest

«Il paraît que l’amour
n’est pas la grande affaire dans l’existence des hommes, qu’ils ne grandissent pas en pensant qu’il y a devant eux cette chose affolante, ce souci d’être à quelqu’un d’autre où se tient tout le
sens possible de leur vie. Il paraît que de telles fables sont l’affaire exclusive des femmes. Que ce sont elles seules qui calculent tout de leur temps en raison de l’amour qui viendra. Je ne
sais pas. Il me semble que j’ai toujours pensé que l’amour m’attendait, que j’allais à sa rencontre, et que si par malheur je le manquais, j’aurais tout manqué avec lui. Qu’il n’y avait au fond
rien d’autre que cela à attendre de la vie. Rien d’autre, oui, si ce n’est l’amour. Et comme l’écrit un poète, tout le reste m’est feuilles mortes.» (Folio)
Lu par
Bernard.


Rêve d’amour
de Laurence Tardieu
Nous sommes le 21 juillet 2006. Il est vingt heures. Je m’appelle Alice Grangé. J’ai trente ans. Gérard Oury est mort hier. Tout cela est certain. Vérifiable. Le réel. Je marche vers un homme que
je ne connais pas. Ça encore, le réel. Cet homme a aimé ma mère. Ma mère a aimé cet homme. Je n’en suis déjà plus sûre. Cet homme va me parler de ma mère. Je ne sais pas.  Je vais retrouver
quelque chose de ma mère. Je ne sais pas. Les choses les plus importantes sont-elles celles que l’on sait, ou celles que l’on cherche ? Je m’appelle Alice Grangé. J’ai trente ans. Je cherche ma
mère.(Le livre de poche, 4 janvier)
Lu par Amanda, Jules, Clarabel, Lily, Papillon, Sylvie, Fashion, Chiffonnette, Lorraine, Emeraude

Les hauts du bas de Pascal Garnier
Un vieux notable septuagénaire, handicapé, acariâtre et son souffre-douleur aide soignante jouent à cache-cache avec la mort et les morales au fin fond d’un village de la Drôme. Ce curieux
couple, autour duquel rôde la mort, va basculer dans les recoins les plus sombres de l’âme humaine. (Le livre de poche, 4 janvier)



Itinéraire d’enfance de Duong Thu
Huong
Fin des années 1950 au Viêtnam. Bê a douze ans, sa vie dans le bourg de Rêu s’organise entre sa mère, ses amis et ses professeurs. Son père, soldat, est en garnison à la frontière nord. Pour
avoir pris la défense d’une de ses camarades abusée par un professeur, elle se voit brutalement exclue de l’école. Révoltée, elle s’enfuit de chez elle, avec sa meilleure amie, pour rejoindre son
père. Commence alors un étonnant périple: les deux adolescentes, livrées à elles-mêmes, sans un sou en poche, finiront par arriver à destination, après des aventures palpitantes et souvent
cocasses: Bê la meneuse, non contente d’avoir tué le cochon et participé à la chasse au tigre, va également confondre un sorcier charlatan et jouer les infirmières de fortune. Roman
d’apprentissage, ce livre limpide et captivant dépeint magnifiquement, dans un festival de sons, d’odeurs, de couleurs et de paysages, la réalité du Viêtnam après la guerre d’Indochine. (Le livre
de poche, 5 janvier)
Lu par
Amanda, Florinette, Vilain
défaut
, Laëtitia.



Mal de pierre
de Milena Angus
Au centre, l’héroïne : une jeune Sarde étrange « aux longs cheveux noirs et aux yeux immenses ». Toujours en décalage, toujours à contretemps, toujours à côté de sa propre vie…  À
l’arrière-plan, les personnages secondaires, peints avec une extraordinaire finesse : le mari, épousé sans amour, sensuel, taciturne, à jamais méconnu ; le Rescapé, brève rencontre sur le
continent, qui lui laisse une empreinte indélébile ; le fils, inespéré, et futur pianiste ; enfin, la petite-fille, la narratrice de cette histoire, la seule qui permettra à l’héroïne de se
révéler dans sa vérité. Mais sait-on jamais tout de quelqu’un, aussi proche soit-il ? (Le livre de poche, 7 janvier)
Lu par
Lilly, Dda, Sylire, Papillon, Clarabel.


Mille soleils splendides de Khaled Hosseini
« Rachid pressa la paume de sa main sur sa tête puis regarda ses doigts ensanglantés. Un instant, son expression parut s’adoucir, et Mariam eut l’impression que quelque chose venait soudain de se
produire, comme si elle lui avait littéralement remis les idées en place. Et peut-être avait-il lui aussi perçu un changement en elle, parce qu’il sembla hésiter. Avait-il enfin entrevu
l’abnégation, les sacrifices, les efforts qu’elle avait consentis pour vivre à son côté durant si longtemps, pour supporter sa condescendance et sa violence, ses chicaneries et sa méchanceté ?
Était-ce du respect qu’exprimait son regard ? Des regrets ? Mais son rictus ne tarda pas à réapparaître, et Mariam compris combien il serait futile, voire irresponsable, d’en rester là. Il
fallait en finir. » Mariam est une harami, une bâtarde que son père Jalil, qui compte parmi les hommes les plus riches d’Herat, vient visiter une fois par semaine. À la mort de sa mère, Mariam
est autorisée à s’installer chez lui et est bientôt mariée avec l’une de ses relations d’affaires. À quinze ans, l’adolescente part à Kaboul avec Rachid. Elle porte désormais la burqa et subit la
brutalité d’un homme de trente ans son aîné. Après dix-huit années de souffrance, elle assiste à l’arrivée de Laila, la nouvelle épouse. De rivales, les deux femmes vont devenir alliées… Tableau
implacable d’une nation sacrifiée, roman sans concession sur deux femmes dont les douloureux destins s’entremêlent, Mille soleils splendides invite ses lecteurs à une bouleversante immersion dans
l’Afghanistan contemporain. (10/18, 8 janvier)

Un de mes coups de
coeur
! Lu aussi par Florinette, Saxaoul, Sole, Hervé, Gambadou.



