Catégorie : Romans francophones

Rentrée littéraire 2013 #2: La cravate, La reine de la baltique, Avoir un corps

2ème partie de mes lectures dans le cadre de l’opération « Rentrée littéraire – lecteurs VIP » du site Entrée Livre (vous pouvez retrouver la 1ère partie ici).

 

la cravate entree livreLa cravate de Milena Michiko Flasar (éditions de l’olivier, août 2013) – Note/4 etoiles

« Dans le parc, il était le seul salaryman. Dans le parc j’étais le seul hikikomori. Quelque chose clochait en nous. Lui aurait du être dans son bureau, dans l’un des grands immeubles; et moi j’aurais du être dans ma chambre, assis entre mes quatre murs. Nous n’aurions pas du nous trouver ici, ou du moins faire comme si c’était notre place ».

Deux japonais se retrouvent chaque jour dans un parc. L’un est un salaryman, un employé d’une cinquantaine d’années qui déballe chaque jour le bento préparé par sa femme à laquelle il n’ose pas avouer qu’il a perdu son emploi. L’autre est un hikikomori, selon un terme japonais qui désigne ces jeunes qui se coupent du monde en s’enfermant pendant des mois. Ces deux hommes vont se confier l’un à l’autre, remonter le fil de leurs vies respectives pour comprendre comment ils en sont arrivés là.  L’un se raccroche désespérément à une promesse faite à sa femme au début de leur mariage, une promesse qui leur a permis de continuer à vivre après une terrible épreuve. Le plus jeune se sent coupable des  tentatives de suicide de deux de ses amis.

J’ai été émue par les confidences de ces deux hommes, par la relation qui se noue entre ces deux solitudes, par l’écho que chacun trouve dans le regard de l’autre malgré leurs différences. Un livre court, très bien écrit, d’une intensité et d’une délicatesse rare, qui m’a beaucoup touché. Avec Daffodil Silver, c’est le titre que j’ai préféré dans cette sélection.

Retrouvez mon avis plus détaillé sur Entrée Livre. C’est aussi un livre voyageur, si vous avez envie qu’il fasse une escale chez vous envoyez moi un petit mail 😉 (Offre réservée aux blogueurs et/ou lecteurs que je connais déjà un peu).
Challenge Petit Bac (Catégorie Objet)
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avoir un corpsAvoir un corps de Brigitte Giraud (Stock, août 2013) – 1 etoile

Un roman qui suit une jeune femme uniquement à travers l’histoire de son corps, ses sensations.  On est ici plutôt dans l’exercice de style, ce qui m’a vite agacée,  et l’écriture m’a rebutée, les paragraphes très courts,  les anecdotes sans intérêt qui s’enchaînent… Ce livre n’est pour moi qu’un collage de sensations qui ne laisse aucune place à l’émotion et au plaisir de lecture.  Le seul livre de la sélection que j’ai fini par abandonner.

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Challenge Petit Bac (Catégorie Partie du corps)

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la reine de la baltique entree livreLa reine de la baltique de Viveca Sten (Albin Michel, septembre 2013) – 3 etoiles

En pleine saison touristique le corps d’un homme est retrouvé sur une plage de l’ile de Sandhamn. Est ce un suicide, un accident, un meurtre? Quand une femme est assassinée peu de temps après dans un petit hôtel de l’île, le doute n’est plus permis, il y a un tueur sur l’île.

On suit d’un côté l’enquête menée par Thomas Andreasson, et de l’autre Nora, son amie d’enfance, juriste en vacances sur l’île, mère de deux enfants, qui va jouer bien malgré elle un rôle dans la résolution de l’énigme. J’ai bien aimé cette alternance de deux points de vue différents qui permet d’apporter un certain rythme à l’histoire, ainsi que le décor de ce roman situé à Sandhman, dans l’archipel de Stockholm, où beaucoup de Suédois vont passer leurs vacances. Sinon c’est un polar plutôt classique, agréable à lire mais sans surprise.  A priori il s’agit du premier tome d’une série.

