Catégorie : Romans étrangers

L’extraordinaire histoire de Fatima Monsour – Joanne & Gerry Dryansky

Répudiée par son mari, sans enfants, Fatima Monsour vit seule dans son village natal, à Djerba, et travaille comme femme de ménage dans un club de vacances. Quand sa jeune soeur meurt brutalement, Fatima accepte de la remplacer au service de la comtesse Merveil du Roc à Paris, dans le XVIe arrondissement. Avec son grand cœur, sa capacité d’écoute, sa simplicité et son courage, Fatima va conquérir les habitants du 34 avenue Victor Hugo, et les habitués du café Jean Valjean: Hadley Hadley 3ème du nom, un américain qui rêve de devenir écrivain, Hyppolyte Suget, l’ancien petit rat de l’opéra devenu cambrioleur ou encore Victorine, la domestique sénégalaise et son grand
rire sonore…

Amour, tolérance, intégration, ce roman est plein de louables intentions, mais on frôle souvent l’overdose de bons sentiments, et ce n’est malheureusement pas le seul défaut du livre: l’humour est un peu forcé, l’histoire manque de subtilité et souffre de nombreuses longueurs, les personnages, bien qu’attachants, sont plutôt caricaturaux. Malgré tout, L’extraordinaire histoire de Fatima Monsour fait partie de ces livres que l’on a envie d’aimer, c’est une petite comédie sympathique au charme désuet, un roman qui fait fi du cynisme et de la morosité ambiante pour prôner le pouvoir de la gentillesse, du bonheur tranquille et de la solidarité. Une grosse pâtisserie trop sucrée, mais réconfortante, à garder sous le coude en cas de coup de blues!

Héloïse d’Ormesson 2009, 334 pages, 21€. Traduction de Marianne Véron (Titre original:
« Fatima’s good fortune »)

Lu pour le Club des lectrices de Femme Actuelle.
Les avis de
Cuné, de Sylire, Bab’s.

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L’église des pas perdus – Rosamund Haden


En 1990, des ossements humains sont découverts par une petite fille près de l’église indigène d’Hebron, en Afrique du Sud. Cette découverte ravive les souvenirs de deux vieilles femmes: Catherine, fille de propriétaires blancs, et Maria, fille de la domestique noire, étaient inséparables durant leur enfance. Mais suite à un drame familial, Catherine a du quitter brusquement la ferme et Maria. Devenue adulte, elle revient sur la terre de son enfance et retrouve son amie. Mais la ferme
appartient désormais à un couple, Tom et Isobel Fynchman, et Catherine tombe sous le charme de Tom.

Au delà du mystère qui règne sur l’ensemble du récit (à qui appartiennent les ossements? Qui est vraiment Tom?), « L’église des pas perdus » est avant tout un roman sur l’enfance et l’attachement à une terre. Un roman sur la liberté aussi, Catherine bravant les interdits de l’époque et du pays, ignorant les commérages pour vivre tant son amour pour Tom que son amitié avec Maria, sur fond d’apartheid. Une amitié qui résistera à tout, au temps et à l’éloignement, aux hommes et aux drames. J’ai parfois été gênée par le style un peu rugueux de ce roman, et sa construction très « hachée »: phrases et paragraphes très courts, allers-retours dans le temps, allusions énigmatiques. Mais j’ai en revanche beaucoup aimé les histoires croisées de Catherine et de Maria, et les décors majestueux de l’Afrique du sud! Partout résonne l’écho de l’enfance des deux femmes, et on se laisser hypnotiser par leurs souvenirs: Les expéditions nocturnes dans l’église indigène, les baignades dans l’étang, les courses dans le veld au milieu des koppies… A lire, surtout pour cette atmosphère envoûtante.


Le livre de poche 2008, 283 pages, 6,60€ (Traduction de Judith Roze)

Voir aussi les billets d’Amanda, Joëlle, Lorraine, Praline, Malice, Annie, Uncoindeblog, Fashion, Clarabel, Lou


Et retrouvez  les avis de toutes les bloggeuses dans le dossier du Livre de Poche!