La physique des catastrophes
de
Marisha Pessl
« Papa disait toujours qu’il faut une sublime excuse pour écrire l’histoire de sa vie avec l’espoir d’être lu. « À moins que ton nom ne soit comparable à ceux de Mozart, Matisse, Churchill, Che
Guevara ou Bond – James Bond -, il vaut mieux que tu consacres ton temps libre à peindre avec tes doigts ou à pratiquer le palet, car personne, mis à part ta pauvre mère aux bras flasques et aux
cheveux rêches qui te couve d’un regard tendre comme du veau, ne voudra écouter le récit de ta pitoyable existence, laquelle s’achèvera sans doute comme elle a commencé – dans un râle. » À cinq
ans, Bleue Van Meer perd sa mère dans un accident de voiture. Son intellectuel de père s’étant fait un nom qui lui permet d’être un conférencier itinérant perpétuel à travers les départements de
sciences politiques de tout le pays, elle passe autant de temps, entre sa première année à l’école élémentaire et sa terminale, dans la voiture paternelle que dans une salle de classe. La plupart
du temps, hormis quelques rares bourdonnements de téléphone par une soirée tranquille, père et fille restent en tête-à-tête. Ensemble, ils multiplient les joutes oratoires, refont l’histoire de
la littérature. Bleue n’est pas une adolescente comme les autres. Marisha Pessl écrit avec malice et lucidité, offrant une critique inédite de la société américaine d’aujourd’hui. Drôle, érudit,
brillamment composé, La physique des catastrophesse lit avec jubilation. Un roman d’autant plus incontournable qu’on y assiste à la naissance d’un écrivain de premier ordre. (Folio)
Lu par
Pimpi, Clochette, Bernard, Sole, Sentinelle, Praline, Gambadou, Florinette, Caroline.



Profondeurs
de Henning
Mankell
A l’aube du 22 octobre 1914, le capitaine Lars Tobiasson-Svartmann quitte sa femme et son foyer pour embarquer sur la canonnière Blenda. Sa mission : effectuer des mesures de contrôle sur les
routes maritimes confidentielles réservées aux militaires reliant la partie sud du détroit de Kalmar aux chenaux d’accès vers Stockholm, du nord au sud. La guerre a commencé depuis quelques mois
et la Suède se prépare à l’éventualité de devoir participer au conflit. Une nouvelle mission n’a pas forcément besoin d’être périlleuse pour être secrète. Celle-ci, en l’occurrence, ne devrait
être caractérisée que par la routine. C’est du moins ce que croit l’intéressé. Obsédé par une femme énigmatique qui vit seule sur l’îlot d’Halskär, un îlot aride au milieu de la mer, Lars
Tobiasson-Svartmann entreprend un voyage vertigineux droit vers le chaos, vers un gouffre sans retour. Pourtant, les avertissements se succèdent et il a conscience d’être en train de commettre
une erreur. Mais sans savoir laquelle. Le piège est-il en lui ? Ou est-il lui-même le piège ? « Il vivait dans un duel permanent entre le contrôle, le calcul et la violente prise de risque. Il
n’était pas, comme tout le monde, capable de s’adapter aux différentes situations, il changeait de personnalité, devenait quelqu’un d’autre, souvent même à son insu. » Profondeurs est un roman
entêtant dans lequel Henning Mankell a mis tout son talent de narrateur. Un livre d’amour et de haine, de violence et de trahison que l’on porte en soi longtemps. (Points)
Lu par Catherine (Biblioblog).


L’accusé de John Grisham
Par passion de la vérité, un des romanciers les plus célèbres de la planète s’engage dans la lutte contre la peine de mort et prend la plume du journaliste d’investigation pour rechercher
comment un scandaleux déni de justice a pu être commis à Ada, petite ville d’Oklahoma… « Comment l’erreur a-t-elle été possible ? Qui est responsable ? » Grisham démonte sans
complaisance la mécanique policière et judiciaire qui a conduit un innocent jusqu’au « couloir de la mort ». Le 7 décembre 1982, une jeune femme de vingt et un ans, Debbie Carter, est
sauvagement violée et assassinée. L’enquête piétine malgré des indices qui conduisent à un ancien ami de lycée avec qui elle a été vue le soir du crime. Cinq ans plus tard, c’est un ancien joueur
de base-ball devenu alcoolique, Williamson, qui est arrêté par les policiers chargés de l’enquête ; il est condamné à mort au terme d’une mascarade de procès… Mais l’appel entraîne un autre
procès, en 1999. Entre-temps, l’usage des tests d’ADN s’est répandu… L’ami de lycée est inculpé et Williamson innocenté. Douze années se sont écoulées depuis son arrestation. (Pocket)


Pardonnez moi d’Amanda
Eyre Ward
Nadine, une journaliste américaine téméraire et ambitieuse, n’était jamais retournée en Afrique du Sud depuis son dernier reportage qui s’était terminé par un drame. Elle y revient dix ans plus
tard avec les parents d’un jeune Américain assassiné aux pires heures de l’apartheid. (Pocket)
Lu par Amanda, Cuné.


Un sentiment
d’abandon
de Christopher Coake
Salué unanimement par la critique américaine, le premier livre de Christopher Coake annonce la naissance d’une voix singulière et puissante, remarquable par son lyrisme et son art de susciter
l’émotion. La compassion aussi, pour des personnages qui tentent, coûte que coûte, de faire face à des situations difficiles : ainsi, ce couple de jeunes marginaux incapable d’échapper à son
destin dans Un sentiment d’abandon, l’une des nouvelles les plus bouleversantes du recueil. Tout le talent de Christopher Coake est de sublimer la réalité avec une élégance
proche de la grâce. (le livre de poche)
Lu par Yvon, Jules, Tamara, Florinette.

