Catégorie : Romans étrangers

Humaine de Rebecca Maizel (roman jeunesse)

(Encore un livre lu en avant-première pour le club des testeurs d’Amazon, il sera disponible en librairie demain, le 6 avril)

Lenah Baudonte a été la plus belle et la plus cruelle des vampires pendant plus de 500 ans, régnant sans partage sur un cercle de vampires redoutables et sanguinaires. Mais elle n’avait qu’un rêve, redevenir humaine. Et c’est son amour de toujours, Rhode, celui-là même qui l’avait transformé en vampire au XVème siècle, qui va se sacrifier pour elle grâce à un mystérieux rituel, et lui permettre d’accéder à son plus grand désir. Après une longue hibernation de 100 ans, la voilà donc à nouveau dans la peau d’une adolescente de 16 ans, suivant des cours sur un campus américain et tombant amoureuse d’un jeune humain, Justin. Mais Lenah doit se cacher, car le cercle de vampires qu’elle a créé est à sa recherche…

J’ai bien aimé l’idée de prendre le schéma traditionnel de la bit-lit à contre-pied : Là où d’habitude une jeune humaine découvre un monde peuplé de créatures différentes,  ici c’est une vampire qui redécouvre l’univers des humains. Les sentiments, les sensations, les relations humaines, l’amour, le goût des aliments, la caresse du soleil sur sa peau, Lenah doit tout réapprendre, et renoncer à ses pouvoirs de vampire.  Après avoir été enterrée pendant une centaine d’années, elle doit aussi s’adapter à la vie du XXIème siècle, s’habituer aux voitures, aux ordinateurs, aux CD alors qu’elle ne connaissait que l’opéra (je trouve d’ailleurs que l’auteur aurait du plus s’amuser avec ce décalage). Les nombreux flashbacks permettent aussi de découvrir l’ancienne facette de Lenah, jeune paysanne du XVème siècle devenue une vampire puissante et maléfique.

Seul vrai bémol, la romance entre Lenah et le jeune Justin, franchement ennuyeuse. Heureusement que la demoiselle a bien d’autres hommes dans sa vie, j’ai largement préféré son histoire au long cours avec Rhode, son amitié avec Tony, et sa relation ambiguë avec Vicken. C’est un roman qui n’échappe pas aux clichés, et hormis le postulat de base, il reprend la plupart des codes de la bit-lit  sans grosses surprises, mais j’ai lu ce premier tome avec beaucoup de plaisir. La sortie du 2ème tome en VO, « Stolen Nights » est prévue pour le mois de juin, et je pense que je n’aurais pas la patience d’attendre la sortie en VF !

Humaine de Rebecca Maizel, éditions Albin Michel (collection Wiz), 454 pages, 16€. Titre original : Infinite Days (traduction Valérie Le Plouhinec) /

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Quand souffle le vent du nord – Daniel Glattauer (livre audio)

J’avais déjà tenté par le passé d’écouter des livres audio, mais même s’ils peuvent s’avérer pratiques, je ne leur trouve décidément pas le même charme que les livres papier. J’ai cependant dans mon entourage proche une personne aveugle (et qui aime beaucoup lire), je ne peux donc qu’être ravie de l’essor que connaissent les livres audio depuis quelques années. Quand Blog-O-Book a proposé à ses lecteurs un partenariat avec Audiolib j’ai eu envie de retenter l’expérience, et j’ai choisi de recevoir « Quand souffle le vent du nord » de Daniel Glattauer.

Souhaitant mettre fin à un abonnement, Emmi envoie par erreur un mail à un certain Leo Leike, et entame avec lui une correspondance. Emmi est mariée, Leo sort tout juste d’une histoire compliquée. Au fil des mois, Emmi et Leo se découvrent, se cherchent, se taquinent, se provoquent, se séduisent par mail, et finissent par tomber amoureux sans jamais s’être rencontrés.

Moi qui adore les romans épistolaires, je ne pouvais qu’être attirée  par cette version moderne (fort bien lue par ailleurs par les deux comédiens). Les deux protagonistes sont attachants et ont de l’esprit, leur conversation est donc plutôt agréable à suivre au début.  Mais je me suis assez vite lassée de leur valse-hésitation, on tourne un peu en rond, et je ne suis finalement pas allée au bout de ma lecture. J’ai trouvé cette histoire d’amour plutôt banale et fade, affreusement pantouflarde même, et je me demande encore ce qui a pu enthousiasmer tant de lecteurs (et de blogueurs) au point que l’auteur a écrit une suite sous la pression de ses fans. Est ce que j’aurais aimé ce livre si je l’avais lu en version papier? La question est ouverte, et le restera,  car je ne m’infligerais pas  un deuxième rendez-vous avec Emmi et Leo pour pouvoir y répondre!

PS : Mes excuses à BOB et à Audiolib pour cette chronique (très) en retard, j’ai été prise en otage pendant quelques semaines par un gremlin !

