Adaptations de romans au cinéma (2)

Je vous en avais déjà parlé, le cinéma pioche souvent dans la littérature. Voilà, par ordre chronologique, d’autres adaptations que vous verrez dans les prochains mois:

Tout est illuminé, adaptation du roman éponyme de Jonathan Safran Foer (sortie le 14 décembre)



Le monde de Narnia,
1er opus adapté de la série de C.S Lewis (sortie le 21 décembre)

La vérité nue avec Kevin Bacon et Colin Firth, adaptation du roman La vérité du mensonge du britannique Rupert Holmes (sortie le 21 décembre)

La véritable histoire du Chaperon Rouge, version trash du conte 😉 avec les voix de Maureen Dor, Michel Leeb et Dominique Lavanant (sortie le 25 décembre)

The constant gardener avec Ralph Fiennes, adaptation du roman de John Le Carré, La constance du jardinier (sortie le 28 décembre)



La fille du juge
, adaptation de Mort d’un silence de Clémence Boulouque, un roman inspiré de sa propre histoire (sortie le 4 janvier)

Jarhead, la fin de l’innocence de Sam Mendes avec Jamie Foxx, adaptation des mémoires d’un ex-marine Anthony Swofford (sortie le 11 janvier)

Nouvelle adaptation d’Orgueil et Préjugés, le classique de Jane Austen (sortie le 18 janvier)

Zathura: une aventure spatiale, adaptation d’un livre de Kris Van Allsburg, déjà auteur de Jumanji ou encore du roman qui a inspiré Le pôle express (sortie le 1er février)



Le passager
, avec Yann Goven et Julie Depardieu, adaptation de La Route de Midland d’Arnaud Cathrine (sortie le 1er février)

Les mots retrouvés, avec Richard Gere et Juliette Binoche,adaptation de La saison du concours de Myla Goldberg (sortie le 1er février)



Plume et l’île mystérieuse, un dessin animé d’après le personnage créé par Hans de beer (sortie le 8 février)

Syrania avec Georges Clooney et Matt Damon, adaptation du témoignage de Robert Baer sur la CIA (sortie le 22 février)



Mémoires d’une Geisha, adaptation de la Geisha d’Arthur Golden (sortie le 1er mars)

Hell de Bruno Chiche avec Sara Forestier, adaptation du roman sulfureux de Lolita Pill (sortie le 1er mars)

Derailed avec Jennifer Aniston et Vincent Cassel, adapté d’une nouvelle de James Siegel (sortie le 8 mars)

Lire: Les 20 livres de l’année 2005

La magazine Lire vient d’établir son traditionnel classement des 20 meilleurs livres de l’année:

1. Lunar Park – Bret Easton Ellis (Robert Laffont)

2. Waltenberg – Hédi Kaddour (Gallimard)

3. Louis XVI – Jean-Christian Petitfils (Perrin)

4. Chroniques. Volume IBob Dylan (Fayard)

5. L’Intérieur de la nuitLéonora Miano (Plon)

6. Le RideauMilan Kundera (Gallimard)

7. Un pedigree – Patrick Modiano (Gallimard)

8. AmbiguïtésElliot Perlman (Robert Laffont)

9. Dans la luge d’Arthur SchopenhauerYasmina Reza (Albin Michel)

10. Un monde vacillantCynthia Ozick (L’Olivier)

11. Mister BonesSeth Greenland (Liana Levi)

12. Mémoires de la merCollectif (L’iconoclaste)

13. Paris-DoisneauRobert Doisneau (Flammarion)

14. L’âme du chasseurDeon Meyer (Seuil)

15. Le royaume de leurs rêvesNeal Gabler (Calmann-Levy)

16. Troisième nuit de Walpurgis Karl Kraus (Agone)

17. La douceur des hommesSimonetta Greggio (Stock)

18. Notes pour une histoire de guerreGipi (Actes Sud) (BD)

19. Vous n’êtes pas seul iciAdam Haslett (L’Olivier)

20. Le roman des JardinAlexandre Jardin (Grasset)

A noter que sont délibérément exclus les livres primés par les académies Goncourt, Renaudot, Médicis, Femina et les livres des collaborateurs de Lire. A l’origine figuraient donc dans le classement: Trois jours chez ma mère de François Weyergans (prix Goncourt), Asiles de fous de Régis Jauffret (prix Femina), La vie sauve de Lydie Violet et Marie Desplechin (prix Médicis essai) et Neige d’Orhan Pamuk (Prix Médicis étranger).