Les petites filles du soleil d’Anne Tyler
Deux bébés coréens sont adoptés par deux familles de Baltimore : d’une part les Donaldson, Brad et Bitsy, et leur grande famille, d’autre part les Yazdan, Ziba et Same, d’origine iranienne.
Chaque année, à la date anniversaire de l’arrivée des filles, les deux familles organisent une fête qui servira de prétexte à une rivalité de plus en plus subtile.  (j’ai lu, 14
janvier)

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Sorties Poches Novembre 2008



Camille et Paul de Dominique Bona (Prix Elle du document 2007)
Fièvre, passion, génie. C’est sous les signes de feu de la création et de la destruction qu’ont vécu les Claudel: Camille le sculpteur, Paul le poète. Cette biographie évoque, pour la
première fois, leurs rapports fusionnels. Camille, intransigeante, affronte les incertitudes de l’art et de la vie de bohème ; Paul trompe son mal de vivre dans les voyages et l’exotisme, en
Chine, au Brésil, au Japon. Ces destins, séparésen apparence, se sont nourris l’unde l’autre. La sœur et le frère vont connaître les mêmes amours funestes. Paul s’éprend de Rosalie Vetch, une
femme mariée qui l’abandonnera ; Camille subit l’envoûtement de Rodin jusqu’à la folie. Dominique Bona retrace les épisodes de leurs vies tourmentées. Elle révèle les liens profonds entre ces
deux artistes lumineux et déchirés : unis, au-delà de l’adversité, par une fraternité indestructible. (Le livre de poche)


Le bois des amoureux de Gilles
Lapouge

La figure du soldat remontait, comme du fond d’un lac, et
resplendissante, à mesure
que la calèche aux coussins bleus s’élevait dans les tournants qui joignent la gare de Champtercier au village, surtout à partir du bois des amoureux qui forme la frontière, nous le disions
toujours, du village. La frontière de notre enfance. Notre bonheur commence et finit au bois des amoureux. Notre tristesse commence et finit au bois des amoureux. Un point, c’est tout ! (Le livre
de poche)


Il n’y a pas
de grandes personnes – Alix Saint Andre

Depuis un coup de foudre lors d’une dictée par un gris matin d’automne dans un collège du Maine-et-Loire, sa folle passion a conduit Alix de Saint-André à toute sorte d’extrémités. Pour l’amour
de Malraux, elle a acheté des chats de gouttière, appris la grammaire espagnole. visité la Bosnie en guerre, organisé une campagne télévisée, péroré à la chaire d’universités new-yorkaises, tenté
un acrobatique ménage à trois avec Proust, traqué sa trace chez Chateaubriand, assassiné Rousseau, poursuivi toutes ses femmes d’une jalousie féroce et même kidnappé sa fille dans les pages d’un
roman. Jusqu’au jour où elle s’est retrouvée face à face avec Florence, la véritable fille de son héros…

(06/11, Folio)
Lu par
Gambadou, Laure

Classe à part – Joanne Harris
Un imposteur rôde dans les couloirs de Saint Oswald, école huppée pour jeunes Anglais destinés à un brillant avenir. Il se faufile dans ses moindres recoins déguisé en élève,
mais sait bien au fond qu’il lui sera à jamais impossible de briser les barrières sociales, de sortir de son quotidien sordide : un père qui boit, une mère partie avec un amant, une école où la
violence des élèves a presque anéanti le corps enseignant, bref, des horizons très sombres. Mais le rêve lui est toujours permis et lors de ses incursions dans les murs de Saint Oswald, il va
nouer avec un de ces garçons tant enviés, un futur golden boy, une amitié intense qui virera fatalement au drame. Et fera encore sentir ses effets une quinzaine d’années plus tard dans un combat
des plus spectaculaires entre l’individu et la société tout entière. Joanne Harris, romancière qui aime les défis, s’aventure ici sur le terrain du suspense psychologique, menant avec maestria ce
récit d’une revanche diabolique. (13/11, Points)

Pension Eva – Andrea
Camilleri

Dans la Sicile des années 40, tout
minot qu’il est, Nenè s’interroge : que vont faire les hommes dans cette belle maison près du port, où habitent tant de femmes nues ? Bientôt, au fond d’un grenier, une cousine entreprenante
l’éclairera sur le sujet. En grandissant, il deviendra familier de ces dames et bien vite découvrira chez elles, au-delà de la sensualité, des trésors de récits. Autour de la table présidée par
l’austère Signura, avec ses amis Jacolino et Ciccio, il perçoit le caractère étrangement sacré de ce bordel et les miracles qui s’y déroulent. La guerre gronde dans le ciel, les bombes
américaines dévastent la ville, les armées allemandes quittent les lieux, mais à la Pension Eva, un vieux noble retrouve sa virilité, un ange descend nu en parachute, le portrait de Staline a des
effets inattendus sur un résistant communiste, le saint patron local rend visite à l’une de ces dames. Et puis des couples fixes se forment avant de connaître une fin terrible ou bien heureuse.
Mêlant le dur récit documentaire et l’allégresse rêveuse du réalisme magique, ce roman d’apprentissage par temps d’apocalypse, que l’auteur lui-même présente comme un moment très spécial dans son
œuvre, nous fait découvrir une nouvelle facette du grand romancier Andrea Camilleri.  (20/11, Points)
Lu par
Papillon, Cathe, Laurent, Eva, Dominique