Editions Audiolib 2010, 5h26, 19€/

Elles l’ont lu aussi: Cuné, Dédale (Biblioblog), Amanda, Keisha, Cathulu, Leiloona

***

Edit: La suite de ce roman, « La septième vague » sortira le 6 avril 2011. Et pour ceux qui n’ont pas encore lu « Quand souffle le vent du nord », il sera disponible en poche le 1er avril.

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Les Radley – Matt Haig

Peter Radley, médecin apprécié, et sa femme Helen mènent une existence rangée à Bishopthorpe, une petite ville anglaise paisible. Mais il ne faut pas se fier aux apparences, et ce que même leurs enfants ignorent, c’est que les Radley sont des vampires. Il y a bien longtemps ils ont quitté Londres et une vie de plaisirs pour devenir abstinents et offrir un cadre plus calme à leurs deux enfants, Rowan et Clara. Mais on ne renie pas si facilement sa véritable nature, et bientôt les Radley vont devoir à nouveau faire face à leurs vieux démons : Quand Clara tue un humain, Peter affolé appelle à l’aide son frère Will, un vampire qui lui a choisi de laisser libre cours à ses instincts sauvages et  sanguinaires…

Sans être follement originale, voilà une histoire qui change un peu des bluettes que l’on peut trouver dans les librairies au rayon vampires ces derniers temps. « Les Radley » est un livre qui ne se prend pas au sérieux, qui joue beaucoup sur la parodie en piochant dans de multiples genres, roman fantastique, roman policier, chronique familiale et sociale, le sujet des vampires étant aussi un prétexte pour évoquer de façon décalée des thèmes très humains : les relations familiales, les problèmes de couple (le mensonge, l’adultère, les difficultés à communiquer) ou les tourments de l’adolescence (plutôt chétif à cause du manque de sang, le fils aîné, Rowan,  est devenu le souffre-douleur de ses petits camarades). C’est juste assez sanguinolent pour satisfaire les amateurs du genre, il y a quelques pointes d’humour et l’auteur s’est visiblement beaucoup amusé à soigner les détails : On découvre ainsi au fil des pages que des artistes très célèbres étaient ou sont des vampires : Bram Stocker (auteur de « Dracula ») ou Sheridan Le Fanu (auteur de « Carmilla ») évidemment, mais aussi le peintre Veronèse, Lord Byron, converti à 18 ans dans un bordel florentin, Prince ou Jimi Hendrix qui après avoir simulé sa mort tient désormais  un club de vampires rock dans l’Oregon ! Il y a bien quelques longueurs, et l’intrigue aurait mérité d’être un peu plus fouillée, mais globalement « Les Radley » est un roman sympathique et un bon divertissement.

Editions Albin Michel 2010, 350 pages, 19,90€

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Mélancolie du rocker – Toby Litt


Gamins, nous avions des problèmes assez similaires pour qu’ils nous rapprochent (Si tu insistes : ennui, détresse, haine, frustration). On a formé un groupe. Le succès a été au rendez-vous. Ca n’a rien résolu.
Il nous est même arrivé de devoir exacerber ces problèmes pour pouvoir écrire l’album suivant. Syph a réduit à néant de belles histoires d’amour pour une douzaine de bonnes chansons.
J’imagine que, sans ce côté torturé, nous n’aurions pas de fans. D’un point de vue émotionnel, on n’est toujours pas sortis de l’adolescence, si bien que les ados continuent de se reconnaître en nous.

Arrivé à un tournant de sa vie, le batteur Clap revient sur l’histoire du groupe Okay, qu’il a formé à l’adolescence avec 3 de ses camarades, Syph le chanteur charismatique, Mono le bassiste et Crab le percussionniste. Le succès va leur permettre de mener une existence hors-normes et insouciante entre voyages, fêtes et tentations en tous genres. Mais rapidement des dissensions vont apparaître au sein du groupe, chacun des membres ayant des aspirations différentes.

« Mélancolie du rocker » est construit sous la forme d’une interview (mais on imagine seulement la présence d’un journaliste ou d’un biographe). Chaque chapitre renvoie  à un souvenir de Clap, mais pas dans l’ordre chronologique, ce qui donne une construction plutôt décousue. Je pense que c’est surtout cet aspect qui m’a gêné, les infos sur les personnages sont livrées de manière confuse et parcellaire,  j’ai donc eu du mal à cerner et à m’attacher à ces adulescents enivrés par le succès. Le sujet n’est pas inintéressant, pourtant je me suis ennuyée assez vite. Il y est finalement assez peu question de musique,  mais surtout d’alcool, de drogue, de sexe, de filles, de ces innombrables groupies attirées par la lumière, et les anecdotes deviennent vite répétitives.

Il y a quelques années j’avais lu, et adoré, un autre roman de Toby Litt, Qui a peur de Victoria About ?. Ajoutons à cela  une maison d’édition que j’apprécie beaucoup (Phébus) et un résumé alléchant (Grandeur et décadence d’un groupe de rock), le cocktail était prometteur et j’étais dans de très bonnes dispositions à l’égard de ce roman quand j’ai attaqué ma lecture. Mais malheureusement cette fois la mayonnaise ne prend pas, et avec beaucoup de regrets j’abandonne cette lecture au bout de 150 pages (soit la moitié du roman).