Je n’ai lu qu’un seul titre de cette liste,  Ambiguités d’Elliot Perlman, qui ne m’a pas emballé…

Les cerfs-volants de Kaboul – Khaled Hosseini


Dans l’Afghanistan encore paisible des années 70, Amir et Hassan passent une enfance heureuse. Bien qu’ils appartiennent à deux castes différentes (Amir est le fils du maître Pachtoune et Hassan le fils du domestique Hazara), les deux enfants sont inséparables. Prêt à tout pour attirer l’attention d’un père méprisant, Amir tournera pourtant le dos à Hassan quand celui-ci aura le plus besoin de lui. Rongé par la culpabilité, il ne trouvera l’occasion de se racheter que bien des années plus tard…

Khaled Hosseini mêle le charme du conteur oriental à l’efficacité du romancier anglo-saxon dans ce récit initiatique aux thèmes universels, l’amitié, la loyauté et la trahison. On hésite entre compassion et agacement pour Amir, personnage ambigu, à la fois pathétique dans sa faiblesse et désarmant dans sa culpabilité.

Ce roman est aussi un formidable document sur la culture et l’histoire afghanes. L’auteur apporte un point de vue intimiste – et sans doute en grande partie autobiographique – sur ce pays vers lequel tous les regards se sont tournés au lendemain du 11 septembre 2001: Les ravages de la guerre avec les soviétiques, le régime de terreur instauré par les Talibans, mais aussi les affres de l’exil et la façon dont la communauté Afghane s’organise aux Etats-Unis. Une réussite!

Editions Belfond 2005, 383 pages, 20€
Sélection Roman du Grand Prix des lectrices de Elle 2006

La petite fille de Monsieur Linh – Philippe Claudel


Après la mort de son fils et de sa belle-fille, Monsieur Linh quitte son pays ravagé par la guerre. Il emmène avec lui sa petite-fille Sang Diü (“matin doux”), sa seule raison de vivre désormais. Hébergé dans un dortoir impersonnel, il découvre un nouveau pays où tout lui est inconnu, froid, sans odeur ni saveur. Un jour pourtant, il rencontre Monsieur Brac, un homme bavard et chaleureux qui vient de perdre sa femme. Au-delà de la barrière de la langue, les deux hommes vont unir leurs solitudes.

Ce roman commence de manière déconcertante, comme un gentil conte un brin désuet et simpliste. L’écriture est sobre à l’extrême, et l’on suit les petits pas de Monsieur Linh avec compassion et tendresse, mais sans passion, en se demandant où nous mène ce charmant vieux monsieur. Et puis brusquement, une révélation inattendue apporte une profondeur vertigineuse au personnage. Les thèmes de la solitude, de l’amour ou du deuil  prennent une nouvelle dimension et l’on saisit alors toute la force de ce portrait fragile et délicat.

Stock 2005, 159 pages, 15.50€

Lucky – Alice Sebold


Au début des années 80, Alice Sebold a 18 ans et suit des études à Syracuse. Un soir, sur le chemin de sa résidence universitaire, elle est sauvagement agressée et violée. Vingt ans plus tard, elle revient sur ce traumatisme: Le viol, la peur, l’agresseur reconnu dans la rue, le procès, la vie qui doit reprendre malgré tout. Dans cet autoportrait sans concessions, elle redevient cette jeune fille brisée en deux, qui cachait sa fragilité, son malaise et sa solitude sous des allures de fanfaronne. Elle raconte le soutien bancal et maladroit de sa famille, la gêne des amies,  la fascination des inconnus ou le dégoût des “gentils garçons”.

Ce récit cru et puissant offre un éclairage intéressant sur “La nostalgie de l’ange”, dans lequel Alice Sebold tentait déjà d’exorciser ses démons. Dans ce roman publié en 2003, elle mettait en scène Suzie, une adolescente de 14 ans violée et assassinée, qui observait la vie terrestre depuis son petit coin de ciel. Dans “Lucky”, Alice Sebold laisse tomber le masque du romanesque. Sans fard ni pudeur, sans se soucier du politiquement correct, elle crache sa haine pour son violeur. Un témoignage percutant!

Nil éditions 2005, 322 pages, 19 €
Sélection Prix Elle 2006