Blessés – Percival Everett

Voilà bien des années que John Hunt, qui a maintenant atteint la quarantaine, a choisi de se détourner de la société des hommes en allant vivre dans un ranch où, aux
côtés d’un oncle vieillissant, il élève des chevaux. Mais le fragile éden, édifié en intime symbiose avec les rythmes naturels du monde animal par ces deux hommes noirs dans le grand Ouest
américain, vient à se fissurer: un jeune homosexuel est retrouvé dans le désert battu à mort, un fermier indien découvre deux de ses bêtes sauvagement assassinées, et l’inscription Nègre rouge en
lettres de sang dans la neige… C’est dans ce contexte menaçant que John s’interroge sur ses choix de vie depuis la mort tragique de sa femme, sur la nature de ses sentiments envers les uns et
les autres, sur les silences coupables qui couvrent, dans la région, les agissements d’un inquiétant groupe néo-nazi, sur la fin imminente de l’oncle Gus, frappé par la maladie, sur l’amour,
enfin, qu’une jeune femme vient réveiller en lui… Privilégiant une écriture de l’action qui exalte les puissances du non-dit, l’écrivain confère à ses personnages une attachante justesse et,
fidèle au chemin d’écriture qu’il s’emploie à frayer au fil de son œuvre, propose, à travers une subtile dénonciation de toutes les haines – raciale, sexuelle – qui meurtrissent l’Amérique
contemporaine, une variation chargée d’enseignements sur l’humaine condition, dans toute sa bouleversante vulnérabilité. (05/11, Babel). Lu par
Papillon, Laurent

Sauvez Hamlet – Jasper
Fforde

Retour à Swindon, dans le Monde
Extérieur, pour la célèbre détective littéraire Thursday Next désireuse d’offrir à son fils, Friday, une vie paisible… Le vœu pieu dans toute sa splendeur ! D’abord, elle n’aurait jamais dû
accepter d’embarquer Hamlet dans la réalité. Rongé par ses états d’âme et tellement soucieux de savoir ce que les gens pensent de lui – rapport à son incapacité notoire à prendre des décisions -,
il s’incruste chez les Next, flirte avec lady Hamilton, pendant qu’en son absence Ophélie fomente une révolution dans la pièce éponyme de Shakespeare. En fait de vie calme, Thursday aura à peine
quelques jours pour régler le problème Hamlet, récupérer Landen, son mari éradiqué par Goliath, et empêcher le redoutable Yorrick Kaine, personnage sans scrupule, de déclencher un cataclysme
planétaire. Sans parler d’un mystérieux tueur à gages lancé à ses trousses, d’un saint du XIIIe siècle aux manières douteuses ; et d’un match de croquet censé décider du sort de l’humanité…
Sauver le monde ? Pas de problème, Thursday a l’habitude… mais qui va garder Friday ? (20/11, 10/18)
Lu par
Val




Into the wild – Jon Krakauer

Il avait renoncé au rêve américain. Pour vivre une aventure extrême. En 1992,
le cadavre d’un jeune homme est découvert dans un bus abandonné en Alaska, au pied du mont Mckinley, loin de tout lieu habité. Fils de bonne famille, Chris McCandless aurait dû en toute logique
devenir un américain bien tranquille à l’avenir sans surprise. Mais, dès l’obtention de son diplôme universitaire, il décide de partir à l’aventure. Après avoir fait don de ses économies à une
œuvre humanitaire, il entame son périple sous un nom d’emprunt avec sa vieille voiture, qu’il abandonnera un peu plus tard. Il sillonne le sud des Etats-Unis, subsistant grâce à de menus travaux,
avant de réaliser son grand projet: s’installer au cœur de l’Alaska, seul, en communion avec la nature. Mais on ne s’improvise pas trappeur, ni homme des bois… Ce parcours dramatique d’un jeune
homme qui a voulu vivre jusqu’au bout son impossible idéal est retracé par Jon Krakauer, l’auteur du best-seller tragédie à l’Everest. Livre-culte dans le monde entier, Into the Wild a d’emblée
fasciné Sean Penn, qui en a réalisé une adaptation cinématographique applaudie par la critique américaine. (10/18)
Lu par
Allie



Zoli – Colum Mc
Cann

Les plaines de Bohême à la
France, en passant par l’Autriche et l’Italie, des années trente à nos jours, une magnifique histoire d’amour, de trahison et d’exil, le portrait tout en nuances d’une femme insaisissable. Porté
par l’écriture étincelante de Colum McCann, Zoli nous offre un regard unique sur l’univers des Tziganes, avec pour toile de fond les bouleversements politiques dans l’Europe du XXe siècle.
Tchécoslovaquie, 1930. Sur un lac gelé, un bataillon fasciste a rassemblé une communauté tzigane. La glace craque, les roulottes s’enfoncent dans l’eau. Seuls en réchappent Zoli, six ans, et son
grand-père, Stanislaus. Quelques années plus tard, Zoli s’est découvert des talents d’écriture. C’est le poète communiste Martin Stránský qui va la remarquer et tenter d’en faire une icône du
parti. Mais c’est sa rencontre avec Stephen Swann, Anglais exilé, traducteur déraciné, qui va sceller son destin. Subjugué par le talent de cette jeune femme, fasciné par sa fougue et son audace,
Swann veut l’aimer, la posséder. Mais Zoli est libre comme le vent. Alors, parce qu’il ne peut l’avoir, Swann va commettre la pire des trahisons… (10/18)
Lu par
Sylvie,
Jules,
Yueyin,
Gambadou,
Laure,
Choupynette, & l’interview de
l’auteur chez
Bernard.