Phebus 2010, 304 pages, 23€. Titre original: I Played the Drums in a Band Called Okay, traduction de Céline Leroy.

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Prodigieuses créatures – Tracy Chevalier

En 1810, Elizabeth, Margaret et Louise Philpot, toutes les trois « vieilles filles », sont contraintes de quitter Londres et la demeure familiale après le mariage de leur frère. Elles s’installent à Lyme Regis, une petite ville de la côte anglaise. Passionnée par les poissons fossiles, Elizabeth y fait la connaissance de la jeune Mary Anning, une chasseuse de fossiles particulièrement douée. Après la découverte d’un spécimen inconnu, leur passion commune va prendre une nouvelle dimension…

En ouvrant ce livre, j’ignorais l’existence même de Mary Anning, collectionneuse de fossiles et paléontologiste anglaise et d’Elizabeth Philpot, et c’est au cours de ma lecture que j’ai découvert que si Prodigieuses créatures   reste un  roman, il s’inspire de faits  bien réels.

J’avais en fait un peu peur que le sujet des fossiles soit rébarbatif, mais ce n’est pas du tout le cas, Tracy Chevalier sait doser  son sujet, et le traite avec assez de légèreté pour que le non-initié ne soit pas rebuté.  Je me suis même surprise à être vraiment intéressée par certains points, par exemple l’émoi que pouvait  provoquer à l’époque la découverte de fossiles dans la sphère religieuse, l’idée de l’extinction de certaines espèces remettant en cause la toute-puissance de Dieu. Et si la chasse aux fossiles est au cœur de ce roman,  la condition féminine au début du XIXe siècle est aussi un axe essentiel de ce récit: les femmes étaient encore considérées à l’époque comme des êtres inférieurs, incapables d’une réflexion approfondie, ne pouvant trouver leur salut qu’au sein du mariage. « Prodigieuses créatures » est l’histoire d’une belle amitié entre deux femmes d’âge et de conditions différentes qui unies par une passion commune, braveront ainsi les préjugés et les interdits de leur époque. Avec beaucoup de finesse dans l’écriture,  avec une grande tendresse pour ses personnages, avec cette infinie délicatesse que j’avais déjà tant aimée dans La jeune fille à la perle, Tracy Chevalier nous offre encore ici un très beau roman.

Editions de la Table ronde 2010, 377 pages, 23€  (Traduction d’Anouk Neuhoff). Titre original Remarkable Creatures.

Lu dans le cadre d’un partenariat avec les éditions de la Table Ronde, merci!

Voir aussi les avis de Leiloona et Canel.

En 1810, Elizabeth, Margaret et Louise Philpot, toutes les trois « vieilles filles », sont contraintes de quitter Londres et la demeure familiale après le mariage de leur frère. Elles s’installent à Lyme Regis, une petite ville de la côte anglaise. Passionnée par les poissons fossiles, Elizabeth y fait la connaissance de la jeune Mary Anning, une chasseuse de fossiles particulièrement douée. Après la découverte d’un spécimen inconnu, leur passion commune va prendre une nouvelle dimension…

En ouvrant ce livre, j’ignorais l’existence de Mary Anning, collectionneuse de fossiles et paléontologiste anglaise et d’Elizabeth Philpot, et c’est au cours de ma lecture que j’ai découvert que si « Prodigieuses créatures » reste un roman, il s’inspire de faits bien réels. J’avais en fait un peu peur que le sujet des fossiles soit rébarbatif, mais ce n’est pas du tout le cas, Tracy Chevalier sait doser ce sujet, et le traite avec assez de légèreté pour que le non-initié ne soit pas rebuté. Je me suis même surprise à être très intéressée par certains aspects, par exemple l’émoi que pouvait provoquer à l’époque la découverte de fossiles dans la sphère religieuse, l’idée de l’extinction de certaines espèces remettant en cause l’infaillibilité de Dieu. Et si la chasse aux fossiles est au cœur de ce roman, c’est aussi un prétexte pour aborder le thème de la condition féminine au début du XIXe siècle, les femmes étant encore considérées à l’époque comme des êtres inférieurs, incapables d’une réflexion approfondie, et ne trouvant leur salut qu’au sein du mariage. Mais au delà de tout cela, « Prodigieuses créatures » est avant tout l’histoire d’une belle amitié entre deux femmes d’âge et de conditions différentes, une relation complexe faite de rivalité et d’émulation. Unies par une passion commune, elles braveront les préjugés et les interdits de leur époque. Avec beaucoup de finesse dans le traitement des personnages et dans l’écriture, avec cette infinie délicatesse que j’avais déjà tant aimée dans « la jeune fille à la perle », Tracy Chevalier nous offre encore ici un très beau roman.

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