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Challenge Petit Bac (Catégorie Lieu)

Avec ces trois titres je dépasse le 1% de cette rentrée littéraire pour le Challenge lancé par Hérisson (j’ai lu 8 titres pour l’instant). En route pour le 2%?

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[Roman] Arizona Tom – Norman Ginzberg

arizona tom 015

Pourquoi ai-je eu envie de lire ce roman?

il faisait partie d’une sélection spéciale Premiers Romans du Club des Testeurs d’Amazon dans laquelle je pouvais choisir deux titres. Mais j’ai découvert ensuite qu’il ne s’agissait pas du tout d’un premier roman puisque sous le pseudo de Norman Ginzberg se cache en fait Jean-Christophe Giesberg (frère de Franz-Olivier) qui a déjà écrit plusieurs livres.

C’est quel genre ?

Mi-polar, mi-western.

L’histoire en deux mots :

Un shérif désabusé d’une petite ville d’Arizona va essayer de prouver l’innocence d’un enfant sourd et muet, qu’il a trouvé au milieu du désert traînant un cadavre démembré. Une étrange relation va se nouer entre ces deux solitaires, alors que les notables de la ville sont persuadés de la culpabilité du gamin et voudraient bien le  pendre haut-et-court.

Un sous-titre?

Le môme, le shérif et les truands.

La 1ère phrase:

Je m’appelle Miller, Ocean Miller.

Si ce livre était une musique ce serait…

Si ce livre était un plat ce serait…

« du mouton faisandé et des fayots sans goût ».

Si c’était une boisson, ce serait

Du bourbon, « de l’authentique Kentucky aux notes de miel sauvage et de tabac blond ».

J’ai aimé:

L’atmosphère qui se la joue western sans avoir peur du cliché (Saloon, putes au grand cœur, jolies veuves pas franchement éplorées, brutes alcooliques à la gâchette facile, indiens…). Les personnages, rustiques et attachants. Le ton, à la limite de la parodie.

J’ai moins aimé:

Le style un peu lourd : trop d’adjectifs tue l’adjectif et à chaque fois qu’un nouveau personnage apparaît, l’auteur se sent obligé de nous dérouler son (long) CV.

Un livre à offrir à…

Un cinéphile nostalgique  qui avait 14 ans en 1968.

Bref… 

Sans être un coup de cœur, c’est un roman avec lequel j’ai passé un bon moment.

Une note:Note/4 etoiles

Une question subsidiaire:

Y’aura-t-il une suite ? La fin du roman peut le laisser penser.

Si ça vous tente…

Arizona Tom de Norman Ginzberg, 219 pages, éditions Héloïse d’Ormesson, août 2013

Challenge 1% littéraire
Challenge 50 états, 50 billets (Arizona)
Challenge Petit Bac (Catégorie Lieu)

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Rentrée littéraire 2013 #1: Daffodil Silver, Voir du pays, Le tennis est un sport romantique

Je reviens rapidement sur mes lectures dans le cadre de l’opération « Rentrée littéraire – lecteurs VIP » du site Entrée Livre dont je vous avais parlé ici. Je ne peux pas reproduire mes critiques à l’identique, je vous invite donc si vous voulez en savoir plus sur l’un de ces titres à aller lire mes billets plus complets sur Entrée Livre 😉

 

Daffodil Silver d’Isabelle Monnin (JC Lattès, août 2013, 409 pages) – Note/4 etoiles

La mort brutale de Rosa à 26 ans anéantit sa sœur, Lilas, qui se lance alors dans un projet insensé, « le livre de Rosa ».