Le martyre des magdalènes – Ken Bruen


Lessivé, rincé par sa dernière
enquête, Jack Taylor tente d’en faire passer le goût amer en éclusant des pintes de Guinness au comptoir de son pub préféré. Alors qu’il répète à qui veut bien l’entendre qu’on ne l’y reprendra
plus, Jack est sommé par un caïd local de retrouver «l’ange des Magdalènes». Contraint et forcé d’accepter afin de s’acquitter d’une dette d’honneur, Jack se retrouve au cœur d’un fait divers des
années 1960, et croise bientôt les fantômes des «Magdalènes», des filles-mères reniées par leurs familles, exploitées dans des couvents catholiques où elles lavaient leurs péchés en travaillant
comme blanchisseuses. Hanté par ses échecs passés, poursuivi par une police locale qui lui cherche constamment des crosses, Jack va tenter de retrouver cet «ange», une mystérieuse femme qui
serait venue en aide à ces pauvres filles mises au ban de la société. Cependant, comme l’alcool, la vérité est bien souvent trompeuse. Gare au retour de flamme. Ce qui s’annonçait comme une
mission rédemptrice va vite se transformer en chemin de croix. Le martyre de Jack Taylor ne fait que commencer… (06/11, Folio)


Divisadero – Michaël Ondaatje

Une ferme en Californie, deux sœurs (Anna et Claire) et un garçon (Cooper), un amour fou, une nuit d’orage,
un père meurtrier : ça commence très fort, comme dans un roman des sœurs Brontë, passions adolescentes et tourments éternels. Les années passent, nous voici à Las Vegas, en plein roman noir.
Cooper est devenu un joueur professionnel, et c’est Claire qui lui sauve la mise en le protégeant des gangsters qui veulent sa peau. Changement de décor : le Sud-Ouest de la France, aujourd’hui.
Cloîtrée dans une maison mystérieuse, Anna se penche sur la vie d’un obscur écrivain du début du XXe siècle, Lucien Segura, et tombe amoureuse d’un manouche. Changement d’époque : cette fois,
nous sommes dans un roman de Giono, le Giono stendhalien, caracolant sur les traces de Lucien Segura. Et soudain tout s’éclaire. Anna, Claire, Cooper, Segura, le manouche sont comme les notes
d’une chanson, des variations sur un thème, une de ces ritournelles comme en connaissent les artistes pour qui l’Éternel Retour n’est pas un vain mot. (Points)

Le fourgon des fous – Carlos Liscano
Plus qu’un
témoignage, une réflexion sur l’homme et son inextinguible appétit de vivre, sur la nécessité de comprendre l’inimaginable. Sans cris, sans fureur, un plaidoyer vibrant pour le droit à la
dignité, un récit pudique et bouleversant. Montevideo, 1972. Carlos Liscano est jeté en prison par le régime militaire à l’âge de vingt-trois ans. Il en sortira treize ans plus tard. Il aura
connu la torture, les humiliations, la honte, les étranges relations qui lient victimes et bourreaux, l’absurdité d’un système qui veut lui faire avouer quelque chose qu’il ne sait pas. Mais il
aura aussi connu la résistance envers et contre tout, l’amitié indéfectible qui se noue entre camarades d’infortune, l’urgence de l’ouverture au monde et, par-dessus tout, le pouvoir libérateur
de l’écriture. Le 14 mai 1985, avec ses derniers compagnons, Carlos Liscano est embarqué dans un fourgon qui va le mener vers la liberté. Une liberté inquiétante, douloureuse, impossible…
(20/11, 10/18)

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Sorties Poches Octobre 2008



Baisers de cinema
d’Eric Fottorino

« Je ne sais rien de mes origines. Je suis né à Paris de mère inconnue et mon père photographiait les
héroïnes. Peu avant sa mort, il me confia que je devais mon existence à un baiser de cinéma. » (2 octobre, Folio )

Prix Femina 2007. Lu par Lilly, Lily, Valériane, Clarabel.

Ecrivain en 10 leçons de Philippe Ségur

A l’âge de onze ans, ma vie a connu un véritable tournant. Je me suis mis à écrire. L’écriture est une
activité nettement moins dangereuse que de se promener dans la cour de son immeuble un mercredi après-midi en tenue de Méga-Condom. J’ai pu m’y livrer sans dommage avec une grande ardeur. Ma mère
ne voyait pas d’un très bon oeil cette nouvelle passion. «De la blague, disait-elle. Trouve-toi d’abord une bonne situation, tu feras écrivain ensuite.» Elle considérait les gens de lettres comme
des saltimbanques, des crève-la-faim qui ne tenaient rien de solide. D’ailleurs la plupart mouraient jeunes, ce qui prouvait à quel point Us étaient incapables. Les seuls qui trouvaient grâce à
ses yeux avaient un vrai métier. Ils étaient ambassadeurs, ministres, chirurgiens. Ils écrivaient des livres à temps perdu, pour se distraire. L’absence de soucis matériels était la condition
préalable d’une bonne création. Généralement, elle la rendait même superflue et ainsi tout rentrait dans l’ordre. Écrivain (en 10 leçons) ou les tribulations hilarantes de Phil Dechine, homme
perdu dans la réalité du monde, qui voit dans la littérature le meilleur moyen de se mentir à soi-même. (2 octobre, Points)
Lu par
Caroline, Laurent, Yueyin, Sylire, et la critique d’evene.



Pantheon
de Yann Moix

Pour ne pas passer à côté de son destin et pour échapper à son sort d’enfant battu par ses parents, le petit
Yann invente son propre panthéon. Dans celui-ci se trouvent Péguy, Sacha Guitry, Roberto Rossellini, Edith Stein, Thérèse de Lisieux, Marat et François Mitterrand (15 octobre, Le livre de
poche)

Lu
par
Valériane, et la critique d’evene.



La mémoire
fantôme
de Frank
Thilliez

Une femme à bout de souffle court dans l orage. Dans le creux de sa main, un message gravé en lettres de sang
: « Pr de retour ». Elle pense être en février, nous sommes fin avril. Elle croit sa mère vivante, celle-ci s est suicidée voilà trois ans dans un hôpital psychiatrique… Quatre minutes. C est
pour elle la durée approximative d un souvenir. Après, sans le secours de son précieux organiseur électronique, les mots, les sons, les visages… tout disparaît. Pourquoi ces traces de corde sur
ses poignets ? Que signifient ces scarifications, ces phrases inscrites dans sa chair ? Quel rapport entre cette jeune femme et les six victimes retrouvées scalpées et torturées quatre années
plus tôt ? Pour Lucie Henebelle, lieutenant de police de la brigade criminelle de Lille, la soirée devait être tranquille. Elle deviendra vite le pire de ses cauchemars… Une lutte s’engage, qui
fera ressurgir ses plus profonds démons. ( 9 octobre, Pocket)
Lu par
Alain, Elfe, BiblioMan(u).