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Lus en 2008 – Romans étrangers



Le treizième conte de Diane
Setterfield (Pocket)

Gravement malade, la célèbre écrivain Vida Winter contacte la jeune Margaret Lea afin qu’elle rédige sa biographie. Alors qu’elle a toujours menti aux journalistes, révèlera t’elle enfin la
vérité sur sa vie à la jeune femme?  L’atmosphère de ce roman est un hommage aux grands classiques de la littérature anglaise: Une demeure isolée dans le yorkshire, des
âmes tourmentées, des fantômes qui rôdent, des secrets inavouables tapis sous les pierres et sous les peaux… Ajoutez des passages délicieux sur l’amour de la lecture, et tous les
ingrédients sont là pour passer un moment divin!  A  lire au coin du feu pendant les longues soirées d’hiver, evidemment. (Pocket)

Un incontournable de la blogosphère! Lu (et aimé) par Clarabel, Lilly, Laure, Joëlle, Cathulu, Fashion, Emjy, Papillon, Lily, Karine


Les grandes espérances du jeune Bedlam de George Hagen (Belfond)

Né dans les années 1860 dans un quartier défavorisé de Londres, Tom est élevé par sa mère, employée dans une manufacture de porcelaine. Son père, William Bedlam les a abandonné, peu après sa
naissance, pour tenter sa chance sur les planches. Mais un jour ce père indigne, voleur et fourbe, refait surface, et le destin de Tom va en être bouleversé.
Quelque part entre
Dickens et Irving, des bas-fonds de Londres aux paysages éclatants de l’Afrique du Sud, « Les grandes espérances du jeune Bedlam » est l’histoire d’une vie rythmée par les coups du sort, les
secrets et les trahisons. J’avais déjà beaucoup aimé le précédent livre de George Hagen, La famille
Lament
(en poche, chez 10-18) et ce deuxième roman est tout aussi réussi, c’est une belle saga qui s’appuie sur une galerie de personnages étonnants… Un auteur à suivre
de près!

Voir aussi l’avis de Keisha.


Les filles de Riyad de Rajaa Alsanea

« Les filles de Riyad » a d’abord été diffusé sur internet, sous forme de feuilleton hebdomadaire, puis publié au Liban (mais reste interdit en Arabie Saoudite). Dans une série de mails,
la narratrice évoque la vie quotidienne et amoureuse de quatre amies saoudiennes, Lamis, Michelle, Sadim et Gamra.  A travers les destins très différents de ces quatre jeunes
femmes, on découvre toutes les facettes de la féminité en Arabie Saoudite, la cohabitation difficile entre le carcan des traditions et les envies de ces femmes issues d’une classe sociale assez
aisée et donc ouvertes sur le monde occidental. Le sujet est intéressant, et le résultat plutôt sympathique, une sorte de Sex and the city version orientale. (Plon)


Les garçons de Wesley Stace

Il y a eu deux Georges dans la famille Fischer. L’un est né de père inconnu dans les années 60. Sa mère Frankie étant actrice et souvent absente, il est donc élevé par sa grand-mère Queenie
et son arrière-grand mère Evie, qui fut en son temps une célèbre marionnettiste. Son grand-père lui aussi était ventriloque, et l’autre George de la famille n’était autre que sa
marionnette… Les deux Georges prennent la parole chacun leur tour pour raconter l’histoire familiale. « Les garçons » est un roman sur l’identité masculine, George comme son grand-père,
essayant de trouver leur place dans une famille de femmes et d’artistes assez envahissantes! Un roman original et très agréable à lire, malgré quelques longueurs.(Flammarion)

Lu aussi par Virginie.