« Elle veut écrire un livre qu’on mettra autant de temps à lire que Rosa a vécu. Il s’agit de reconstituer aussi précisément que possible chaque minute de la vie de ma tante, soit 26 années, 97 jours, 16 heures et 30 minutes. A chaque fois que quelqu’un commencera à lire Le livre de Rosa, pense ma mère, la vie de Rosa se trouvera prolongée d’autant. Ainsi Rosa vivra éternellement dans les yeux de ses lecteurs. On a les immortalités que l’on peut. » (extrait p.106)

C’est Daffodil, la fille de Lilas, qui raconte ici son histoire familiale. Sa mère a sacrifié sa vie au culte du souvenir, mais aussi celle de son mari et celle de Daffodil, née deux semaines avant le décès de Rosa, et qui a du grandir dans l’ombre envahissante de cette tante qu’elle n’a jamais connue. Le deuil insatiable de sa mère va prendre au fil des pages et des années des proportions démesurées, et tel Frankenstein va échapper à sa créatrice pour mener sa propre vie, bien loin finalement de Lilas et de Rosa. Daffodil Silver  est un roman poignant sur le deuil, l’amour, la folie, et les méandres de la mémoire. L’un des meilleurs livres de cette rentrée littéraire.

Retrouvez mon avis plus détaillé sur Entrée Livre

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Voir du pays de Delphine Coulin (Grasset, août 2013, 272 pages) – 3 etoiles

Amies d’enfance, Aurore et Marine s’engagent toutes les deux dans l’armée et sont envoyées en Afghanistan où une de leurs missions va mal se passer et mettre en péril leur amitié. Avant de rentrer en France elles vont passer 3 jours à Chypre, dans ce que l’armée appelle un « SAS de décompression ». Au programme, luxe, farniente, et debriefing. Mais ces 3 jours vont prendre une tournure tragique…

Le sujet est intéressant, je ne connaissais pas l’existence de ce SAS de décompression installé à Chypre depuis 2009, où sont envoyés les soldats revenant d’Afghanistan ou plus récemment du Mali. Dommage qu’une bonne partie du roman enchaîne les platitudes et les clichés (sur la guerre, les militaires, les touristes, etc…). J’ai eu en plus du mal à éprouver de l’empathie pour Aurore et Marine que j’ai trouvé peu charismatiques. La dernière partie du livre est plus intéressante, les personnages et l’histoire y trouvent plus de consistance, mais c’était un peu tard pour moi.

Retrouver mon avis plus détaillé sur Entrée Livre.

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Le tennis est un sport romantique d’Arnaud Friedmann (JC Lattès, août 2013, 250 pages) – 3 etoiles

Le 10 juin 1984, devant un match McEnroe/Lendl, Juliette déclare à son fils Julien  que John McEnroe est son père. Sans qu’on sache jamais si elle tient du fantasme ou de la réalité, tous deux vont s’accrocher à cette révélation. Mère célibataire,  Juliette va plonger dans la dépression, se raccrochant désespérément à cette lointaine étreinte  pendant laquelle a été conçue son fils, alors qu’elle était jeune fille au pair aux Etats-Unis. Sous la pression de sa mère Julien va se lancer dans le tennis, au fond il n’a aucun talent mais le travail et la perspective d’être le digne héritier de son père lui permettront de devenir un joueur honorable. Mère et fils vont ainsi vivre au rythme des victoires et des défaites de McEnroe, de ses coups de sang, de son apparition dans les médias.

L’auteur s’attaque ici à un thème plutôt classique, grandir sans père, mais avec un angle original puisque le père est ici à la fois inconnu et connu, absent et présent, trouvant sa place dans la sphère familiale via la télévision ou les magazines. Entre une mère démissionnaire et un père fantôme, Le tennis est un sport romantique est l’histoire de la solitude de deux êtres et de la difficulté d’un enfant à construire son identité sans repères. Si le thème est séduisant, j’ai trouvé l’écriture assez froide, maintenant les émotions et le lecteur à distance. J’ai donc eu bien du mal à m’attacher aux personnages et en plus l’histoire finit par tourner un peu en rond. Pas complètement convaincue là non plus.

