Catégorie : 4 étoiles – Recommandés

[Thriller] Heather Mallender a disparu – Robert Goddard

Ancien garagiste d’origine anglaise, Harry a trouvé refuge à Rhodes où il garde la résidence secondaire d’un de ses amis, Dysart, un homme politique. C’est là qu’Heather Mallender a choisi de venir se reposer après la mort de sa sœur, tuée dans un attentat de l’IRA qui visait Dysart. Mais alors qu’Harry accompagne la jeune femme dans une excursion touristique, Heather se volatilise. Harry est le principal suspect, d’autant qu’il a entretenu dans le passé des relations conflictuelles avec la famille Mallender. Mais alors qu’il range les affaires d’Heather il découvre 24 photos, indiquant qu’Heather avait mené sa propre enquête sur la mort de sa sœur, et décide de refaire le même parcours pour tenter de comprendre ce qui est arrivé à la jeune femme.

Ce livre a d’abord été publié à la fin des années 80 (c’est d’ailleurs à cette époque que se déroule le roman) sous le titre « Les ombres du passé », et a été réédité par les éditions Sonatine en 2012, avant de sortir au Livre de Poche récemment.

J’ai trouvé que l’idée de suivre le chemin d’Heather grâce à ses 24 dernières photos (le charme de l’argentique!) était plutôt originale, et constituait un fil directeur intéressant. Ce qui n’est pas inutile parce que c’est un roman assez touffu, qui se passe entre les années 60 et les années 80, entre la Grèce et Angleterre, qui explore pas mal de pistes différentes pour mieux égarer le lecteur: La disparition d’Heather, sa dépression et ses rapports ambigus avec son psy, l’assassinat de sa sœur dans un attentat de L’IRA, le passé mystérieux de Dysart, la mort d’un de ses camarades d’université…. Les personnages sont tous difficiles à cerner, les victimes ont des airs de coupables, et vice-versa. Harry lui-même est une personnalité complexe, à la fois alcoolique, solitaire, désabusé, naïf, indépendant, charmeur…  Il y a bien quelques longueurs – ce roman fait quand même 720 pages et quelques coupes lui auraient donné plus de rythme –  mais le roman se termine sur une délicieuse pirouette que je n’avais pas du tout vu venir et qui m’a beaucoup plu. Un thriller psychologique plein de finesse avec lequel j’ai passé un très bon moment, et j’ai d’ailleurs déjà noté sur ma wish-list un autre titre de Robert Goddard, « Le secret d’Edwin Strafford » qui vient tout juste de sortir aux éditions Sonatine.

Heather Mallender a disparu de Robert Goddard, le livre de poche 2013, 720 pages – Note/4 etoiles

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[Thriller] Le manuel du serial killer – Frédéric Mars

manuel du serial killer

 Thomas Harris est un freak avec un seul oeil, solitaire et orphelin depuis la mort accidentelle de ses parents 10 ans plus tôt. Il n’a plus aucun souvenir de son enfance avant ce drame. Désormais brillant étudiant à Harvard, il intègre la prestigieuse rédaction du Crimson et suit de près l’enquête sur les meurtres par empoisonnement de quatre jeunes garçons. Mais ayant du mal à supporter l’aspect macabre de cette affaire, Thomas quitte rapidement son job et devient lecteur pour une maison d’édition. Un jour il découvre que l’un des manuscrits qu’il a recalé a été finalement publié…  sous son propre nom, Thomas Harris. « Le manuel du serial killer » connaît un succès foudroyant mais attire aussi l’attention de la justice car il présente d’étranges similitudes avec la vague d’empoisonnements qui agite Boston.

Le roman alterne le point de vue de Thomas, le compte-rendu de ses séances chez un psychiatre (qui doit l’aider à retrouver la mémoire et à calmer ses crises d’angoisse) et des extraits du Manuel du serial killer.  Thomas se trouve subitement entouré de personnages trop empressés et bienveillants pour être honnêtes: Il y a Sophie, une étudiante qui va l’aider à mener son enquête, le journaliste Richard Reily, le professeur French, le capitaine Joe Kennedy… Tout au long du roman on se demande qui sont les méchants et les gentils, et qui manipule qui.  Thomas ne peut faire confiance à personne et il va devoir enquêter sur son propre passé pour comprendre qui lui en veut à ce point. J’ai dévoré ce roman mais j’ai trouvé l’explication finale un peu tirée par les cheveux, j’étais un brin déçue… mais c’était avant que l’auteur n’abatte un dernier joker dans les ultimes pages. Le lecteur n’est pas le dernier à se faire berner et moi pauvre petit agneau, je n’avais rien vu venir! Un thriller glaçant et mené tambour battant qui vous mettra la tête à l’envers.