Elles

de Jean-Bernard Pontalis

Celle qui échappe, celle qui s’accroche, les passantes, les étrangères, les séductrices, les séduisantes,
Nausicaa, la Gradiva, Mademoiselle Albertine, Madame de S., la femme de Putiphar, Lady Chatterley, la sultane, la recluse, l’éplorée, l’inconnue. Passions dévorantes, chastes amours,
séparations, déclins. Une succession de courts récits qui se font écho et qui disent tous le bonheur et la douleur d’aimer. (9 octobre, Folio)

Lu
par
Bernard, Pascale
Arguedas
et la critique d’evene.

Sauver Noël de Romain Sardou

Pour sauver Noël, une gouvernante de choc et un petit garçon avisé vont faire alliance contre le Mal…
1854, à Londres. Gloria Pickwick, femme au tempérament énergique, aussi ronde que rousse, est une perle rare : gouvernante, cuisinière, préceptrice des enfants, elle tient la vaste maison de
Lord Balmour d’une poigne affectueuse. Aussi regarde-t-elle d’un œil suspicieux leur nouveau voisin, l’étrange baron Ahriman. Mille rumeurs courent le quartier. Qui est ce baron ? Il refuse
toutes les invitations, ses volets restent clos… Parfois une diligence tirée par six chevaux noirs conduit des gens chez lui, des gens qu’on ne revoit jamais ! Arrive le 24 décembre. Tous les
enfants, des fils de lord aux filles de lingères, se couchent en rêvant au lendemain. Mais le Père Noël ne vient pas. Aucun cadeau au pied des sapins illuminés. Une vague de tristesse submerge
Londres. Une maison, et une seule, fait la fête ce jour-là, avec un tapage insolent. Les voisins étranges. C’en est trop pour Gloria, qui prend l’affaire en main. Et Harold, un petit garçon
futé, s’engage avec elle dans l’aventure, amenant des renforts insolites : des lutins, une fée, des oies douées de paroles et bien d’autres encore. L’objectif de cette drôle de troupe : sauver
Noël ! Si c’est encore possible… (2 octobre, Pocket )

Lu
par
Aelys, Allie

Les arnaqueurs aussi de Laurent
Chalumeau

Règle numéro un quand on est délinquant : s’en tenir à ce qu’on sait faire. Règle numéro deux: ne jamais
mélanger le business et les affaires de cœur. Sous le soleil de la Croisette, les protagonistes du dernier Festival Chalumeau vont hélas s’empresser d’oublier ces deux règles cardinales. Le
décor, donc : un somptueux palais cannois où se prélasse un prévisible ramassis de milliardaires repus, de rock-stars désœuvrées, de beautés diverses – et d’escrocs en tout genre : bras cassés
de la cambriole, jet-setters faisandés, gigolos intercontinentaux, Ukrainiens mafieux et méfiants. Sans oublier la culturiste lesbienne dégourdie du coup de poing, le marchand de missiles fondu
de catch féminin, et l’ex-flic psychopathe friand de torture… au chalumeau! Casting dément pour une trépidante chasse au magot. Mise en scène et dialogues signés par un Audiard moderne au
mieux de sa forme. Entre tontons flingueurs et frères Coen, entre Amicalement vôtre et La Main au collet, Chalumeau nous livre un polar jubilatoire, diaboliquement construit – façon puzzle – et
diaboliquement drôle. (16 octobre, Points)

La critique
d’
evene.




Wisconsin
de Mary
Relindes Ellis

La famille Lucas vit dans le nord du Wisconsin, belle terre oubliée peuplée d’ouvriers européens
immigrés et d’Indiens Ojibwés. John, violent et alcoolique, passe son temps dans les bars, quand il ne s’acharne pas sur sa femme et ses enfants. L’aîné, James, lassé des frasques
paternelles, s’engage pour le Vietnam. Il ne reviendra pas, laissant son jeune frère Bill à ce sombre quotidien.  Seuls les Morriseau veillent de loin et le soutiennent pendant le
périlleux passage de l’enfance à l’âge d’homme. Mais au cœur de cette nature immuable et splendide qui panse les blessures et apaise les peurs, ce qui reste d’amour donne doucement la force de
survivre. (2 octobre, 10/18 )

Lu par Tamara, Lily, Joëlle et la critique de Lire.



Le manuscrit perdu de Jonah
Boyd
de David Leavitt

En 1969, dans la petite ville universitaire de Wellspring, la famille Wright s’apprête à fêter Thanksgiving.
À cette occasion, Nancy, femme au foyer, et Ernest, professeur de psychologie, partagent traditionnellement leur repas avec quelques invités. Cette année est particulière puisque Nancy doit
recevoir la visite d’Anne, une vieille amie, accompagnée de son nouveau mari, l’écrivain Jonah Boyd. Ce soir-là, le romancier lit quelques pages de l’œuvre qui doit définitivement asseoir sa
réputation en tant qu’auteur. Son travail est accueilli avec enthousiasme par l’assemblée. Mais, le lendemain, le précieux manuscrit disparaît, anéantissant tous les espoirs de Jonah et
bouleversant le destin des convives. (02 octobre, 10/18)

Lu par
Florinette
& Clarabel



Arthur et George de Julian Barnes

«Quand ils furent arrivés à Londres, on le mit dans un fiacre et le conduisit à la prison de Pentonville.
Là on lui dit qu’on préparait sa libération. Il passa une journée enfermé seul – le jour le plus misérable, rétrospectivement, de ses trois années de détention. Il savait qu’il aurait dû être
heureux, mais il était aussi déconcerté par sa libération qu’il l’avait été par son arrestation.» Condamné pour le meurtre d’un cheval, George Edalji, jeune avoué d’origine parsie, est
emprisonné puis relâché sans avoir été innocenté. Son teint mat et sa parfaite intégration sociale dérangent l’Angleterre bien-pensante de ce début de XXe siècle. Fragile, effacé, maladroit et
démuni, il va faire appel à Arthur Conan Doyle, alors un des hommes les plus célèbres d’Angleterre, le créateur de Sherlock Holmes… Extraordinaire tableau de la société victorienne, ce roman,
inspiré d’un fait réel qui avait divisé l’Angleterre comme en France l’affaire Dreyfus, est aussi le plus passionnant et le plus haletant des thrillers. (2 octobre, Folio)

Lu par
Allie, la critique d’Evene
& celle de Lire.