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[Rentrée littéraire 2013] Le soleil à mes pieds – Delphine Bertholon

le soleil à mes pieds 002

Elles n’ont rien en commun, si ce n’est un lourd passé marqué par un évènement sordide, et le fait d’être sœurs. La Grande parle fort, remplit son appartement de bric et de broc, s’enivre de sexe et de cruauté, elle a le vice et la méchanceté chevillées au corps, elle aime par dessus tout malmener la Petite. Elle a basculé du côté sombre, attirée par la mort comme un moustique par le sang. La Petite est au contraire une fleur fragile et délicate, poussée dans l’ombre de cette sœur qui prend toute la place. Elle reste cloîtrée chez elle, dans un univers vide et aseptisé, elle ne s’alimente presque pas, espérant peut-être finir par disparaitre, par s’effacer.  « Quand on a une sœur, on n’est plus jamais seule« , leur serinait leur mère, et c’est bien le cas, pour le plus grand malheur de la Petite.

Le soleil à mes pieds est l’histoire d’une lutte inégale entre deux sœurs, entre deux jeunes femmes et un passé terrible dont elles n’arrivent pas à se libérer (et que l’on découvre au fil des pages). On a pitié de la Petite évidemment qui ne parvient pas à échapper à l’emprise malsaine de sa soeur,  mais on n’arrive pas à détester la Grande tout à fait, tant on sent dans sa méchanceté la douleur de la petite fille que la vie ne lui a pas laissé le temps d’être, et dans son comportement son désir désespéré de ne pas rester seule. Finalement celle des deux qui m’a le plus émue n’est peut-être pas celle que l’on croit… C’est un livre féroce, perturbant, qui m’a mis parfois un peu mal à l’aise parce que la littérature évoque rarement les rapports entre soeurs de cette façon là. Mais j’ai lu ce roman  presque d’une traite, en retenant mon souffle. Je ne sais pas si ce livre a été inspiré à Delphine Bertholon par un fait divers réel (comme c’était le cas dans Twist), on retrouve en tous cas le thème des relations familiales compliquées comme dans Grâce. Un auteur que j’aime toujours beaucoup, et un des livres de cette rentrée littéraire à découvrir impérativement.

Le soleil à mes pieds, 187 pages, éditions JC Lattès – Note/4 etoiles

Challenge 1% Rentrée littéraire
Challenge Petit bac (Catégorie partie du corps)

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[Roman] L’éternel – Joann Sfar

l'eternel

1917, Ionas et Caïn sont deux frères juifs très proches l’un de l’autre, malgré leurs différences : Ionas est un homme sensible et droit, fidèle à sa fiancée Hiéléna. Caïn est une forte tête, un pleutre qui va s’enfuir dès la première occasion, laissant mourir son frère sur un champ de bataille, et sa propre compagne, enceinte, sans un geste pour les aider.  Après la mort de son frère il n’hésite pas à épouser la douce et belle fiancée de celui-ci. Mais Ionas renaît sous la forme d’un vampire, bien décidé à retrouver Hiéléna.

Après la BD (Le chat du rabbin notamment) et le cinéma (Gainsbourg vie héroïque), que j’ai trouvée la plus pénible à lire.

Le tout manque de nerf et d’un fil directeur, c’est trop bavard, l’histoire s’enlise autour du personnage un peu fade de Ionas, et l’auteur se contente de juxtaposer des scènes sans que l’ensemble prenne jamais sens. Quel ennui ! Je refermais le livre au bout de deux pages, je m’endormais dessus, je sautais des paragraphes entiers… Aucun personnage ne m’a intéressé, et je n’avais vraiment aucune envie de savoir ce qu’il allait advenir d’eux. Finalement je n’ai pas réussi à aller au bout de cette lecture,  et ça  a été vraiment un soulagement de passer à autre chose.  On sent une réelle ambition derrière ce récit, Joann Sfar s’est inspiré plus ici du Comte Dracula et du roman gothique que du romantisme mièvre d’Edward Cullen, mais je n’ai clairement pas adhéré à cet univers glauque et à cette écriture trop lourde.

L’éternel de Joann Sfar, éditions Albin Michel 2013, 455 pages – 1 etoile

Merci à Entrée Livre de m’avoir envoyé ce livre. Sept autres blogueurs ont lu ce livre en même temps que moi: Cécile, Zazy, Jostein, Nelfe, Pierre, Mélo et Emeralda

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