Catégorie : 4 étoiles – Recommandés

L’amour comme par hasard – Eva Rice

l'amour comme par hasard

Depuis la mort de son père à la guerre, la jeune Pénélope vit avec sa mère et son frère Inigo à Magna, la grande demeure familiale qu’ils ne peuvent plus entretenir faute de moyens. Au hasard d’une rencontre dans une rue londonienne, Pénélope se lie d’amitié avec Charlotte, une jeune fille fantasque avec qui elle partage notamment une passion pour le chanteur Johnny Ray.  Charlotte présente aussi à Pénélope sa tante Clare, qu’elle aide à écrire ses mémoires, et son cousin Harry, qui rêve de devenir magicien et de reconquérir Marina, une riche américaine.

« L’amour comme par hasard » (quel dommage d’avoir ainsi modifié le titre original, « The lost art of keeping secrets » qui a tellement plus de sens et de saveur!) est un roman so british: On y croise des jeunes filles de bonne famille mais désargentées, des tantes excentriques et de séduisants cousins, on s’empiffre de scones au gingembre pendant l’incontournable tea time, et on y fait des « dîners de canard » dans des maisons qui tombent en ruine. Nous sommes en 1954, c’est la fin  du rationnement, les anglais réalisent que la guerre est bel et bien finie. Ivres de liberté et d’insouciance, Pénélope et ses nouveaux amis enchaînent les soirées mondaines, se gavent d’art et de musique: Jazz ou rock’n roll, telle est la question, alors qu’Elvis Presley débute tout juste sa carrière de l’autre côté de l’Atlantique et que les Teddy Boys envahissent les rues de Londres… On se laisse facilement charmer par ce portrait d’une génération, qui aborde aussi des thèmes plus profonds, comme le deuil, l’attachement aux êtres et aux choses, le passage à l’âge adulte. « L’amour comme par hasard » est un roman charmant et virevoltant, sans doute pas inoubliable, mais avec lequel on passe vraiment un moment délicieux!


Le livre de poche, 537 pages, 6,95€, traduction de Martine Leroy-Battistelli (Titre original: The lost art of keeping secrets)
Vous pouvez retrouver les avis d’une quinzaine de blogueurs dans le dossier spécial du livre de poche.

Rendez-vous sur Hellocoton !

La vie devant ses yeux – Laura Kasischke



Un lycéen armé fait irruption dans les toilettes de son établissement, met en joue les deux jeunes filles qui s’y trouvent et leur demandent de choisir celle qu’il va tuer. Changement de décor: Mariée à un professeur d’université, Diana mène une petite vie tranquille dans une banlieue américaine. Elle élève sa petite fille, donne quelques cours, et a le temps de se consacrer à sa passion, la peinture. Mais le drame de son adolescence la rattrape…

Après une première scène choc (celle de la tuerie), il faut avouer qu’on s’ennuie un peu: la description de la vie plan-plan de Diana alterne avec ses souvenirs de lycéenne, les moments passés avec son amie Maureen. Mais soudain l’existence bien réglée de Diana se met insidieusement à dérailler et l’angoisse monte… Devient elle folle? Quelqu’un veut il lui rappeler un épisode sombre de son passé?  « La vie devant ses yeux » est un roman troublant et déroutant, et pour l’apprécier il faut accepter de ne jamais maîtriser  complètement le récit: Les allers-retours dans le temps, les ellipses, l’ambiguïté du personnage, une fin brumeuse, l’auteur ne nous donne pas toutes les clés et entretient la confusion chez le lecteur. J’aime décidément beaucoup l’univers de Laura Kasischke, sa façon de faire exploser les apparences de la middle-class américaine, à mi-chemin entre l’étude de moeurs, le thriller et le fantastique. J’ai déjà deux autres romans de Laura Kasischke dans ma PAL  (A moi pour toujours, et son petit dernier, La couronne verte) alors vous n’avez pas fini d’entendre parler de cet auteur sur ce blog!

Points 2003, 7€, traduction d’Ann Wicke. Lu par Laurence, Joëlle, Céline, et vous trouverez aussi l’avis de Clarabel
sur
Amazon.
Ce roman a récemment été adapté au cinéma, avec Uma Thurman & Evan Rachel Wood.
Voir la bande annonce.


*****


A lire aussi: Rêves de garçons de Laura Kasischke.

Trois pom-poms girls insousciantes et arrogantes, en camp de vacances, partent pour une virée en décapotable. Leur rencontre avec deux garçons du cru bouleversera leurs vies à jamais. Un roman inattendu et féroce sur la cruauté du destin, cauchemars garantis!

Rendez-vous sur Hellocoton !

Un brillant avenir – Catherine Cusset



Née en Roumanie dans les années 40, Helen a reçu une éducation très stricte, et sa vie ressemble à un combat ininterrompu: Elle s’est d’abord battu pour épouser Jacob, l’amoureux juif dont ses parents ne voulaient pas, s’est battu encore et toujours pour quitter son pays natal, puis pour trouver sa place aux Etats-Unis. Elle s’est surtout battu pour que son fils Alexandru ait « un brillant avenir ». Alors quand ce dernier tombe amoureux de Marie la petite française, Helen reprend les armes pour évincer l’intruse et préserver l’unité familiale.