25 histoires bizarres
de TC
Boyle

A
u
fil des années, T.C. Boyle s’est taillé une réputation de maître dans l’art de la nouvelle: le style y est sophistiqué, l’humour noir à souhait, et l’imagination sans bornes. Après les thèmes
universels que sont l’amour et la mort, le voici qui s’attaque à ce qui régit vraiment les lois du monde: le bizarre…Vous avez dit bizarre?

Dans un monde postapocalyptique, trois solitaires qui ont échappé au virus Ebola se retrouvent; des
champions s’affrontent dans une escalade de goinfrerie; et une galerie de doux déjantés, d’hallucinés en tout genre se croisent dans ces tableaux pour le moins étranges… Ces nouvelles pleines
d’esprit brossent le portrait d’une Amérique loufoque, haute en couleur, avec sa part d’ombre aussi, et ses angoisses. (Le livre de poche)



A moi pour toujours
de Laura Kasischke

« À moi pour toujours » : tel est le billet anonyme que trouve Sherry Seymour dans son casier de
professeur à l’université un jour de Saint-Valentin. Elle est d’abord flattée par ce message qui tombe à point nommé dans son existence un peu morne. Mais cet admirateur secret obsède Sherry.
Une situation d’autant plus troublante qu’elle est alimentée par le double jeu de son mari. Sherry perd vite le contrôle de sa vie, dont l’équilibre n’était qu’apparent, et la tension monte
jusqu’à l’irréparable… Laura Kasischke peint avec talent une réalité américaine dans laquelle tout, y compris le désir, semble bien ordonné. (1er octobre, Le livre de poche)

Lu par
Clochette, Papillon, Marie, Dominique Poursin.



La fille tatouée
de Joyce Carol Oates

Joshua Seigl, la quarantaine, écrivain estimé, riche et séduisant, se voit contraint, à cause d’une
mystérieuse maladie, d’engager une assistante. Lorsqu’il rencontre par hasard Alma Busch, une jeune femme pauvre et illettrée, recouverte d’intrigants tatouages, Seigl ne peut résister à
l’envie de jouer les Pygmalion. Convaincu de lui offrir la chance de sa vie, il lui propose le poste. Malheureusement pour lui, Alma Busch n’est pas la créature vulnérable qu’il croit… La
Fille tatouée
est un huis clos érotique qui réunit deux visages de l’Amérique: l’élite cultivée, européenne, urbaine, et les exclus du système, analphabètes, sans ressources ni
perspectives. Variation magistrale sur le thème du maître et du serviteur, ce roman est sans doute le plus controversé de Joyce Carol Oates. (1er octobre, Le livre de poche)
Lu par
Virginie.

Deux autres titres de Joyce Carol Oates sortent ce mois ci chez
Points:
Eux et Mère disparue.

Mensonges de femmes de Ludmila
Oulitskaïa

Dans ce livre, qui se présente comme un roman à épisodes, la grande romancière et nouvelliste russe Ludmila
Oulitskaïa nous propose de subtiles variations sur le mensonge au féminin. Car, d’après notre auteur, les mensonges des femmes se distingueraient nettement de ceux des hommes, et seraient
presque toujours dépourvus de finalité. Génia, le personnage principal, est ainsi confrontée à toutes sortes d’inventions ou d’affabulations. Comme le récit d’Irène, dont elle fait la
connaissance en vacances en Crimée, sur la mort de ses enfants, qui l’émeut jusqu’aux larmes. La petite Nadia s’invente un grand frère, Lialia une liaison avec un peintre célèbre, et Anna se
prétend poète… Chaque nouvel épisode de ce roman à thème illustre à sa manière l’étendue du talent de Ludmila Oulitskaïa, la précision de son sens de l’observation, l’originalité de ses
canevas, et surtout, une grande tendresse pour ses personnages et à travers eux pour l’être humain et ses faiblesses. (30 octobre, Folio)





Le clan Rhett Butler
de Donald McCaig
Aucun des millions de lecteurs d Autant en emporte le vent n a oublié la passion flamboyante de Rhett Butler et Scarlett O Hara, ni le déchirement de leur séparation. Mais un si grand amour ne
pouvait pas finir ainsi : voici la suite de leur histoire. Et l on retrouve le Sud des États-Unis, les bals dans les grandes maisons blanches, les plantations de coton, l esclavage, la guerre
de Sécession. Rhett Butler, rejeton insoumis d une grande famille, Scarlett O Hara, ravissante, volontaire, libre, beaucoup trop pour une femme de son temps. Deux personnalités hors du commun
aux prises avec une époque bouleversée. Scarlett et Rhett se ressemblent et s aiment bien plus qu ils ne se l avouent. Non, ils n étaient pas destinés à se quitter ce jour-là, séparés à jamais
par la mort de leur fillette. Il leur reste tant à vivre ! A travers ces pages, tous ceux dont le coeur et l imaginaire ont été marqués au fer rouge par Autant en emporte le vent vont goûter au
bonheur de replonger dans la passion inoubliable de Rhett Butler et Scarlett O Hara. (2 octobre, Pocket)


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Sorties poches septembre 2008 (romans étrangers)


La femme du Ve – Douglas Kennedy (Pocket)

Jeté hors de chez lui par sa femme, loin de sa fille et renvoyé de son poste de professeur d’université, Harry Ricks n’a plus grand-chose à
perdre. Réfugié à Paris, ses seules perspectives sont d’aller au cinéma et de tenir le plus longtemps possible avec ses maigres économies. Sans le sou, il découvre bientôt, lui l’intellectuel
américain, une ville sordide, celle des marchands de sommeil, des clandestins et des combines louches. Aussi, quand il rencontre Margit, femme élégante et sensuelle, il plonge avec délice dans le
jeu de séduction dont elle édicte les étranges règles. Un jeu troublant, plein de plaisirs, de mystères, et, ce qu’Harry ignore encore, de dangers… (04 Sept.)