Le manuel du serial-killer de Frédéric Mars, 462 pages, éditions Hachette 2013 (Collection Black Moon Thriller – parution le 6 mars) – Note/4 etoiles
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Challenge 50 états, 50 billets (Etat: Massachussetts)

 

 

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[Roman Jeunesse] Gregor Tome 1: La prophétie du gris – Suzanne Collins

L’été ne s’annonce pas très folichon pour Gregor, un jeune New-yorkais de 11 ans : Au lieu de partir en colonie de vacances avec sa sœur Lizzie, le voilà condamné à surveiller sa grand-mère qui perd un peu la tête et sa petite sœur de 2 ans, Moufle,  pendant que sa mère travaille. Son père, lui, a mystérieusement disparu deux ans plus tôt. Mais un jour  Moufle tombe dans un trou situé dans la buanderie de leur immeuble, et Gregor n’a d’autre solution que de s’élancer à son tour. Ils découvrent alors qu’existe sous New-York un monde souterrain à la fois fascinant et effrayant, peuplé d’humains, mais aussi de chauve-souris, de cafards et de rats géants.  Gregor ne pense qu’à une chose, remonter à la surface avec sa petite sœur, mais les habitants de Souterre ne semblent pas vouloir le laisser partir.

La série des Gregor compte 5 tomes, dont 4 ont déjà été traduits en français (le tome 4 « La Prophétie des Secrets » vient tout juste de sortir).  Elle a été écrite par Suzanne Collins avant sa trilogie Hunger Games et s’adresse à un lectorat beaucoup plus jeune, à partir de 10 ans environ.

Si cette version moderne d’Alice au pays des merveilles n’a pas grand-chose en commun avec Hunger Games, on retrouve le talent de Suzanne Collins pour insuffler un rythme trépidant à son histoire, pour multiplier les rebondissements et rendre ses personnages particulièrement attachants. Gregor est un jeune garçon courageux, généreux, et j’ai totalement fondu pour sa petite sœur Moufle, qui a le même âge que ma fille. Et alors que j’ai une vraie phobie des insectes et autres petites choses rampantes, j’ai même réussi à être émue par un cafard géant! C’est un très chouette roman d’aventures, et ce premier tome promet une belle série,  même si je me demande si l’auteur parviendra à se renouveler et à maintenir l’intérêt du lecteur sur 5 volumes . Affaire à suivre!

*Lu en numérique*
Gregor Tome 1: La Prophétie du Gris de Suzanne Collins, Hachette 2012, 288 pages –

Challenge Petit Bac (Catégorie Couleur)
Challenge New York
Challenge 50 états, 50 billets (Etat: New York)

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[Roman YA] Divergente 2 – Veronica Roth

Attention si vous n’avez pas lu le tome 1 de cette série, cet article vous révèlera des éléments importants de l’intrigue. Si vous voulez découvrir cette série, je vous invite à lire plutôt mon billet sur Divergente 1.

***

Depuis que les Erudits ont manipulé les Audacieux pour massacrer les Altruistes, les différentes factions sont en guerre. Dans un monde à feu et à sang, Tris a tout perdu, sa faction, son foyer, ses parents, et elle reste hantée par la mort de son ami Will. Avec son petit ami Quatre et son frère Caleb,  elle doit désormais trouver des alliés pour lutter contre la menace des simulations orchestrées par les Erudits.

Un 2ème tome qui s’avère d’abord surprenant et un peu frustrant, puisque tous les repères du lecteur volent en éclats, le monde qu’il a connu dans le 1er volume n’existe plus. Le personnage de Tris a lui-même profondément changé après  toutes les épreuves qu’elle a du endurer à la fin du premier tome. Désormais orpheline, elle est aussi dévorée par la culpabilité d’avoir du exécuter son ami Will pendant la simulation. On la sent même au bord de la dépression, prête à braver un peu trop souvent la mort et les ennuis. Plus fragile psychologiquement, elle est aussi moins forte physiquement, la peur et une épaule blessée l’empêchant de se battre comme avant. Loin de me déplaire, j’ai trouvé que cette nouvelle fragilité la rendait plus attachante que dans le 1er tome.

Elle est aussi très seule, ne sachant plus vraiment à qui se fier… les ennemis d’hier seront les alliés de demain et inversement. Elle ne peut même plus se reposer sur Quatre (aux prises avec ses problèmes familiaux) et leur relation passe un peu au second plan.

Un 2ème épisode déroutant où chacun se cherche et qui m’a laissé un peu sur ma faim, mais qui montre que Divergente est une série capable de se renouveler et de surprendre le lecteur. A la fin du premier tome j’espérais surtout savoir ce qui se cachait au-delà de la clôture. Ce 2ème tome n’apporte pas encore de vraie réponse, mais une révélation à la toute fin du livre donne un indice essentiel sur la nature du monde dans lequel Tris et ses compagnons évoluent. Evidemment je suis impatiente de lire le 3ème tome (qui sortira à l’automne 2013) pour en savoir plus!

