Catégorie : Romans francophones

La vie de bureau – Jean-Michel Delacomptée

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Encore un livre lu pour le Prix Fnac. Je renonce à vous faire
un résumé en bonne et due forme de ce roman… Disons qu’un sexagénaire à l’existence insipide tente de séduire l’une de ses jeunes collègues aux dents longues, en tous points opposée à lui. Je me
suis rapidement ennuyée avec ce personnage vieillot et réactionnaire. On s’englue dans ses bavardages interminables sur son combat quotidien contre le bruit, sur sa passion du baiser,
sur son rêve d’une retraite tranquille. L’intrigue minimale n’est finalement qu’un prétexte à une suite de discours plutôt creux sur la vie moderne.  Au prix de redoutables efforts, j’ai
réussi à lire 150 pages, soit environ la moitié du roman, avant de renoncer et de laisser ce livre de côté. C’est d’autant plus dommage que le style est très élégant, et qu’il aurait fait
merveille au service d’un contenu plus consistant ! Mais « La vie de bureau » est à l’image de son personnage, sans relief et sans saveur.
Calmann-Levy 2006, 284 pages, 17 euros
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Julien Parme – Florian Zeller

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Julien Parme a 14 ans et entretient des rapports très conflictuels avec sa mère, son beau-père et la fille de celui-ci. Alors que sa mère lui a interdit de se rendre à une
soirée chez Mathilde, la fille dont il est amoureux, Julien fugue. S’ouvre alors devant lui une nuit de liberté et d’errances dans les rues de Paris, faite de rencontres, et de questionnements
sur son passé (la mort de son père) ou son avenir (sa carrière de grand écrivain).

Voilà donc l’un des quatre titres que j’ai lu pour le prix
Fnac
. Florian Zeller est une cible privilégiée des médias, et bien avant la sortie de Julien Parme, le roman se faisait déjà descendre ici et
. Je n’aime pas hurler avec les loups, et j’ai donc essayé d’aborder ce livre sans
a-priori. Malheureusement, 300 pages plus tard, il faut bien me résoudre à rejoindre la meute… L’auteur a jeté tout ce qui fait la complexité et la richesse de l’adolescence pour réduire son
personnage à une triste caricature bête et égocentrique. Sans nuances et sans profondeur, Julien Parme n’est qu’une tête-à-claques que ses quelques failles (la mort de son père) ne parviennent
pas à rendre plus intéressant ou plus touchant. Le style, qui imite maladroitement le langage des adolescents (version beau quartier) est grotesque et agaçant, les tentatives d’humour tombent
complètement à plat. Un roman ennuyeux, froid et superficiel, qui manque de coeur et de sens, tout à fait optionnel dans cette rentrée littéraire.
Flammarion 2006, 302 pages, 17€
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La joueuse d’échecs – Bertina Henrichs

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Eleni vit avec son mari et ses deux enfants sur l’île grecque de Naxos. Femme de ménage dans un hôtel, elle mène une vie plutôt monotone, jusqu’à ce qu’elle se
découvre un intérêt profond et inattendu pour les échecs. Mais cette nouvelle passion va lui attirer les moqueries des gens de l’île et la colère de son mari. Eleni trouvera du
réconfort auprès d’un vieux professeur qui l’aidera à maîtriser l’art des échecs et à affronter le regard des autres.
J’ai plutôt aimé le cheminement de cette femme un peu frustre qui, grâce à sa passion, va s’ouvrir au monde et s’émanciper, découvrir une vie au delà du
dévouement familial et du carcan des bienséances locales. Le lien qu’Eleni tisse avec le vieux professeur (le personnage le plus abouti, le plus émouvant) reste cependant pour moi l’aspect
le plus intéressant du roman. La qualité de l’écriture est aussi à souligner, d’autant que l’auteur, d’origine allemande, a écrit ce roman directement en français.
J’ai été moins convaincue par la partie du récit qui décrit le scandale que provoque la passion d’Eleni, la façon dont elle est moquée, rejetée par la société et par
sa famille. J’ai trouvé cet aspect peu crédible, ou du moins assez mal amené. Par ailleurs, bien que ce roman soit assez court (150 pages), j’y ai trouvé quelques longueurs, qui me font
penser que la forme de la nouvelle aurait été plus appropriée à cette histoire. Malgré ces quelques réserves, « la joueuse d’échecs » est un joli portrait de femme, assez classique, mais agréable à
lire.
Liana Levi 2005, 151 pages, 15€
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Vous plaisantez monsieur Tanner – Jean-Paul Dubois

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Monsieur Tanner, documentariste animalier, hérite d’un vieil oncle une grande demeure en piteux état. Pour accomplir d’importants travaux de rénovation, il doit faire
appel à différents artisans: Couvreurs fourbes et voleurs, électricien bigot et incompétent, maçon antipathique, peintre frustré ou chauffagiste maladroit, tous vont rivaliser d’ingéniosité pour
faire de la vie de Monsieur Tanner un enfer…
Des artisans plus étranges les uns que les autres, un narrateur naïf et un peu lâche, Jean-Paul Dubois livre ici une jolie galerie de personnages. Bien que le trait
soit souvent grossi, le défilé des professionnels et la description de leurs travers en tous genres sont plutôt drôles. Et les chapitres courts donnent un roman rythmé qui se lit vite
et facilement. Pourtant, « Vous plaisantez Monsieur Tanner » atteint rapidement ses limites en se cantonnant à une accumulation de portraits, sans vraiment chercher à approfondir le propos.
Je suis donc restée sur ma faim avec ce livre sympathique mais un peu léger.

Editions de l’Olivier 2006, 198 pages, 16.50€
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Magnus – Sylvie Germain

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Franz-Georg, un petit garçon allemand de 5 ans, a perdu la mémoire à la suite d’une forte fièvre. Patiemment, sa mère lui retrace ces années oubliées, reconstruit ses
souvenirs perdus. Inséparable de son ourson élimé prénommé Magnus, Franz-Georg vit ainsi dans un cocon familial dominé par un père un peu distant qu’il admire pourtant sans réserve. Mais la fin
de la guerre 39-45, la défaite de l’Allemagne, la fuite de ses parents vont bouleverser à nouveau l’existence du petit garçon.
La construction du roman, qui joue sur l’alternance entre la vie de Franz-Georg et de courtes séquences (la bio d’un personnage, un poème, etc…), donne un bon rythme
au récit. On suit avec passion la vie chaotique de Franz-Georg, les révélations sur sa famille, sa folle quête d’identité, les nombreux drames qui jalonneront son existence. Le jeune homme, très
attachant, tente de se construire sur des fondations bancales, confronté sans cesse au trou noir de sa petite enfance qui a été comblé à grand coup d’illusions et de mensonges. J’ai
cependant été un peu déçue par la dernière partie du roman, qui sombre dans le mystique et élude les réponses romanesques. Je n’ai pas non plus complètement adhéré au style un peu trop
travaillé de Sylvie Germain, à son écriture un peu froide. Malgré ces quelques réserves, ce roman ambitieux est vraiment très agréable à lire.
Prix Goncourt des Lycéens 2005
Albin Michel 2005, 274 pages, 17.50?
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