Ensemble c’est tout – Anna Gavalda

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Quatre personnages abîmés par la vie, un peu sauvages et perdus, tentent de s’apprivoiser: Il y a Camille, femme de ménage et artiste
contrariée; Philibert, l’aristocrate désargenté, féru d’histoire et hypersensible; Frank, le cuisinier rustaud qui doit s’occuper de sa grand-mère Paulette, de plus en plus dépendante.

Anna Gavalda séduit par la simplicité de son écriture, la justesse de ses dialogues, le grain de folie de ses personnages. Pas d’effets
superflus ou d’intrigue fouillée, elle mise sur l’humour et les sentiments, sans jamais tomber dans la mièvrerie. Malgré quelques longueurs, c’est un livre qui touche au cœur!

« Ensemble c’est tout » a déjà une belle carrière, puisque plus de 500 000 exemplaires ont
été écoulés depuis sa sortie.

Le Dilettante 2004, 603 pages, 22€

A lire aussi: Je voudrais que quelqu’un m’attende quelque part, recueil de nouvelles publié chez J’ai lu.

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Les Trois médecins – Martin Winckler

En 1999, Martin Winckler connaissait son premier succès de librairie grâce à La maladie de Sachs dans lequel il racontait le quotidien d’un médecin généraliste, Bruno Sachs. Dans Les trois médecins, l’on retrouve notre héros quelques années plus tôt, pendant ses études de médecine. Parallèlement à une histoire d’amitié entre quatre futurs médecins, leurs amours et leurs emmerdes, Martin Winckler dresse le portrait de la médecine dans les années 70: le carcan rigide des études, les humiliations et les conflits au sein des facs, le combat pour le droit des femmes (avortement et contraception), la remise en question de la place du médecin et de son rapport au patient, ou les premiers scandales pharmaceutiques (comme celui du distilbène).

La construction du roman, inspirée de Les trois mousquetaires d’Alexandre Dumas, est assez complexe. Ce roman polyphonique alterne les époques, les points de vues, les articles médicaux. Les Trois médecins est un livre foisonnant qui réussit le tour de force d’être à la fois divertissant et instructif, porté par le talent de Martin Winckler pour évoquer des tranches de vies.

P.O.L 2004/Folio 2006 – Note/4 etoiles

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[Polar] La souris bleue – Kate Atkinson

La souris bleue est d’abord un polar à trois facettes: La petite Olivia disparaît mystérieusement en 1970 dans le jardin familial; Laura, 18 ans, est égorgée en 1994; Michelle assassine son mari en 1979 d’un coup de hache. En 2004, les proches de ces victimes embauchent tour à tour le même détective privé, Jackson Brodie. Voilà de sacrés défis pour ce quadragénaire de Cambridge, plutôt habitué aux affaires ennuyeuses de maris jaloux.

Kate Atkinson jongle avec les différentes intrigues avec une incroyable virtuosité. Elle construit un suspens sans faille, en distillant les indices au compte-gouttes et en multipliant les fausses pistes. Mais le terme « polar » semble une étiquette bien étriquée pour cette formidable comédie humaine, dans laquelle on croise une belle palette de personnages marginaux autour d’un détective, solitaire, désabusé et râleur, et pourtant si attachant.

Dans ce roman à tiroirs où les milieux sociaux, les générations, les personnages et les époques se croisent et s’entremêlent, l’auteur décortique l’âme humaine révélée par les drames familiaux. Avec un regard et un humour « so british », elle aborde les drames qui jalonnent ce roman avec une ironie délicieuse, et elle effleure la noirceur pour mieux parler d’amour et d’espoir.

Editions de Fallois 2004/Le livre de poche 2006 – 5 étoiles

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[Roman] La reine du silence – Marie Nimier

La petite Marie n’a que cinq ans lorsque son père, l’écrivain Roger Nimier, meurt dans un accident de voiture. Quarante ans plus tard, elle entreprend de dresser le portrait de ce père qu’elle a si peu connu.

A quelques bribes de souvenirs s’ajoutent une carte postale lapidaire, les portraits d’amis écrivains, les confessions des frères de Marie, les traces d’une correspondance, des photos à la Une de Paris-Match… Elle évoque, sans jamais le juger, ce père aux multiples démons, qui privilégiait son travail à sa famille, et pouvait se montrer particulièrement cruel. Sous la plume de la femme mûre, on retrouve les questions, les peurs et les doutes d’une petite fille qui tente de comprendre, de se rapprocher de ce père trop tôt disparu, afin d’apaiser ses propres tourments.

Sur le ton de la confidence, avec beaucoup de sensibilité et de pudeur, Marie Nimier offre un beau témoignage sur l’amour filial.

Gallimard 2004, 170 pages, 14.50€ – PRIX MEDICIS 2004 /

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[Roman] Ceci n’est pas un roman – Jennifer Johnston

Depuis trente ans, Imogen est persuadée que son frère Johnny, un excellent nageur, n’est pas mort noyé. Elle raconte son adolescence auprès de ce frère tant aimé, le manque d’affection de leurs parents, l’arrivée du séduisant Bruno au sein de la famille. Et la lente progression du drame qui va aboutir à la disparition de son frère, et à son propre séjour dans une clinique spécialisée. Dans une vieille malle Imogen découvre aussi le journal intime de son arrière grand-mère, anéantie par la mort d’un de ses fils.

Sous forme d’un séduisant pêle-mêle textuel (extraits de différents journaux intimes, poèmes, lettres), l’auteur aborde les sujets les plus romanesques: l’amour, la folie, la mort, les secrets de famille, les tourments de l’adolescence. Mais ces thèmes plutôt classiques n’apparaissent jamais banals sous la plume légère et mélancolique de Jennifer Johnston. Un très joli roman porté par le personnage d’Imogen, très émouvant dans sa fragilité et sa solitude.

Belfond 2004, 195 pages, 18€ /

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