Divergente 2 de Veronica Roth, éditions Nathan 2012, 462 pages –

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[Roman] Park Avenue – Cristina Alger

Le site Entrée livre organise chaque semaine l’opération Jeudis Critiques: En début de semaine une liste d’ouvrages est proposée aux lecteurs, chacun se positionne sur le livre de son choix avant jeudi minuit, puis un tirage au sort désigne les heureux destinataires. En échange, le lecteur s’engage juste à publier sa critique sur Entrée Livre. C’est ainsi que j’ai pu recevoir et lire en avant-première ce roman de Cristina Alger qui ne sortira en librairie que le 1er février.

En épousant Merrill, Paul est entré dans la prestigieuse famille des Darling.  Quand il perd son emploi en 2008, son beau-père lui propose le poste d’avocat général au sein de son fonds spéculatif. Paul aimerait garder son indépendance, mais il lui faut désormais assurer le train de vie new-yorkais auquel il est maintenant habitué, lui qui est né dans une famille modeste de Caroline du nord. Deux mois plus tard, pendant le week-end de Thanksgiving a lieu un drame, le suicide d’un proche de la famille, qui en cache un autre: une gigantesque escroquerie financière. Paul va alors devoir choisir, collaborer avec les autorités et trahir sa belle-famille ou se taire pour les protéger.

Les Darling ont tout, l’argent, le pouvoir, la célébrité. Ils possèdent de superbes  appartements à New-York, de charmants cottages dans les Hamptons où ils vont jouer au tennis le week-end, ils offrent de belles études et de beaux mariages à leurs enfants, organisent des galas de charité pour se donner bonne conscience. Rien ne semble pouvoir leur résister, et pourtant…

Si Park Avenue est une fiction, l’auteur s’est clairement inspirée de la crise financière en 2008 aux Etats-Unis, des affaires Madoff et Lehman Brothers.  Un milieu que Cristina Alger connaît bien puisqu’elle est elle même issue du sérail, et a notamment été analyste financière pour Goldman Sachs. J’avais un peu peur de ne rien comprendre à l’aspect financier du roman (il me faut en général une micro seconde pour m’endormir dès qu’on me parle d’économie) mais l’écriture est assez pédagogique pour ne pas décourager le non initié. Et au delà de l’incursion dans le monde de la finance, Cristina Alger nous raconte avant tout l’histoire d’un clan qui se croyait invulnérable. Un (gros) grain de sable vient enrayer la machine, exposant chacun à ses choix personnels et à la possibilité d’une trahison. Les membres de la famille Darling se rendent compte que leur vie, leurs privilèges, leurs certitudes ne sont finalement basés que sur un vide vertigineux. Leurs liens seront ils assez forts pour résister à la vérité, à la vindicte populaire et médiatique?

Il s’agit du premier roman de Cristina Alger mais il est étonnant de maîtrise. J’ai juste regretté que l’on ne passe pas plus de temps avec certains personnages, qui sont très (trop?) nombreux. Mais j’ai vraiment beaucoup aimé ce livre, et  cette impression très excitante d’être une petite souris que l’on autorise à mettre une patte dans un milieu fascinant et intriguant.

Park Avenue de Cristina Alger, Albin Michel 2013 (en librairie le 1er février), 464 pages, Titre original: The Darlings

Un petit extrait: « Parfois (plus souvent depuis qu’elle connaissait Paul), Merrill se demandait quel genre de femme elle serait devenue si elle n’avait pas grandi à New-York. Elle-même, mais en plus ouverte, en moins circonspecte? En plus rayonnante? En moins sarcastique? Avec leurs griffes acérées, leur cuirasse épaisse et leur étonnante rapidité de mouvement, les filles de Manhattan ressemblaient à des tatous. C’était une nécessité. La vie à Manhattan avait quelque chose de darwinien: Seules les plus fortes survivaient. Les faibles, les gentilles, les naïves, celles qui souriaient aux passants dans la rue se faisaient éliminer. Elles débarquaient à New-York après leurs études, louaient des appartements minuscules dans des quartiers moches comme Hell’s Kitchen ou Murray Hill, travaillaient dans une banque ou un restaurant, passaient des auditions pour décrocher des petits rôles de figurantes à Broadway. Après le boulot, elles retrouvaient des personnes du même âge pour boire un verre dans des bars chics et sans âme, baisaient, se faisaient baiser. Elles sentaient monter en elles l’impatience, la lassitude, le cynisme, l’agressivité, l’angoisse, la névrose. Alors, baissant les bras, elles renonçaient, rentraient la tête basse dans leurs petites villes, dans leur banlieue, leur métropole de second rang (Boston, Washington ou Atlanta) avant d’avoir eu le temps de se reproduire.

Celles qui restaient suffisamment longtemps à New-york pour y élever des enfants, c’était les dures à cuire, les tenaces, les chercheuses d’or, les gagnantes, les impitoyables, les obstinées, celles qui étaient prêtes à tout. Elles savaient se défendre, ne dormaient que d’un oeil. Le fait d’être née à New-York ne suffisait pas à faire de vous une New Yorkaise: c’était dans le sang, comme une hormone ou un virus. »

Challenge New-York
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