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La vie devant ses yeux – Laura Kasischke



Un lycéen armé fait irruption dans les toilettes de son établissement, met en joue les deux jeunes filles qui s’y trouvent et leur demandent de choisir celle qu’il va tuer. Changement de décor: Mariée à un professeur d’université, Diana mène une petite vie tranquille dans une banlieue américaine. Elle élève sa petite fille, donne quelques cours, et a le temps de se consacrer à sa passion, la peinture. Mais le drame de son adolescence la rattrape…

Après une première scène choc (celle de la tuerie), il faut avouer qu’on s’ennuie un peu: la description de la vie plan-plan de Diana alterne avec ses souvenirs de lycéenne, les moments passés avec son amie Maureen. Mais soudain l’existence bien réglée de Diana se met insidieusement à dérailler et l’angoisse monte… Devient elle folle? Quelqu’un veut il lui rappeler un épisode sombre de son passé?  « La vie devant ses yeux » est un roman troublant et déroutant, et pour l’apprécier il faut accepter de ne jamais maîtriser  complètement le récit: Les allers-retours dans le temps, les ellipses, l’ambiguïté du personnage, une fin brumeuse, l’auteur ne nous donne pas toutes les clés et entretient la confusion chez le lecteur. J’aime décidément beaucoup l’univers de Laura Kasischke, sa façon de faire exploser les apparences de la middle-class américaine, à mi-chemin entre l’étude de moeurs, le thriller et le fantastique. J’ai déjà deux autres romans de Laura Kasischke dans ma PAL  (A moi pour toujours, et son petit dernier, La couronne verte) alors vous n’avez pas fini d’entendre parler de cet auteur sur ce blog!

Points 2003, 7€, traduction d’Ann Wicke. Lu par Laurence, Joëlle, Céline, et vous trouverez aussi l’avis de Clarabel
sur
Amazon.
Ce roman a récemment été adapté au cinéma, avec Uma Thurman & Evan Rachel Wood.
Voir la bande annonce.


*****


A lire aussi: Rêves de garçons de Laura Kasischke.

Trois pom-poms girls insousciantes et arrogantes, en camp de vacances, partent pour une virée en décapotable. Leur rencontre avec deux garçons du cru bouleversera leurs vies à jamais. Un roman inattendu et féroce sur la cruauté du destin, cauchemars garantis!

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Ailleurs – Julia Leigh

Fuyant l’Australie et un conjoint violent, une femme accompagnée de deux jeunes enfants trouve refuge en France, dans la demeure où elle a passé son enfance. Elle débarque de façon impromptue dans une maison en pleine effervescence, sa mère attendant le retour de la maternité de sa belle-fille Sophie et de Marcus, son mari. Quand le couple arrive enfin, l’heure n’est malheureusement plus aux réjouissances: l’enfant est mort-né, mais Sophie refuse de s’en séparer.

Ailleurs est un huis-clos etouffant, une bulle hors du temps dans laquelle les personnages semblent errer comme des ombres… Bien qu’on connaisse le prénom de la jeune femme, elle sera presque toujours désignée simplement comme « la femme« : Ses bleus, son bras en écharpe, cet homme qu’elle fuit semblent l’avoir vidée de toute substance. Les autres personnages ne semblent pas plus vivants, surtout Sophie, la belle-soeur qui se refuse à enterrer son bébé, qui ne quitte plus ce « paquet » morbide sauf quand elle se laisse convaincre de le mettre au congélateur (gloups). L’atmosphère est froide et lugubre, saturée de non-dits, les scènes absurdes s’enchaînent ainsi jusqu’à l’écoeurement. Seuls les deux enfants de la femme qui tentent confusément d’échapper au désespoir des adultes, insufflent un semblant de vie dans ce tableau… Je comprends que de nombreux lecteurs aient pu être séduits par ce récit atypique et maîtrisé, au style très épuré, mais sa noirceur m’a mise trop mal à l’aise pour que je puisse vraiment l’apprécier!

Christian Bourgois 2008, 15€

Elles ont aimé: Lily, Papillon, Cathe, Anna Blume, Sylvie, Chiffonnette mais Kathel et Bellesahi
sont plus mitigées.

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