Lu par Caroline, Tamara, Dominique Poursin, Laure.



L’innocence
– Tracy Chevalier (Folio)

Londres, 1792. Thomas Kellaway, ébéniste de son état, prend à la lettre l’invitation de Philip Astley, directeur de cirque du même nom, et part
tenter sa chance à Londres. Mais passer de Piddletown à Lambeth n’est pas sans conséquence pour ses enfants. Ils ouvrent de grands yeux sur la ville tumultueuse et impitoyable que la jeune
Londonienne délurée Maggie entreprend de leur faire connaître. William Blake, leur voisin, graveur et poète, sera le guide spirituel des adolescents tandis qu’ils franchissent le chaotique et
exaltant passage de l' »innocence » à l' »expérience ». Un voyage initiatique dans le Londres de la fin du XVIIIe siècle, en marge d’une société déboussolée par les échos sanglants de la Révolution
française. Dans L’innocence, roman à la fois épique et lyrique, Tracy Chevalier ressuscite le Londres du XVIIIe avec la même pertinence et la même poésie que le Delft du XVIIe de La
jeune fille à la perle
. (11 sept.)

Lu par Joëlle, Gambadou.




La batarde d’Istanbul
– Elif Chafak (10/18)

Enchevêtrant la comédie au drame et le passé au présent, Elif Shafak raconte les pérégrinations de quatre générations de femmes et dresse un
portrait saisissant de la Turquie contemporaine, de ses contradictions et de ses blessures. Chez les Kazanci, Turcs d’Istanbul, les femmes sont pimentées, hypocondriaques, aiment l’amour et
parlent avec les djinn, tandis que les hommes s’envolent trop tôt – pour l’au-delà ou pour l’Amérique, comme l’oncle Mustafa. Chez les Tchakhmakhchian, Arméniens émigrés aux États-Unis dans les
années 1920, quel que soit le sexe auquel on appartient, on est très attaché à son identité et à ses traditions. Le divorce de Barsam et Rose, puis le remariage de celle-ci avec un Turc nommé
Mustafa suscitent l’indignation générale. Quand, à l’âge de vingt et un ans, la fille de Rose et de Barsam, désireuse de comprendre d’où vient son peuple, gagne en secret Istanbul, elle est
hébergée par la chaleureuse famille de son beau-père. L’amitié naissante d’Armanoush Tchakhmakhchian et de la jeune Asya Kazanci, la  » bâtarde « , va faire voler en éclats les secrets les mieux
gardés…

Lu par KathelPapillon, Amanda, Laure.


Blanche et Marie – Per Olov Enquist (Le livre de poche)

Après avoir été enfermée à l’hôpital de la Salpêtrière, livrée aux assiduités et aux expérimentations du professeur Charcot, le
grand spécialiste de l’hystérie des femmes, Blanche Wittman devient l’assistante de Marie Curie. Celle-ci, plongée dans ses recherches, détentrice d’un premier prix Nobel puis d’un second, entame
après son veuvage une liaison avec Paul Langevin. Le scandale que suscite cette relation va l’obliger à l’exil. Désespérée, elle se confieà Blanche, car des années de travail scientifique n’ont
pas réussi à tuer l’amoureuse en elle…
Utilisant librement certains faits ainsi que les carnets – fictifs ou réels – de Blanche, Per
Olov Enquist fait revivre ces deux magnifiques personnages de femmes, prises entre passion et recherche, enfermement et écriture.

Lu par SentinelleLorraine,
Agapanthe, Yspaddaden.


Snobs – Julian Fellowes (Le livre de poche)

Quand Edith Lavery, une jeune roturière pleine d’ambition, conquiert le cœur d’un des célibataires les plus convoités de l’aristocratie
anglaise, le comte Charles Broughton, sa mère et elle sont folles de joie. Une fois devenue comtesse Broughton, elle ne tarde pas à se lasser des interminables parties de chasse et des thés de
bienfaisance chapeautés par sa terrible belle-mère, Googie. C’est alors qu’elle tombe dans les bras de Simon Russel, un acteur de seconde zone… D’une intrigue classique à mi-chemin entre
Cendrillon et Madame Bovary, Julian Fellowes tire une satire réjouissante des mœurs de l’aristocratie anglaise.

Lu par Clarabel.




La fille sans qualités
– Julie Zeh (Babel)

Dans le microcosme d’un lycée privé fréquenté par des jeunes gens fortunés, Juli Zeh campe l’engrenage implacable qui
conduit deux adolescents à exercer un chantage sordide mêlant sadisme et perversion sur l’un de leurs professeurs.

Lu par Clochette, Sylvie.





Un goût de rouille et d’os
– Craig Davidson (Points)

Un goût de rouille et d’os, c’est l’amère saveur du sang dans la bouche. Quand Eddie se fracture les os des mains, sa carrière de boxeur semble
finie. Hanté par un dramatique accident dont il se sent responsable, il se lance dans les combats clandestins pour racheter sa faute… Un personnage parmi d’autres, brisés par la vie, inoubliables
de justesse, qui composent ce magnifique recueil.

Lu par Joëlle, Yvon.

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