L’histoire d’Helen se construit comme un puzzle, au fil des pages et des allers-retours dans le temps. De la Roumanie de Ceaucescu à l’Amérique des années 2000, en passant par Israël ou l’Italie, son parcours est plutôt chaotique! Intelligente et déterminée, courageuse et travailleuse, toute sa vie elle saura forcer le destin et imposer ses choix… Mais le personnage nous échappe parfois, Helen est facilement déstabilisée, dévorée par ses peurs et ses sentiments: Terrifiée à l’idée que sa belle-fille puisse bouleverser l’équilibre familial qu’elle a si patiemment construit, elle lui refuse son affection, et elle engage contre Marie une guerre mesquine, faite de reproches silencieux et de petites vexations. J’ai parfois eu du mal à comprendre le comportement excessif d’Helen envers sa belle-fille mais j’ai aimé qu’elle se révèle finalement une femme comme les autres, avec ses failles et ses doutes, ses défauts et ses contradictions. Un brillant avenir est un très beau portrait de femme!

Gallimard, 369 pages, 21€.

Lu par Cuné et Essel.

Rendez-vous sur Hellocoton !

That’s all right mama – Bertina Henrichs

D’origine allemande, Eva Jacobi mène une vie très rangée en France: Maître de conférences dans une université, elle a une relation amoureuse
avec un homme qu’elle voit deux soirs par semaine. Quand sa mère décède brutalement, elle doit retourner en allemagne, et en rangeant l’appartement maternel, elle découvre que Lena, qui ne menait
pourtant pas une existence très fantaisiste, avait prévu de se rendre à Memphis, la ville d’Elvis Presley. Encore bouleversée par les confidences d’un oncle à propos de ses parents, Eva décide
sur un coup de tête d’utiliser le billet d’avion de sa mère.



Bertina Henrichs a choisi de traiter d’un sujet délicat (le travail de deuil) avec une certaine légèreté, lançant son personnage sur les pas du King et de ses fans, dans la capitale du kitsch
absolu!  Dans ce décor insolite et extravagant, de situations périlleuses en rencontres improbables, Eva ira jusqu’au bout de son chagrin. Comme un cadeau posthume offert par sa mère,
ce voyage lui permettra aussi de faire un point sur sa vie, de quitter son existence étriquée et d’emprunter un nouveau chemin vers l’épanouissement. Entre rires et larmes, That’s all right mama est un roman très touchant sur l’amour filial, une parenthèse enchantée pleine d’une douce folie.
Si vous avez aimé La joueuse d’échecs
(en cours d’adaptation avec Sandrine Bonnaire dans le rôle principal), vous succomberez ici encore au charme et à la simplicité de l’écriture de
Bertina Henrichs!


Editions du Panama, 272 pages, 18€

Rendez-vous sur Hellocoton !

[Roman] Julie & Julia (sexe, blog et boeuf bourguignon) – Julie Powell

Julie Powell est une jeune femme de 29 ans qui partage son loft new-yorkais avec un mari adorable, 3 chats et un serpent. Elle a rêvé un jour d’être actrice mais n’a finalement rien fait pour, et se contente d’un job inintéressant dans un bureau surplombant le site de Ground Zero. La trentaine qui approche, un gynéco qui lui conseille ne pas trop attendre avant de faire un bébé à cause de problèmes hormonaux, et la voilà au bord de la dépression. Elle se lance alors sur un coup de tête dans un challenge insensé : réaliser en un an les 524 recettes de L’art de la cuisine française de Julia Child, la prêtresse de la cuisine aux Etats-Unis. Et elle ouvre un blog pour partager le pire
et le meilleur de ces expériences quotidiennes.

Foies de poulet en gelée, rognons à la bordelaise, cervelle en matelote… La cuisine de Julia Child est d’un autre âge (son recueil de recettes date des années 60) et ne vous donnera sans doute aucune envie de vous glisser derrière vos fourneaux ! Les aventures culinaires de Julie donne quelques chapitres assez drôles (mention spéciale à la cuisson des homards, façon serial killer), mais au fond la cuisine n’est ici qu’un prétexte pour évoquer la confiance en soi, le regard des autres ou les préoccupations des trentenaires souvent abordés dans la « chick-litt », couple et horloge biologique en tête. Tour à tour déprimée ou euphorique, Julie est une narratrice charmante et attachante qui s’accroche à son
défi comme à une bouée de sauvetage. Avec humour et sincérité elle décrit les effets secondaires de son épopée culinaire : L’inquiétude envahissante de sa mère, son mari qui
supporte héroïquement ses crises d’hystérie, les copines un peu dingues qui s’invitent de plus en plus souvent à dîner pour raconter leurs déboires sentimentaux, la pression infernale des lecteurs de son blog… Léger, drôle et généreux, avec son petit grain de folie Julie & Julia est une lecture très rafraîchissante!


Le blog de Julie Powell: http://juliepowell.blogspot.com/
Une adaptation pour le grand écran est en cours de tournage, avec Amy Adams dans le rôle de Julie, et Meryl
Streep
dans celui de Julia Child.


Seuil 2008, 343 pages, 19,90€, traduction de Claudine Richetin – Note/4 etoiles
Titre original: Julie & Julia: 365 days, 524 recipes, 1 tiny apartment kitchen.



livres, critiques citations et bibliothèques en ligne sur Babelio.com

Rendez-vous sur Hellocoton !